Comité Écologique Ariégeois

Association départementale agréée de protection de l'environnement en Ariège

...Il apparaît, en effet, avec une clarté toujours plus aveuglante que ce ne sont ni la famine, ni les tremblements de terre, ni les microbes, ni le cancer, mais que c’est bel et bien l’homme qui constitue pour l’homme le plus grand des dangers... Le suprême danger qui menace aussi bien l’être individuel que les peuples pris dans leur ensemble, c’est le danger psychique. (Carl Gustav Jung - 1944 : "L’Homme à la découverte de son âme")

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mardi 3 janvier 2023

Mort de l’ours Cachou : un véritable thriller pyrénéen - Toute l’enquête est ici "révélée"

En avril 2020, le cadavre d’un ours de 5 ans est retrouvé au fond d’un ravin du val d’Aran, dans les Pyrénées espagnoles. Très vite, un empoisonnement est suspecté. Dans ce territoire enclavé, la réintroduction de l’ursidé a toujours suscité l’incompréhension. Autopsie, écoutes, GPS... La police déploie les grands moyens pour retrouver les coupables. Avant que l’enquête ne la mène vers un insoupçonné trafic de drogue.

MàJ du 3 janvier 2023 -
L’ours, les chasseurs et la cocaïne : qui a tué Cachou ?
Par Sandrine Morel (Val d’Aran, envoyée spéciale) Publié aujourd’hui à 04h00

Enquête

Avec ses grands yeux inquisiteurs et son uniforme kaki, Anna Servent a des faux airs de l’actrice Frances McDormand dans Fargo. Ça tombe bien, l’affaire dans laquelle a été embarquée la cheffe de la police des forêts et de l’environnement des Pyrénées catalanes espagnoles a tous les ingrédients d’un film des frères Coen : un crime mystérieux dans une vallée encaissée ; des témoins aux abonnés absents ; des suspects improbables ; des rebondissements abracadabrants ; une bonne dose de poison ; et des kilos de cocaïne. Et, comble de l’histoire : un ours pour victime.

« Si Cachou n’avait pas porté un collier GPS, nous ne l’aurions jamais retrouvé. Dans cette région, la réintroduction de l’ours suscite une très forte opposition. Durant des siècles, les chasseurs ont tout fait pour s’en débarrasser. Et ils y étaient presque parvenus dans les années 1980, en les empoisonnant à la strychnine... » Anna Servent, cheffe de la police des forêts

Au siège de la police des forêts, une maison de pierre de deux étages à l’écart de la triste ville de montagne de Sort, Anna Servent pèse ses mots avec soin pour raconter l’affaire qui continue de secouer le territoire autonome du val d’Aran. Elle dirige depuis six ans une équipe de 75 agents chargés de la protection de la faune et la flore, de l’inspection des élevages et des exploitations agricoles, de la lutte contre le braconnage... et du suivi de la réintroduction de l’ours dans les Pyrénées.

Anna Servent, 42 ans, sort tout juste d’une réunion avec des éleveurs au cours de laquelle elle leur a détaillé les nouvelles aides auxquelles ils ont droit en cas d’attaque d’ours. Elle a deux heures devant elle en cet après-midi de la fin novembre et, de bonne grâce, elle revient sur l’affaire Cachou.

Tout a commencé par un coup de téléphone, le 9 avril 2020, à 11 heures, se souvient-elle. A l’autre bout du fil, Ivan Afonso. Le responsable de l’environnement du conseil général d’Aran, l’organisme qui gère ce territoire, lui annonce que le collier GPS de l’ours Cachou a émis une « alerte mortalité » : un signal indiquant que l’animal ne bouge plus. Confiné chez lui, Ivan Afonso a déjà envoyé deux gardes forestiers locaux, armés, dans la forêt de Soberpera, sur la commune de Les, le dernier endroit indiqué par le dispositif de suivi de l’ours. Mais il a besoin de renforts.

Anna Servent se met en route avec un agent expert en matière d’empoisonnement de la faune sauvage, comme le lui a demandé Ivan Afonso, et arrive sur les lieux à 14 h 50. Les deux agents du conseil général aranais sont déjà sur place depuis près d’une heure. L’ours Cachou gît au fond d’un ravin de 40 mètres, les membres tordus, la gueule crispée. « Il était mort très récemment, il n’y avait aucun signe de putréfaction, ses yeux étaient intacts et il n’y avait pas de faune cadavérique. Mais nous savions par son collier GPS que cela faisait plusieurs jours qu’il se trouvait là, détaille Anna Servent. Il n’y avait pas de vomi ni de sang autour de lui. Les premiers indices n’indiquaient pas un empoisonnement. En tout cas, pas avec un produit classique. »
Anna Servent connaît bien la zone de Les, petit village de montagne d’irrédentistes aranais situé à cinq kilomètres de la frontière française. C’est un lieu de passage habituel des ursidés. C’est aussi un endroit énigmatique, où « plusieurs ours ont déjà disparu », révèle l’enquêtrice. Chaque année, dans les Pyrénées, trois à quatre ours sont considérés comme disparus lorsqu’aucune preuve de vie (excréments, poils, photos...) n’a été trouvée depuis deux ans. Parfois, ce sont des animaux âgés, blessés ou des oursons, fragiles. Mais d’autres fois, il n’y a pas d’explication. Or, à plusieurs reprises, ces dernières années, Les a été la dernière étape connue d’ours disparus.

« Si Cachou n’avait pas porté un collier GPS, nous ne l’aurions jamais retrouvé, reconnaît Anna Servent. Dans cette région, la réintroduction de l’ours suscite une très forte opposition. Durant des siècles, les chasseurs ont tout fait pour s’en débarrasser. Et ils y étaient presque parvenus dans les années 1980, en les empoisonnant à la strychnine... »
Une longue histoire

A l’extrême nord-ouest du val d’Aran, Les est un village de montagne de 900 habitants traversé par la Garonne, où les petites maisons de pierre traditionnelles alternent avec les immeubles sans charme et de grandes propriétés. Il évoque à la fois la pauvreté, qui a longtemps été le lot des habitants de la vallée, qui vivaient principalement de l’élevage de brebis et de chevaux, et la richesse venue avec le développement des sports d’hiver et la construction de la station de ski de Baqueira Beret, en 1964, prisée par la jet-set espagnole et la famille royale.
Aujourd’hui, l’élevage le plus lucratif est sans doute celui des esturgeons, qui nourrit la chic boutique de caviar Nacarii de Vielha, la coquette et bourgeoise capitale aranaise.

Le village de Les a une longue histoire avec l’ours. « Mon père a chassé le dernier ours du val d’Aran en 1964 », assure Daniel Boya, le propriétaire de l’auberge Es Neres. Sur un des clichés jaunis par les années qui ornent les murs de son établissement, on voit son grand-père, fusil à l’épaule, menton levé et regard fier, qui pose avec deux plantigrades, pendus par les pattes arrière aux grilles des fenêtres d’une maison. « A l’époque, ceux qui rapportaient au village un ours mort étaient salués comme des héros, explique-t-il. Les gens leur offraient des saucissons et du vin pour les remercier. Comment peut-on comprendre que l’on ait réintroduit l’ours alors que nos pères et grands-pères le considéraient comme dangereux et ont tout fait pour s’en débarrasser ? »

Dans la rue, la plupart des habitants prennent la tangente lorsque l’on parle de l’ours. « Ça ne mange pas de la laitue que je sache, argumente Manolo (qui n’a pas souhaité donner son nom de famille), ouvrier du bâtiment de 58 ans qui possède une dizaine de brebis. Maintenant, mon troupeau doit être surveillé par un berger alors qu’avant, je pouvais le laisser seul. » « Je ne suis pas contre les ours, mais contre la façon dont tout cela a été géré, ajoute Luis Cortes, 28 ans, un étudiant en géographie qui travaille dans la restauration, propriétaire de neuf chevaux. Ils sont en train de laisser croître la population de manière disproportionnée. J’ai perdu une jument il y a quatre ans et une autre a été blessée par l’ours l’an dernier... »

D’autres rappellent qu’en Ariège, des chasseurs français cagoulés et armés jusqu’aux dents avaient annoncé, dans une vidéo anonyme, la « réouverture de la chasse à l’ours », en 2017. Et puis, il y a Luis Turmo, 86 ans, l’homme qui a survécu à une attaque d’ours, la seule recensée sur le territoire sur un être humain. Tous les soirs, au bar Casa Tuste, un repaire de chasseurs, il est assis devant un café au lait. « C’était en 2008. Quand je l’ai vu, j’ai d’abord pensé que c’était un sanglier. Quand il s’est approché, je l’ai laissé me dépasser, sans bouger. Et puis j’ai poussé un cri pour prévenir mes compagnons de chasse. Aussitôt, il était sur moi, avec ses griffes noires comme le charbon. Je me suis protégé avec mon bras et il m’a griffé, là, dit-il en montrant une petite cicatrice sur son avant-bras gauche. Je suis tombé par terre et il m’a mordu la jambe. Heureusement, dans ma chute, le coup de fusil est parti et la bête s’est enfuie. Sinon, j’étais perdu. » Aujourd’hui, il craint qu’un jour n’arrive « un malheur ».

Cachou n’est pas n’importe quel ours. Particulièrement honni dans le val d’Aran, il a été accusé de la mort de deux poulains et de trois juments en deux semaines, en septembre 2019, sans parler des brebis et des ruches qu’il a attaquées. L’administration locale a envisagé un temps de « l’extraire » du territoire et a même tenté, à l’automne 2019, de provoquer chez lui une aversion à la viande de cheval en laissant sur son chemin des bêtes imbibées d’un produit répulsif. C’était un ours « conflictuel », résume assis dans son bureau, à Vielha, Francés Bruna, l’actuel élu du conseil général d’Aran chargé de l’aménagement du territoire, de l’agriculture et de l’environnement.
Comme beaucoup, cet homme, également hôtelier et éleveur de chevaux de boucherie, et dont le bétail a aussi subi une attaque, ne cache pas son opposition à la réintroduction de l’ours. « Elle s’est faite dans le dos des habitants. Le sentiment ici est que l’ours est un peu comme un squatteur venu occuper notre maison, explique-t-il. Mais tout le monde a compris que la réintroduction était irréversible. » Depuis 2010, la protection de la faune relève du gouvernement autonome d’Aran, fonction à laquelle s’est ajoutée, en 2020, la gestion des grands carnivores. « Ce que nous ne voulons pas, c’est que des gens se fassent justice eux-mêmes... », précise Francés Bruna.

Cachou, jeune mâle de 5 ans, était considéré comme essentiel à la diversification génétique de l’espèce. « Il était l’un des rares ours à ne pas avoir Pyros pour père », souligne le responsable environnement du conseil général Ivan Afonso. Pyros, géniteur de trente-deux spécimens, a été le premier ours brun capturé en Slovénie pour être relâché en France. Chose faite en 1997, sur la commune de Melles, en Haute-Garonne, dans le cadre du programme européen de réintroduction de l’ours dans les Pyrénées, PirosLife.

Cachou, lui, est le fils de Balou, un autre mâle, né en 2002 en Slovénie, introduit en 2006 et retrouvé mort en 2014, à Melles, à seulement dix kilomètres de Les. Laborieuse, la nécropsie de Balou avait envisagé une chute comme cause de la mort, avant de conclure qu’il avait probablement été foudroyé. Et voilà que son seul descendant, Cachou, meurt à son tour.

Dans la forêt de Soberpera, ce 9 avril 2020, il faut faire vite pour réaliser les analyses. La dépouille de l’ours est transférée le soir même, par hélicoptère, à la faculté vétérinaire de l’université autonome de Barcelone. Aucune cause évidente de décès n’est détectée lors de l’examen de l’animal. Une morsure à la gueule indique une possible attaque par un autre ours, mais elle est superficielle. Pour autant, le gouvernement d’Aran rend publique des conclusions préliminaires qui insistent sur « une agression produite probablement par un autre ours et une chute postérieure de près de 40 mètres sur un terrain très abrupt ».

Les écologistes contestent aussitôt ces affirmations. « Quand on a vu les premières images de Cachou mort, on s’est tout de suite dit que sa grimace crispée, avec la lèvre supérieure découvrant ses canines, qu’on appelle le "sourire sardonique", était le signe d’un empoisonnement, se souvient Joan Vázquez, le porte-parole de l’association écologiste Ipcena, à Lérida, qui s’est portée partie civile dans l’affaire. Si Cachou s’était battu avec un ours, il aurait eu le museau blessé et des griffures. Et s’il était mort d’une chute, il aurait eu des fractures. Pour nous, il était clair que l’administration et les élus locaux essayaient de protéger les coupables. »
Les analyses se poursuivent à la faculté. Ivan Afonso glisse alors à la vétérinaire chargée de la nécropsie que des rumeurs courent dans la vallée sur l’usage d’éponges imbibées de miel et d’antigel pour empoisonner les ours. Bingo ! Dans l’urine de Cachou, la scientifique observe des cristaux caractéristiques de l’éthylène glycol, une substance chimique présente en forte concentration dans l’antigel mis dans le liquide de refroidissement des voitures.

« L’empoisonnement par antigel était compatible avec la mort lente de l’ours, souligne Anna Servent. Il est probablement tombé dans le coma car l’éthylène glycol décompose les organes. Si la dépouille de Cachou n’avait pas été intacte, si les vautours avaient commencé à la dévorer, jamais cette substance, qui ne laisse presque pas de traces, n’aurait été détectée. »

Ivan Afonso n’a pas évoqué l’antigel par hasard. Sans le vouloir, c’est son ancien supérieur qui lui a mis la puce à l’oreille. A plusieurs reprises, José Antonio Boya, l’ex-conseiller général d’Aran chargé de l’aménagement du territoire entre 2015 et 2019, avait assuré que l’on pouvait tuer les ours de cette manière. Ivan Afonso et d’autres membres du conseil général étaient présents à l’une de ces occasions.

Propriétaire de l’établissement hôtelier Talabart, à Les, justement, José Antonio Boya est aussi éleveur de brebis, de chèvres et de chevaux. Il a été président de l’Association des éleveurs de la race de chevaux pyrénées catalanes, destinée à la boucherie et à l’export, principalement vers l’Italie. Et bien qu’il ait été amené à gérer les fonds généreux du programme PirosLife, cet élu du parti nationaliste aranais Convergència democràtica aranesa (CDA) est un farouche militant anti-ours et il ne s’en est jamais caché.

Aux yeux de ces opposants au plantigrade, le fonctionnaire chargé de l’environnement Ivan Afonso fait désormais figure de « balance » : « J’étais celui qui a mis les policiers sur la piste criminelle, et je suis sûrement persona non grata dans un certain secteur de Les, déplore-t-il. Mais j’ai juste fait mon travail. C’était une question à la fois morale et professionnelle. » Emmitouflé dans sa doudoune, il continue d’arpenter les pentes enneigées de la vallée pour inspecter les caméras qui surveillent les ours qui peuplent de nouveau les Pyrénées.

S’il ne restait que trois plantigrades dans les années 1990, près de 80 sont à présent recensés dans les reliefs qui séparent la France et l’Espagne. « La population d’ours croît de 11 % par an. C’est exponentiel », souligne-t-il, son regard bleu perdu dans les montagnes.

Il ne fait pas de doute qu’il aime son métier. Il ne fait pas non plus de doute que ce simple constat, l’augmentation du nombre d’ours dans les Pyrénées, lui cause plus de problèmes que de satisfaction. « L’ours occupe à présent près de 90 % de mon temps alors que j’aurais beaucoup d’autres choses à gérer, explique-t-il. La réintroduction, je ne suis ni pour ni contre. Mais il est important que les gens se rendent compte qu’on ne peut pas tuer la faune protégée impunément. »

Selon son dispositif GPS, le 23 mars 2020, Cachou se trouvait en France, dans la zone du ravin de Saumède. Le 24, il est passé côté espagnol, sur la commune de Canejan, dans le val d’Aran, et le 27, il est arrivé dans le bois de Soberpera. A partir de ce jour, son activité physique décline. Le 30 mars, le collier indique que l’ours ne s’est déplacé que de 400 mètres en trois jours. Le 31, il envoie une alerte de mortalité. Après avoir entrepris l’examen minutieux de la zone où se trouvait Cachou le 27 mars, Anna Servent découvre les restes d’un cerf. Des morceaux de peau de l’animal se trouvent sur des branches, en hauteur, comme s’ils avaient été déposés là pour que seul un ours puisse les trouver. Le cerf a-t-il servi d’appât ? L’animal a-t-il été tué et imbibé d’antigel afin d’empoisonner Cachou ?

Le 17 avril, la justice se saisit de l’affaire. Cinq agents mènent l’enquête : deux du conseil général d’Aran et trois de la brigade de la police des forêts d’Anna Servent, qui utilisent des véhicules banalisés et visitent leurs informateurs la nuit afin de ne pas éveiller les soupçons et d’éviter les ragots. « On savait déjà que des chasseurs voulaient en finir avec l’ours, souligne l’enquêtrice. Et l’un de nos informateurs nous a appris qu’il existait un groupe de messagerie WhatsApp, baptisé "Plate-forme anti-ours". »

Ce groupe n’est pas composé de quelques individus unis par leur haine de l’animal, mais de 141 membres aux profils variés : des éleveurs, des chasseurs, des cueilleurs de champignons, essentiellement des Pyrénées catalanes, ainsi que de quelques Français, qui accusent les plantigrades de mettre en danger leur mode de vie. L’un des administrateurs du groupe n’est autre que l’ancien élu d’Aran, José Antonio Boya, l’homme qui a mis Ivan Afonso sur la piste de l’antigel. Nous sommes à la fin du mois d’avril et Anna Servent doit se rendre à l’évidence : pour faire avancer son enquête, il lui faut des moyens dont la police forestière ne dispose pas. Elle requiert donc la coopération de la police catalane.

A 150 kilomètres de Les, au siège de la brigade criminelle des Pyrénées catalanes, situé à La Seu d’Urgell, son chef, César Jou, en a vu de toutes les couleurs en vingt-quatre ans de service : assassinats, disparitions, cambriolages, arnaques, trafic ancien de tabac avec la France ou plus récent de marijuana par la mafia albanaise... Jamais ce quinquagénaire à la fine barbe grisonnante et aux yeux cernés de profondes pattes d’oie ne s’est retrouvé face à une telle enquête. « Dès le départ, nous avons traité cette mort comme un homicide », souligne l’inspecteur.

Il mobilise toute la brigade sur l’affaire : une quinzaine de personnes. Les uns inspectent les lieux du drame, les autres mènent des interrogatoires. Une caméra est découverte par les gardes forestiers tout près de l’endroit où Cachou a été retrouvé mort. Son propriétaire, Bertran Montoya, habitant de Les, est facilement identifié : imprudent, il s’est photographié sans le vouloir en installant la caméra, en 2019. Et en mai 2020, en revenant sur les lieux pour la récupérer, son image a encore été saisie par une autre caméra, disposée par les gardes forestiers, ce qui a permis de confirmer son identité.

L’enquête avance péniblement. Le contenu du groupe WhatsApp « anti-ours » a été effacé après la mort de Cachou. Mais en examinant la liste des membres, l’inspecteur César Jou découvre avec surprise les numéros de deux agents forestiers du conseil général d’Aran, dont l’un, Aran Medán, avait été chargé spécifiquement du suivi des ours financé par le programme PirosLife. Fils de l’ancien maire de Les, Aran Medán, propriétaire de chevaux, a été le numéro trois sur la liste nationaliste CDA, emmenée par José Antonio Boya, lors des élections municipales de 2019. « Qu’une personne chargée de la surveillance des ours se trouve dans une plate-forme anti-ours, c’était... suspect », commente le policier.

Grâce à Aran Medán, le groupe WhatsApp pourrait avoir disposé d’informations tout à fait confidentielles : les coordonnées GPS précises et régulières de Cachou. En traçant les téléphones se trouvant à proximité des lieux de la mort de l’ours aux dates possibles de l’empoisonnement, César Jou constate avec surprise qu’un autre fonctionnaire du conseil général d’Aran est passé près du lieu où a été découvert le cadavre de cerf la 26 mars : Gerard Viló, qui se trouve être le neveu de l’élu José Antonio Boya. Apiculteur, il assure être venu sur les lieux pour l’entretien de ses ruches. Mais la police note qu’à cette époque de l’année, il n’y a pas d’activité apicole...

Pour la première fois dans le cadre d’une enquête sur la mort d’un animal, le secret de l’instruction est décrété le 11 mai. Au val d’Aran, petit bout de territoire de 630 kilomètres carrés à peine et de 10 000 habitants, personne n’a rien vu, rien entendu. « Pourtant, nous étions en pleine pandémie, la mobilité était très restreinte », rappelle César Jou. Pas très causants, les habitants de ce coin des Pyrénées ont la réputation de se méfier des gens « de delà » : comprenez d’un ailleurs qui commence au plus à trente kilomètres de chez eux. Le silence, pour les riverains, est la garantie de ne pas compromettre les amis. D’autres préfèrent parler d’une omerta presque culturelle, associée à un certain sentiment d’impunité.

Cette identité s’articule autour d’une langue commune, l’aranais. « De toutes les variantes de l’occitan, c’est celle qui ressemble le plus à la langue telle qu’elle était parlée au Moyen Âge, car c’est un petit territoire isolé par les montagnes », explique Jusèp Loís Sans Socasau, de l’Institut d’études aranaises, à Vielha. Le val d’Aran dispose d’un gouvernement autonome au sein du gouvernement autonome de Catalogne, qui lui permet de prendre des décrets en matière de santé publique, de langue ou d’environnement.

« Il existe une certaine distance, un sentiment de non-appartenance à l’égard de la Catalogne comme de l’Etat espagnol », reconnaît Jusèp Loís Sans Socasau. « Pour les Aranais, le territoire leur appartient et cela leur donne tous les droits », résume plus prosaïquement l’écologiste Joan Vázquez. Ce sentiment est d’autant plus ancré que 92 % du territoire montagneux, public, appartiennent aux municipalités, et leurs habitants ont leur mot à dire sur leur utilisation. « La gestion de la terre est fondée sur un concept quasi féodal, avec de grandes familles qui dominent toute la structure politique, économique et sociale », ajoute Roberto Hartasánchez, du Fonds asturien pour la protection des animaux sauvages.

En juin 2020, l’inspecteur César Jou a réuni suffisamment d’indices pour demander au juge de placer cinq personnes sur écoute. Le compte rendu des communications est truffé de commentaires hostiles à l’ours, comme celui, inoffensif mais éloquent, d’une interlocutrice du garde forestier Aran Medán, outrée : « Les gens, dans ce pays, meurent du coronavirus et n’ont même pas un putain d’enterrement, et un putain d’ours de merde a deux autopsies. »

Le 24 juillet, l’élu José Antonio Boya demande à Aran Medán s’il sait où se trouve l’ours Goïat, un autre plantigrade doté d’un collier GPS. « A Saint-Béat », soit en Haute-Garonne, lui répond le fonctionnaire, avant de lui demander si « les Français y ont été ou pas ».

Le 9 novembre, ce dernier explique à un certain « José Luis » qu’il a vu une ourse avec deux oursons, et lui demande de ne pas répéter ce qu’il vient de lui dire. « Et quoi, vous avez vu l’ourse et vous ne l’avez pas tuée ? », demande son interlocuteur. « Non, voyons, non, la pauvre, elle est très belle, grande et grosse », lui répond Aran Medán. Le lendemain, il rappelle le chasseur qui fanfaronne : « J’irai samedi lui mettre quatre balles. » Alors qu’en juin, à Aulus-les-Bains, en Ariège, un ours de 4 ans a été abattu à l’arme à feu, César Jou s’inquiète d’un nouvel assassinat d’ours sous ses yeux. Il ne veut pas attendre davantage. Ça tombe bien, la juge non plus. En novembre, Aran Medán est placé en détention provisoire, son domicile, perquisitionné.

C’est à ce moment-là que l’enquête va prendre une tournure totalement inattendue. Parmi les appels et messages reçus sur le portable de l’un des suspects, la police détecte de mystérieux commentaires. « Nous pouvons nous voir pour en manger un maintenant, ici, dans la banque ? », demande un des gardes forestiers du val d’Aran à un certain Pedro. Très régulièrement, parfois même quotidiennement, il lui donne rendez-vous « dans le cul-de-sac », la « rue large » ou « devant la banque », pour manger ou prendre un « poulet ». Toutes les trois semaines, Pedro change de numéro de téléphone et en informe le garde forestier par message : « Salut, bonjour, je suis Pedro. Nouveau numéro. » Des enquêteurs découvrent des allées et venues suspectes impliquant un citoyen colombien.

Pour la police, cela sent le trafic de cocaïne. Des perquisitions sont effectuées à Vielha, dans un appartement où vit une famille colombienne qui sert de point de vente pour la drogue. Dans une autre « crèche », près de deux kilos de cocaïne sont saisis. Les perquisitions ont également lieu à Lérida, à 150 kilomètres au sud du val d’Aran, où a été monté un laboratoire de transformation de la pâte de coca, ainsi que dans la province de Castellón, dans la région de Valence, où est basée une organisation criminelle composée de douze membres.

Ces derniers font des allers-retours entre Valence et Vielha pour contrôler le marché, très lucratif, reposant sur un réseau de consommateurs locaux assidus, parmi lesquels des gardes forestiers et même le maire d’un village, et sur les clients de la station de ski huppée de Baqueira. « Jamais dans notre zone des Pyrénées nous n’avions mis la main sur un tel réseau. Pour nous, ce coup de filet, c’était comme le cadeau d’adieu de l’ours », lance l’inspecteur.

Pour autant, l’enquête sur Cachou piétine. La juge chargé du dossier a quitté son poste et l’instruction s’est arrêtée. Le 12 octobre 2022, faute de preuves suffisantes, le magistrat qui a repris l’affaire a décidé de classer sans suite les poursuites engagées contre quatre des six personnes mises en examen.

« On nous a accusés sans preuve, sur la base de notre accès aux données GPS, cela ne tient pas debout. Ici, 95 % des gens sont favorables à l’ours », assure Gerard Viló, contredisant le sentiment général exprimé par de nombreux autres interlocuteurs. Principal apiculteur de la vallée, ce chasseur arpente un de ses ruchers, soulagé du tour pris par l’enquête. « Cette année, nous avons eu trois attaques sur les trois ruchers qui n’étaient pas encore protégés. En cas d’attaque, nous sommes indemnisés, et avec l’augmentation des dédommagements, l’ours va même finir par devenir rentable. »

L’agent Aran Medán et l’ancien élu José Antonio Boya, eux, devraient être jugés dans les prochains mois pour « délit de révélation de secrets », du fait des informations qu’ils auraient divulguées sur les positions des ours, d’« abus de fonction » et de « délits contre la faune ». Devant la police et le juge, ils ont fait valoir leur droit au silence. Ni Aran Medán ni José Antonio Boya n’ont souhaité s’exprimer, si ce n’est pour démentir toutes les accusations dont ils ont fait l’objet et assurer qu’ils diront « toute la vérité ». Quant au trafic de drogue, une procédure judiciaire disjointe a été ouverte et est aussi dans l’attente de jugement. A Les, quand on lui demande s’il sait qui a tué Cachou, le patron du bar Casa Tuste est formel : « On ne le sait pas et on ne le saura jamais... »

Sandrine Morel - Val d’Aran, envoyée spéciale


MàJ du 14 novembre 2022 - Coordination Cap Ours - Communiqué de presse du Lundi 14 novembre 2022

Les associations de la coordination Cap Ours dénoncent la création d’une "Cellule Parallèle Ours" et suspendent leur participation au "Groupe Pastoralisme et Ours"

Jeudi 27 octobre 2022, ce qui aurait dû être un classique rendez-vous Élus ariégeois - État à Paris s’est transformé en un Groupe de travail restreint réservé au lobby anti-ours, aboutissant à des décisions, un plan d’action et un échéancier de réunions à venir.

Cela pose deux gros problèmes :

  • Il existe déjà un "Groupe Pastoralisme et Ours" (GPO), sous l’autorité du Préfet de région Occitanie, réunissant les acteurs ouverts au dialogue, et auquel les présents le 27 octobre à Paris refusent de participer. En marge de la concertation officielle, l’État a donc décidé la création d’une “Cellule Parallèle Ours” (CPO, nous l’appellerons ainsi afin de la distinguer du Groupe officiel).
  • L’ensemble des participants au GPO officiel, qu’ils soient élus, professionnels, syndicalistes, militants associatifs ou fonctionnaires, cumulant des dizaines d’heures d’échanges et de dialogue, essence même d’un débat démocratique, ne peuvent que se sentir trahis et méprisés par ce passage en force. C’est notre sentiment en constatant que l’État saborde cette instance de dialogue officielle en plein travail.

La composition de cette Cellule Parallèle Ours !!!

N’y sont invités que les représentants du lobby radical anti-ours ariégeois [1](ceux qui refusent toute concertation et tout dialogue), quelques fonctionnaires complaisants envers ce même lobby (surtout pas l’administration de l’Environnement qui n’est bien sûr pas concernée (sic !)), et trois Ministres (aucun n’ayant honoré de sa présence, ne serait-ce qu’une fois, le GPO officiel !).

Bien entendu, dans cette configuration compacte, partisane et homogène, il n’est pas difficile d’aboutir à un consensus sur le dos de l’ours. A l’unanimité des présents, il a ainsi été décidé (pour commencer) :

  • de “renforcer l’arsenal législatif” pour continuer à effaroucher les ours, au mépris des nombreuses décisions de justice contraires (ils cherchent le moyen de contourner la Directive "Habitats" et le Code de l’Environnement ...) ;
  • de durcir le protocole "ours à problème", qui pourrait ainsi devenir l’instrument de régulation de la population d’ours tant réclamé par le lobby anti-ours (le terme politiquement correct adopté n’est plus "réguler" mais "soulager le territoire", ce qui revient au même) ;
  • de remettre en cause 40 ans de travail de l’Office Français de la Biodiversité et du Réseau Ours Brun en procédant à un "recomptage scientifique et indépendant" du nombre d’ours (par qui ? Le suivi de la population d’ours des Pyrénées est unanimement reconnu comme l’un des meilleurs au monde !).

Sans doute cette réunion aurait-elle dû rester discrète, on peut heureusement compter sur la vanité des opposants à l’ours qui se sont empressés d’organiser une conférence de presse en rentrant au Pays, rapportant ces décisions comme des trophées.

Nous demandons la dissolution immédiate de cette "Cellule Parallèle Ours".
A défaut, nous combattrons pied à pied chacune des "décisions" iniques prises dans ce cadre partisan méprisant la concertation et l’état de droit.

En attendant des éclaircissements, une garantie du respect des Lois et Directives, et un minimum de respect, nous suspendons notre participation aux travaux du Groupe Pastoralisme et Ours et nous suggérons aux autres participants de tirer également les leçons qui s’imposent de cette situation inadmissible.

Contact Presse :

Alain REYNES, Directeur Pays de l’Ours - Adet : 06 13 59 29 76
Sabine MATRAIRE, Présidente Pays de l’Ours - Adet : 06 71 89 62 62

Associations signataires :

Pays de l’Ours - Adet, FERUS, France Nature Environnement Hautes-Pyrénées, Société Française d’Etude et de Protection des Mammifères (SFEPM), Société d’Etude, de Protection et d’Aménagement de la Nature dans le Sud Ouest Pyrénées-Atlantiques (SEPANSO 64) , FIEP Groupe Ours Pyrénées, Animal cross, France Nature Environnement (FNE), France Nature Environnement Midi-Pyrénées (FNE - MP), Conseil International Associatif pour la Protection des Pyrénées (CIAPP), Comité Écologique Ariégeois (CEA), Association Nature Comminges, Société Nationale de Protection de la Nature (SNPN), Nature en Occitanie.


MàJ du 31 octobre 2022 - Cette fois encore, en dépit du rejet proposé par le rapporteur public, le Conseil d’Etat annule partiellement l’arrêté relatif à la mise en place à titre expérimental de mesures d’effarouchement de l’Ours brun dans les Pyrénées pour prévenir les dommages aux troupeaux pour la saison 2021-2022 en tant que celui-ci ne prévoit pas de mécanisme encadrant la mise en œuvre du dispositif d’effarouchement renforcé auprès des femelles en gestation et suitées.

Extrait des conclusions du C d’E :

Article 1er : L’article 4 de l’arrêté du 31 mai 2021 relatif à la mise en place à titre expérimental de
mesures d’effarouchement de l’ours brun dans les Pyrénées pour prévenir les dommages aux
troupeaux est annulé en tant qu’il ne prévoit pas de mécanisme encadrant la mise en œuvre du
dispositif d’effarouchement renforcé auprès des femelles en gestation et suitées.

L’Etat versera en outre une somme de 1.000 € aux associations sur le fondement de l’article L. 761-1 du CJA.


MàJ du 6 septembre 2022 Communiqué de Pays de l’Ours - Adet

Bataille juridique autour de l’effarouchement des ours - résumé et enseignements de la saison 2022 - Arbas, le 6 septembre 2022

Cet été 2022 a donné lieu à une nouvelle bataille juridique autour de l’effarouchement des ours dans les Pyrénées. En voilà une synthèse pour tout comprendre :

Le 20 juin 2022, les ministres de l’Ecologie et de l’Agriculture publient un arrêté autorisant l’effarouchement des ours dans les Pyrénées. Sa mise en œuvre requiert un arrêté préfectoral pris sur demande des groupements pastoraux.

Le 22 juin, la Préfète de l’Ariège prend ainsi un arrêté autorisant la mise en oeuvre d’effarouchements sur l’estive d’Ustou - Col d’Escot, puis, du 23 juin au 7 juillet, 6 autres arrêtés pour 6 autres estives en ayant fait la demande également.

Comme chaque année depuis 2019, plusieurs associations de la coordination Cap Ours, dont Pays de l’Ours - Adet, contesteront l’ensemble des arrêtés concernant l’effarouchement, qu’ils soient ministériels ou préfectoraux. Ces recours sont déposés rapidement mais les jugements ne sont prononcés que plusieurs mois plus tard, jusqu’à deux ans.
Rappelons que nous avons déjà obtenu ainsi l’annulation de tous les effarouchements renforcés des années 2019 et 2020, les instructions concernant l’année 2021 restant en cours.

Revenons à 2022. Un nouvel acteur entre en jeu : l’association One voice décide de contester les arrêtés pris par la Préfète de l’Ariège en référé, c’est à dire selon une procédure d’urgence demandant au Tribunal administratif de suspendre immédiatement les arrêtés, et bien sûr leur mise en oeuvre.

Le 3 août, le Tribunal administratif suspend l’arrêté autorisant les effarouchements sur l’estive d’Ustou, considérant qu’il y a une suspicion sérieuse d’illégalité, et fait de même le 22 août pour les 6 autres arrêtés. Le tribunal considère notamment que tous les moyens de protection devrait être mis en oeuvre avant d’envisager l’effarouchement, ce qui n’est pas le cas.

Le 29 août, la Préfète de l’Ariège prend deux nouveaux arrêtés pour autoriser à nouveau l’effarouchement sur deux des mêmes estives, en les limitant aux deux jours suivants, les 30 et 31 août. Bonne connaisseuse du droit, la Préfète pensait sans doute qu’une suspension serait impossible dans des délais aussi courts.

Et pourtant, One voice dépose immédiatement un nouveau référé, et le Tribunal suspend les deux arrêtés dès le 31 août, non sans rappeler à l’ordre la Préfète qui "semble avoir directement méconnu l’autorité qui s’attachait à l’ordonnance du juge des référés du tribunal administratif de Toulouse du 3 août 2022".

Le 1er septembre, la Préfète de l’Ariège annonce qu’elle ne prendra pas de nouvel arrêté autorisant l’effarouchement des ours avant le jugement sur le fond des procédures en cours.

Nous en sommes là, mais l’histoire est loin d’être terminée. D’une part ces arrêtés 2022 suspendus seront examinés par le Tribunal administratif "sur le fond" ; D’autre part, les arrêtés 2021 doivent également être jugés. Nous ne serons donc pas fixés définitivement avant deux ans, sans compter les éventuels appels.

Ce que révèle cet épisode

Les troupeaux sont encore mal protégés. Nous devrions tous, collectivement, travailler sur la manière d’améliorer la protection des troupeaux plutôt que nous écharper sur des mesures que l’on sait inutiles, inefficaces, coûteuses et illégales depuis le début ...

L’Etat ne respecte manifestement pas le Droit. Le code de l’environnement est clair, la dérogation à l’interdiction de perturbation intentionnelle d’une espèce protégée n’est possible qu’à condition qu’il n’existe pas d’autre solution satisfaisante et que la dérogation ne nuise pas à la population concernée. La législation européenne ajoute qu’il faut aussi faire la démonstration que la mesure dérogatoire serait efficace (ce qui est bien le minimum). Or, aucune des conditions n’est réunie dans cette affaire.

L’Etat décide et met en œuvre des mesures sans arguments solides. Ainsi, aucune étude ne montre l’efficacité de tels effarouchements, et il n’y a eu aucune évaluation sérieuse des effarouchements "expérimentaux" menés entre 2019 et 2021. De même, nous réclamons en vain depuis des années un observatoire de la mortalité et de la protection des troupeaux en montagne qui permettrait d’objectiver les débats. L’Etat a cru pouvoir déroger à la Loi sur de simples affirmations des uns et des autres, mais cela ne tient pas devant un Tribunal ...

Conclusion :

Comme nous le réclamons depuis des années, l’Etat doit travailler sérieusement à la cohabitation pastorale et à la restauration de la population d’ours dans les Pyrénées et ne plus seulement agir en fonction des vociférations et exigences des opposants.


MàJ du 30 Août 2022

Seul le constat effectué par l’OFB permettrait d’obtenir des informations factuelles et fiables.

Selon les informations en notre possession :

Ce lot n’était pas regroupé avec le reste du troupeau et ne bénéficiait donc pas de moyens de protection. Contrairement aux propos du président de la Chambre d’Agriculture de l’Ariège, cela confirme bien l’efficacité du regroupement contre les dérochements. Jamais aucun troupeau regroupé en parc n’a déroché.

Grâce au déploiement progressif des moyens de protection, pourtant encore incomplet, les dégâts dus à l’ours sont d’ailleurs en baisse à la mi-Août, pour la 2eme année consécutive.

Cette saison d’été, exceptionnellement chaude et sèche, incite les brebis à chercher de l’herbe encore verte dans des versants escarpés et accidentogènes, et le risque de chute est accentué par le fait qu’elles sont en fin de gestation, donc lourdes et maladroites.

Aucun indice de prédation n’aurait été relevé sur les cadavres. Si cela avait été le cas, les opposants n’auraient pas manqué de le pointer.

Des crottes d’ours ont été trouvées sur l’estive. Cela atteste la présence d’ours dans ce secteur, ce qui n’est pas un scoop, mais cela ne fait pas de l’ours le responsable de l’accident. Pourquoi un ours aurait poussé des brebis dans la pente sans en consommer ensuite aucune… ? De plus, rien ne montre que ces indices coïncident avec le moment du dérochement.

Des vidéos nocturnes filmées à la caméra thermique ont montré que les brebis peuvent être effrayées par n’importe quoi, y compris le passage d’un sanglier ou d’un chien. A contrario, l’affolement suite à une prédation est rarement généralisé.

Des 70 ours identifiés dans les Pyrénées, 40 l’ont été en Ariège, sans nécessairement y rester. On est donc loin des 95% invoqués par le président de la Chambre d’Agriculture de l’Ariège.

Les ours n’ont évidemment pas inventé les dérochements. Les brebis sont des animaux vulnérables et craintifs qu’un rien peut affoler, le comportement dit « des moutons de Panurge », décrit au 16 e siècle par Rabelais, n’a pas été découvert à l’occasion du retour de l’ours en Ariège…

– De même, et contrairement à ses déclarations, le pastoralisme en Ariège n’est pas en déclin à cause de l’ours  : les chiffres officiels montrent au contraire une augmentation globale de la taille des troupeaux et du nombre de bêtes en estive, notamment en Ariège. Cette augmentation de taille complique d’ailleurs le regroupement et la sécurité des troupeaux : le troupeau en question atteint les 1500 bêtes.

Grâce aux financements publics apportés par la présence de l’ours, le pastoralisme pyrénéen n’a jamais été aussi dynamique depuis plus de 50 ans, notamment en nombre de bergers et de réfection de cabanes.

Rappelons enfin que la régulation d’une population d’ours, a fortiori non-viable, est totalement illégale en Europe.

Conclusion : Soit le Président de la Chambre d’agriculture de l’Ariège ignore tout cela, et c’est grave à son poste ; soit il le sait et il ment, ce qui est grave également.

Quoi qu’il en soit, jeter ainsi de l’huile sur le feu n’aide pas les éleveurs ni l’élevage ariégeois.

MàJ du 21 Juillet 2022
Saisi par 9 associations de protection de la nature et de l’environnement* dont le CEA, le tribunal administratif de TOULOUSE annule 8 arrêtés autorisant les tirs d’effarouchements renforcés délivrés à des groupements pastoraux ariégeois durant l’été 2020.

TA : tirs d’effarouchement de l’Ours, illégaux

La juridiction toulousaine tire les conséquences de l’annulation récente par le Conseil d’État, de l’arrêté ministériel autorisant les tirs d’effarouchement pour l’année 2020 :

“Les dispositions attaquées relatives à la mise en œuvre de l’effarouchement renforcé ne permettent toujours pas de s’assurer, eu égard aux effets d’un tel effarouchement sur l’espèce, et en l’absence de données scientifiques nouvelles témoignant d’une amélioration de son état de conservation, que les dérogations susceptibles d’être accordées sur ce fondement par le préfet ne portent pas atteinte au maintien l’amélioration de l’état de l’espèce.” (Conseil d’État, 25 avril 2022, n°442676)

Ces jugements s’ajoutent à l’annulation des autorisations de tirs d’effarouchement délivrés en 2019 dans le département ariégeois.

Des recours ont également été déposés contre les arrêtés 2021, et bientôt pour 2022…

Nous rappelons que d’autres solutions plus satisfaisantes existent pour protéger les troupeaux (chiens de protection, parc électrifié, gardes nocturnes de la Pastorale Pyrénéenne, etc.) trop souvent non mises en œuvre, ou incomplètement.

— 

*(FNE Midi-Pyrénées, Nature en Occitanie, Comité Ecologique Ariégeois, FERUS, Pays de l’ours – ADET, Fonds d’intervention éco pastoral (FIEP), Animal Cross, Société Nationale de Protection de la Nature (SNPN), Association de Sauvegarde et de Protection des Animaux Sauvages (ASPAS))


MàJ du 31 mai 2022 Communiqué de Cap OursCAP – Ours [2]

Dérochement de Barrada :
Le faux prétexte de l’ours masque des négligences

Plusieurs brebis sont mortes ou ont été blessées à la suite d’un dérochement survenu la nuit du 20 au 21 mai 2022 dans le vallon de Barrada (Hautes-Pyrénées). D’après nos informations, aucun indice de prédation n’a été relevé.

Cela n’a pas empêché certains éleveurs de s’empresser pour incriminer l’ours, de façon bien prématurée semble-t-il, car aucun élément factuel ne permet à ce jour d’invoquer sa responsabilité. S’agirait-il juste d’une démarche « intéressée » ? En effet, seuls des dégâts causés par une espèce protégée, comme l’ours, sont indemnisables par de l’argent public.

En l’état, il sera probablement difficile d’élucider les causes de cet accident. Néanmoins, on peut relever le fait que les chiens errants ou divagants sont un problème avéré dans le département. Le dernier épisode en date s’est déroulé vers le 10 mai dans le secteur du Hautacam, soit 16 km au Nord de Barrada, à vol d’oiseau : les troupeaux ont dû redescendre dans la vallée après plusieurs attaques de canidés et de nombreux dégâts.

Ce contexte aurait logiquement dû inciter les éleveurs du massif à prendre des précautions élémentaires. On ne peut que s’interroger sur la présence de ces brebis dans une zone accidentogène, comportant pentes raides, barres rocheuses et névés tardifs. Bien que peu de précisions aient été livrées, il semble, au vu des éléments présents, que ce lot était livré à lui-même et sans protection la nuit du dérochement.

CONTACTS PRESSE :

Alain Reynes, Directeur Pays de l’Ours - Adet : 06 13 59 29 76
Sabine Matraire, Présidente Pays de l’Ours - Adet : 06 71 89 62 62

Les associations membres de CAP – Ours :
Altaïr Nature, Animal Cross, Association Nature Comminges (ANC), Comité Écologique Ariégeois (CEA), Conseil International Associatif pour la Protection des Pyrénées (CIAPP), FERUS (Groupe Loup France/ARTUS), Fonds d’Intervention Eco-Pastoral – Groupe Ours Pyrénées (FIEP), France Nature Environnement (FNE), France Nature Environnement Hautes-Pyrénées (FNE 65), France Nature Environnement Midi- Pyrénées (FNE Midi-Pyrénées), Nature en Occitanie, Pays de l’Ours - Adet (Association pour le Développement Durable des Pyrénées), Société d’Etude de Protection et d’Aménagement de la Nature dans le Sud Ouest – Pyrénées-Atlantiques (SEPANSO 64), Société Nationale de Protection de la Nature (SNPN), Société Française pour l’Etude et la Protection des Mammifères (SFEPM), Sours, WWF France.


MàJ du 6 mai 2022 - Alors que le Conseil d’Etat déclare l’effarouchement des ours illégal, voilà qu’on veut maintenant en capturer un et le munir d’un appareil sophistiqué pour savoir où il est n’importe quand. Voilà la nature sauvage que Macron 2 veut nous offrir, en attendant sans doute de pucer les citoyens pour mieux nous contrôler aussi ?

La consultation publique relative à cette demande de dérogation est réalisée uniquement par voie électronique, sur la base du dossier de demande de dérogation.

Le public a la possibilité de faire connaître ses observations sur cette demande de dérogation du 03/05/2022 au 19/05/2022, et dispose pour ce faire du dossier de demande en téléchargement, du protocole "Ours à problème", des rapports d’expertise de l’Office Français de la Biodiversité et du projet d’arrêté.

Pour participer à la consultation et communiquer un avis sur la demande de dérogation, veuillez cliquer sur le lien suivant :

http://enqueteur.dreal-occitanie.developpement-durable.gouv.fr/index.php/213631?lang=fr

La page complète de l’administration : https://www.occitanie.developpement-durable.gouv.fr/spip.php?page=article&id_article=25861

Une fois la consultation terminée, la décision prise sera publiée au Bulletin officiel du ministère de la transition écologique et au recueil des actes administratifs des préfectures de l’Ariège, de l’Aude, de la Haute-Garonne, des Pyrénées-Atlantiques, des Hautes-Pyrénées et des Pyrénées-Orientales.


MàJ du 2 mai 2022 : Après le CONSEIL NATIONAL DE LA PROTECTION DE LA NATURE (CNPN) qui a rejeté les mesures d’effarouchement des ours (voir l’info du 23 mars ci-dessous) c’est le Conseil d’État qui rend la mesure illégale, une fois de plus !

Communiqué médias de CAP-Ours dont le CEA fait partie.

Pyrénées : Le Conseil d’État déclare une nouvelle fois l’effarouchement des ours illégal

Le Conseil d’État vient de censurer l’arrêté ministériel de 2020 autorisant l’effarouchement renforcé des ours dans les Pyrénées.
Celui de 2019 a déjà été censuré, et tout laisse penser que celui de 2021 le sera également dans quelques mois.

La conséquence est claire, et elle interroge une nouvelle fois sur la stratégie et les intentions de l’État : La cinquantaine d’opérations d’effarouchement menées en 2019 et 2020 dans les Pyrénées, notamment les 144 tirs en direction d’ours réalisés dans ce cadre, sont toutes illégales et constituent autant de perturbations intentionnelles que l’OFB lui-même aurait pu verbaliser s’il n’en n’était l’auteur ... !
Ces opérations sont de surcroît très chères pour un résultat dérisoire.

Dans ce contexte, il est impensable que l’État prenne à nouveau un arrêté autorisant les effarouchements renforcés en 2022 comme il semble en avoir l’intention !

En cette période de transition politique,nous en appelons au Chef de l’État.
Monsieur le Président, vous qui annoncez que ce deuxième mandat sera écologique, arrêtez cette aberration et revenons à la seule stratégie de cohabitation efficace : la protection des troupeaux !

Vouloir contenir la soif de vengeance de certains éleveurs et la violence du lobby anti-ours ne peut justifier ces infractions répétées au statut national et européen de protection de l’ours brun par l’État lui-même.

Nos associations ne cesseront pas de dénoncer et de lutter contre ces décisions et actions illégales.
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Cliquer ici pour télécharger le jugement du Conseil d’État


MàJ du 1er mai 2022 : Info Ours des Pyrénées

La communication mise en place par l’État pour accompagner le suivi de la population ursine dans le massif des Pyrénées s’étoffe d’un nouvel outil destiné à mettre à disposition des différents acteurs des informations en ligne à fréquence quotidienne pendant la période d’activité de l’ours (mars à novembre).

La fiche événement est mise à jour chaque jour ouvrable. Elle comprend des renseignements factuels sur les indices de présence de l’ours (empreintes, poils, crottes…), les déclarations de constat de dommage et leur conclusion sur la responsabilité de l’ours.

Fiches évènements :
https://info-ours.com/events


MàJ du 23 mars 2022 - Le CONSEIL NATIONAL DE LA PROTECTION DE LA NATURE (CNPN) dans sa séance du 15 mars, donne son avis sur le projet d’arrêté relatif a la mise en place de mesures d’effarouchement de l’ours brun dans les Pyrénées pour prévenir les dommages aux troupeaux.

Et son avis se résume en une phrase, certes un peu triviale mais comment la résumer autrement : "on se fout de notre gueule  !".

Effarouchement-Avis du CNPN

En effet, le CNPN déclare et nous mettons sa déclaration en PJ ci-contre :

 Les risques de dérangement généralisé de l’ours, mais plus généralement de la faune sauvage si cette pratique venait à s’étendre sur l’ensemble des estives pyrénéennes. Ce dérangement aurait pour conséquence potentielle une perte d’habitat, les estives couvrant la quasi-totalité des zones supra-forestières...

2-Les seuils de dommages déclenchant l’effarouchement : ceux-ci sont bas selon la définition fixée et ne peuvent être considérés comme des dommages importants...

3-Les autres solutions satisfaisantes existent : il s’agit de la combinaison des bergers, du parcage nocturne du troupeau et des chiens de protection.
.................................
Alors que les moyens de protection des troupeaux existent, qu’ils sont en grande partie financés par l’Etat, il est difficile de comprendre pourquoi il n’est pas possible de les mettre correctement en œuvre dans les foyers de prédation identifiés. Ils permettraient dans la grande majorité des cas d’éviter les dommages.
............ ;
Le bilan sur les trois années d’expérimentation reste mitigé sur l’efficacité de l’effarouchement, notamment dans la durée, en raison notamment d’absence de protocole scientifique établi préalablement et il reste très lacunaire sur certains points. Il ne comporte notamment pas de description des circonstances des dommages, de leur importance quantitative, pas non plus d’étude de la fréquence des déprédations avant et après l’effarouchement, pas de comparaison avec des estives témoins n’ayant pas fait l’objet d’effarouchement, pas d’analyse de l’effet des différentes mesures de protection sur le comportement des ours et de leur évolution dans le temps sur une même estive.
...................
Les mesures de protection ne semblent pas satisfaisantes au regard du déclenchement des mesures d’effarouchement : la moitié des nuits d’effarouchement passées par les agents de l’OFB ont été réalisées sur des estives protégées uniquement par des chiens.

Considérant que la combinaison des bergers, des chiens de protection et des parcs nocturnes électrifiés semble la plus adaptée pour prévenir des dommages, il est regrettable que le déclenchement des mesures d’effarouchement se fasse encore majoritairement sur des estives où les troupeaux sont insuffisamment protégés.
....................................
Ce bilan montre, comme en 2020, que la grande majorité des dérogations ont été accordées dans le département de l’Ariège, département qui concentre 80% des dommages mais qui est aussi celui où l’application des mesures de protection reste la plus faible (cf. mission d’audit CGEDD- CGAAER réalisé en 2018), souvent par refus des éleveurs.
....................................
Ces bilans, comme d’ailleurs les précédents, ne sont pas démonstratifs de l’efficacité du dispositif dans la durée. La pérennisation d’une expérience qui du fait d’absence d’un protocole précis et de l’accessibilité des données, ne permet pas d’en évaluer sa réelle efficacité, est donc très contestable.

Effarouchement-Avis du CNPN


.................................
Le CNPN donne donc un avis défavorable au projet d’arrêté ministériel relatif à la mise en place de mesures d’effarouchement de l’ours brun dans les Pyrénées pour prévenir les dommages aux troupeaux (20 votes défavorables, 3 abstentions et 1 vote favorable).

Conclusion du CEA : il n’y a pas que les APNE qui pointent les faiblesses du système de protection des troupeaux en Ariège.


MàJ 28/02/2022 Ourse tuée en Ariège : des éléments accablent le chasseur
INFO FRANCE BLEU - Trois mois après l’accident de Seix (Ariège) au cours duquel un chasseur a été blessé et une ourse tuée, France Bleu Occitanie vous révèle les derniers éléments de l’enquête. Tout semble accabler le chasseur qui se trouvait dans un secteur non autorisé.
https://www.francebleu.fr/infos/faits-divers-justice/info-france-bleu-ourse-tuee-en-ariege-des-elements-accablent-le-chasseur-1645441939


MàJ du 17 janvier 2022 -
Par un jugement du 15 décembre 2021, le tribunal administratif de Pau a annulé l’arrêté du préfet des Hautes-Pyrénées daté du 17 juin 2019 autorisant l’effarouchement de l’ours Goiat.

Cette décision de justice reposant principalement sur le fait que l’État n’a pas préalablement recherché de solutions alternatives satisfaisantes aux tirs d’effarouchement, comme le prévoit l’article L411-2 du code de l’environnement.
Elles existent pourtant, comme l’ont argumenté les associations, ce que l’État n’a d’ailleurs pas contesté.

Il s’agit donc d’un nouveau revers juridique pour l’État qui les collectionne dans ce dossier* et les nombreux autres recours déposés par les associations laissent présager que cette liste a vocation à s’allonger.

L’État doit comprendre et enfin admettre que l’effarouchement n‘est pas un moyen ordinaire de protéger les troupeaux et de gérer la population d’ours, que c’est une mesure dérogatoire au statut de protection de l’espèce qui ne peut être mise en œuvre qu’exceptionnellement, à des conditions strictes dont il s’affranchit allègrement depuis 2019.

Dans ce contexte, le prolongement de l’autorisation de capture de ce même ours Goiat jusqu’au 30 juin 2022 accordée par Barbara Pompili le 23 décembre 2021 (soit une semaine après ce jugement) est particulièrement mal venu.

Les associations ont bien entendu attaqué cet arrêté et il fait peu de doutes qu’il sera également annulé, pour les mêmes raisons, mais cela n’interviendra probablement qu’en 2023, alors que le texte sera caduc.

Il est regrettable et indigne que le gouvernement joue ainsi avec les délais d’intervention des tribunaux pour s’affranchir des Lois de protection des espèces menacées.

* • Le 4 février 2021, le Conseil d’Etat a annulé l’arrêté autorisant l’effarouchement renforcé des ours pour l’année 2019.
• En 2020, le Préfet des Hautes-Pyrénées a abrogé un arrêté d’effarouchement suite à un recours gracieux argumenté des associations
• Le 6 mars 2018, le tribunal administratif de Toulouse a condamné l’État pour manquement à son obligation de restaurer la population d’ours.

CONTACTS PRESSE :

Alain Reynes, Directeur Pays de l’Ours - Adet : 06 13 59 29 76
Sabine Matraire, Présidente Pays de l’Ours - Adet : 06 71 89 62 62

Les associations signataires :
Animal cross, Comité Ecologique Ariégeois (CEA), FERUS, Fonds d’Intervention Eco-Pastoral - Groupe Ours Pyrénées (FIEP), France Nature Environnement (FNE) Midi-Pyrénées, FNE Hautes-Pyrénées, Nature Comminges, Nature Midi-Pyrénées, Pays de l’Ours - Adet, Société Française pour l’Etude et la Protection des Mammifères (SFEPM), Société Nationale de Protection de la Nature (SNPN).


MàJ du 16 décembre 2021 « Cap Ours » fait le point sur les dommages occasionnés par les ours sur les animaux en estive, en 2021.

Selon les chiffres extraits du site de la DREAL « info-ours.com », au 10 décembre 2021, les constats d’expertise sur les animaux morts en estive ont diminué de 25% en 2021.
Parmi ces constats, ceux ayant conclu à une prédation d’ours (« responsabilité ours non écartée ») ont diminué de 17%, pour 456 bêtes mortes ou blessées (soit entre 20 % et 30% de baisse d’animaux prédatés par rapport à 2020).

Les baisses de dommages sur cheptel domestique sont les plus marquées en Ariège (-20 à -30%, pour 358 animaux prédatés, dont un bovin, un équin, et une chèvre) et en Hautes-Pyrénées (-70%). Aucune prédation dans les Pyrénées-Atlantiques (où l’ourse Sorita a donné naissance à 3 oursons).

Ces chiffres seront à consolider en fin d’année, quand les constats en attente, probablement difficilement expertisables, auront fait l’objet d’une décision, politique ou technique.

La cause de cette baisse globale, notamment en Ariège, est très probablement majoritairement due à la progression effective des moyens de protection sur le terrain (bergers, chiens et parcs). Néanmoins, les parcs électrifiés de regroupement nocturne restent encore trop largement sous-utilisés, alors qu’ils permettent d’obtenir des taux de prédation 5 fois plus faibles que le regroupement nocturne en couchade libre.

Le renforcement des équipes des bergers d’appui de la Pastorale Pyrénéenne, qui effectuent des gardes nocturnes sans armes à feu, a également dû jouer un rôle. Bien que non mentionnés dans le communiqué de la préfecture, ils ont effectué 1.5 fois plus de gardes que les équipes d’effaroucheurs. A noter qu’aucun comportement agressif d’ours n’a été noté depuis les nombreuses années que ces gardes sont effectuées.

Elles montrent également que la présence humaine suffit et que les effarouchements avec armes pyrotechniques ne présentent aucune valeur ajoutée. Rappelons que ces derniers ont été jugés illégaux par le Conseil d’Etat et favorisent la prolifération des armes à feu en estives, avec tous les risques afférents.
A noter que certaines prédations ont eu lieu sur des lots non regroupés, lors d’effarouchements. Elles auraient pu être évitées si des bergers d’appui avaient plutôt été mandatés, ces derniers ayant les compétences requises pour regrouper les troupeaux.

Le communiqué de Cap Ours


MàJ du 2 décembre 2021 Le CEA s’exprime sur Radio Transparence par la voix de Thierry au nom du CEA et de Cap Ours. LIEN

Ci-dessous une vidéo de Caramelles et ses oursons filmés le 10 juin 2021 dans le secteur fréquenté par l’ourse ayant été abattue samedi 20 novembre par un chasseur.
Ces prises de vue ont été réalisées dans le cadre d’un travail au long court sur la faune sauvage pyrénéenne, produit par la société Bellota films.
Crédit : Grégory Ortet et Laurent Nédélec – Bellota films – Pays de l’Ours-Adet (droits réservés)


MàJ du 1er décembre 2021 - D’après FranceTVinfo, JL Fernandez fait porter la responsabilité de cette situation à la fois sur l’ONF et sur l’OFB. "C’est pas moi, c’est lui !" semble-t-il dire :

https://france3-regions.francetvinfo.fr/occitanie/ariege/foix/ourse-tuee-en-ariege-l-onf-pointe-du-doigt-attention-avant-d-accuser-les-chasseurs-le-terrain-est-mine-2359849.html


Lisez cet hommage vibrant et émouvant d’un adhérent du CEA après la mort de l’ourse Caramelles : https://cea09ecologie.org/spip.php?breve815


MàJ du 30 novembre 2021 Le collectif Cap Ours dont le CEA fait partie publie ce communiqué à la suite de la mort de l’ourse-mère Caramelles :

CAP Ours - Coordination Associative Pyrénéenne pour l’Ours
Pyrénées, Pays des Hommes, Pays des Ours

Le 30 novembre 2021

Mort d’une ourse dans les Pyrénées :
Infractions à la loi et imprudences à l’origine des blessures du chasseur et de la destruction d’une ourse, espèce protégée

Samedi 20 novembre 2021 une battue se déroulant au moins partiellement, sans autorisation, dans la réserve nationale de chasse et de faune sauvage du mont Valier, Ariège, a abouti à des blessures sérieuses pour un chasseur et à la mort d’une ourse suitée prise dans la battue.

L’homme est depuis hors de danger, l’ourse est morte, et deux oursons se retrouvent orphelins à l’entrée de l’hiver. Ils ont une chance raisonnable de survivre à la condition qu’on assure leur tranquillité jusqu’à leur entrée en tanière, ce qui ne saurait tarder au vu des conditions météorologiques.

Le parquet de Foix a lancé une enquête. Il semblerait que les faits se soient produits dans la réserve où certains chasseurs étaient postés ce jour-là sans l’autorisation ni l’encadrement obligatoire de l’ONF, en cas de dérogation à l’interdiction de chasse.

En effet, l’Arrêté préfectoral relatif à l’ouverture et à la clôture de la chasse pour la campagne 2021-2022 dans le département de l’Ariège autorise la chasse tous les jours dans cette Réserve mais pas à n’importe quelle condition ! Seul l’Office National des Forêts est autorisé à organiser, avec les chasseurs locaux, des battues au sanglier dans cette réserve du 1/09/2021 au 13/02/2022.

Il était par ailleurs connu localement qu’une ourse au moins était présente cet automne dans cette vallée avec ses petits, ce qui aurait dû conduire l’équipe de chasse à une pratique d’autant plus prudente et responsable comme indiqué dans l’arrêté préfectoral précisant les mesures de prévention et de protection de l’ours en matière de chasse.

Ces manquements ont incontestablement influé sur les faits dont le déroulement reste par ailleurs à déterminer précisément. Dans le contexte de cette battue, l’ourse suitée aurait cherché à protéger ses deux oursons, ce qui lui aurait été fatal. Sa destruction constitue un délit grave.

Le Président de la Fédération Nationale des Chasseurs, Willy Schraen, a depuis reconnu lui-même dans le 13/14 heures sur France Inter le 23 novembre que « La cohabitation avec l’ours est possible … n’importe quel animal va défendre ses petits. L’ourse était sur son territoire... ».

Nos associations de la coordination Cap Ours demandent que les responsables de cet accident, directs et indirects, soient identifiés et mis devant leurs responsabilités ou manquements. Tout le monde ayant intérêt à éviter la reproduction de pareille situation, l’ensemble des acteurs doit maintenant travailler à améliorer sérieusement les modalités de cohabitation entre chasseurs et ours dans les Pyrénées.

CONTACT PRESSE :

Alain Reynes, Directeur Pays de l’Ours - Adet, 06 13 59 29 76
Sabine Matraire, Présidente Pays de l’Ours - Adet : 06 71 89 62 62

Les signataires :
Altaïr Nature, Animal Cross, Association Nature Comminges (ANC), ASPAS, Association Charles Flahault, Comité Écologique Ariégeois (CEA), Conseil International Associatif pour la Protection des Pyrénées (CIAPP), FERUS (Groupe Loup France/ARTUS), Fonds d’Intervention Eco- Pastoral – Groupe Ours Pyrénées (FIEP), France Nature Environnement (FNE), France Nature Environnement Hautes Pyrénées (FNE 65), France Nature Environnement Midi- Pyrénées (FNE Midi-Pyrénées), Humanité et Biodiversité, Ligue de Protection des Oiseaux (LPO), Mountain Wilderness, Nature en Occitanie, Pays de l’Ours – Adet (Association pour le Développement Durable des Pyrénées), Société d’Etude de Protection et d’Aménagement de la Nature dans le Sud-Ouest – Pyrénées-Atlantiques (SEPANSO 64), Société Française pour l’Etude et la Protection des Mammifères (SFEPM), Société Herpétologique de France, Société nationale de protection de la Nature (SNPN), Sours, WWF France.


MàJ du 26 novembre 2021

Ourse tuée en vallée d’Estours :

Le parquet ouvre une information judiciaire. Et il y a de quoi puisque cette battue au sanglier était située dans la Réserve du Mt Valier, zone "réservée" à l’ONF pour ses chasses privées (mais ça c’est un autre sujet ! ) et où l’ACCA n’avait aucun droit de chasse.
Cette battue était donc dans l’illégalité et c’est ce que la substitut du Procureur a déclaré dans sa conférence de presse.

L’article de la Gazette Ariégeoise : https://gazette-ariegeoise.fr/la-substitut-du-procureur-lea-filippi-vient-de-tenir-une-conference-de-presse-suite-a-la-mort-dune-ourse-tuee-lors-dune-battue-aux-sangliers-samedi-20-novembre-pour-partie-la-battue-se-deroulait/

L’article de La Dépêche du Midi : https://www.ladepeche.fr/2021/11/26/chasseur-attaque-par-une-ourse-en-ariege-le-parquet-ouvre-une-information-judiciaire-pour-destruction-dune-espece-protegee-9952461.php

Le communiqué de Pays de l’ours-Adet : https://paysdelours.com/fr/pyrenees-un-chasseur-blesse-une-ourse-morte-deux-oursons-orphelins/

France TV Info : https://www.francetvinfo.fr/decouverte/ours/ariege-ce-que-l-on-sait-de-la-mort-de-l-ourse-abattue-par-un-chasseur-apres-une-attaque_4853353.html

ASPAS : Non aux battues de chasse en zone ours ! https://www.aspas-nature.org/actualites/non-aux-battues-de-chasse-dans-les-zones-a-ours/


MàJ du 24 novembre 2021
Chasse et protection de l’ours ; on pourrait se demander s’il y a compatibilité évidemment ? L’histoire nous dit que non puisqu’on est arrivé à l’extinction des ours dans les Pyrénées du fait de la prédation des hommes.

Cependant depuis la réintroduction des ours depuis la Slovénie et au fur et à mesure des législations, on en est quand même arrivé à prévoir que les uns et les autres ne devaient pas se rencontrer. Et pour cela les associations environnementales et la fédération des chasseurs ariégeois ont été d’accord pour entériner en CDCFS [3] l’arrêté préfectoral du 28 AOÛT 2017 qui règlementait la chasse en zone montagne pour des mesures de prévention et de protection des ours. Renouvelé ensuite le 20 août 2019 pour une période indéterminée. [4]

Extrait :

AP du 28 AOÛT 2017

Article 2 : Mesures de prévention et de protection.
Les mesures suivantes de prévention et de protection visant à assurer la compatibilité de la chasse en battue et de la préservation de l’ours s’appliquent :
1) L’ONCFS ( remplacée depuis par l’OFB [5]) signale au détenteur du droit de chasse ou à son délégataire, le cas échéant, toute présence ou indices de présence de moins de 24 heures portés à sa connaissance par lesmoyens habituels (signalement par le public, photographies automatiques...) et validés par elle.

Le détenteur du droit de chasse ou son délégataire prend les dispositions préventives pour éviter autant que possible la rencontre avec l’ours et détermine notamment le choix du site pour les actions de chasse en battue. Cette action d’évitement préventif est consignée par écrit par le président de l’ACCA et figure dans le compte rendu de l’assemblée générale de fin de saison de chasse fourni à la DDT.

Par ailleurs, en cas de détection de la présence d’un ours par un chasseur, y compris révélée par des indices ou des traces fraîches de moins de 24 heures, celle-ci devra être immédiatement signalée au détenteur du droit de chasse ou à son délégataire le cas échéant, au président de la fédération départementale des chasseurs et à l’ONCFS (tél. :05.62.00.81.08).
Sur la base de ces informations, le détenteur du droit de chasse ou le cas échéant son délégataire, devra :
•suspendre immédiatement toute action de chasse en battue éventuellement en cours,
•prendre les mesures appropriées pour éviter tout accident vis-à-vis de l’ours, dont la suspension immédiate de la chasse en battue avec des chiens dans un secteur arrêté par ses soins, pour une durée de 48 heures à compter de la détection validée par l’ONCFS. Il en informe impérativement l’ONCFS (tél. : 05.61.65.63.44).
•les mesures prises sont consignées par écrit par le président de l’ACCA et figurent dans le compte rendu de l’assemblée générale de fin de saison de chasse fourni à la DDT.

Une attention particulière sera apportée aux cas de femelles accompagnées d’oursons. D’une façon générale, les équipes de l’ONCFS pourront apporter aux détenteurs du droit de chasse ou à leurs délégataires, en tant que de besoin, leur connaissance du terrain et leur appui technique (aide à l’analyse des indices et à la délimitation de la zone de suspension de la chasse en battue avec chien).
Le détenteur du droit de chasse, ou le cas échéant son délégataire, informe sans délai les chasseurs susceptibles de fréquenter le secteur des mesures prises. Il s’assure par ailleurs, lors de toute battue, que les chasseurs sont en capacité de faire remonter au responsable de battue, dans les plus brefs délais, toute observation relative à la présence de l’ours.

Compte tenu de l’importance des battues pour la régulation des populations de cervidés et de sangliers et de la responsabilité des chasseurs en matière de maintien des équilibres agro-sylvo-cynégétiques et de réalisation des plans de chasse, lorsqu’en application des mesures ci-dessus, des battues auront dû être différées pour tenir compte de la probable présence de l’ours sur zone, le détenteur du droit de chasse ou le cas échéant son délégataire, aura la possibilité de reporter la battue en dehors des jours de chasse autorisés (mercredis, samedis, dimanches et jours fériés).

Ces jours, dans la limite de un pour un, devront être communiqués à l’ONCFS (tél. : 05.61.65.63.44) pour information et confirmation du lien avec les mesures préventives mises en œuvre, 24h minimum à l’avance.

2) En cas de détection d’un ours en tanière confirmée par l’ONCFS, une zone de sensibilité majeure sera définie par décision préfectorale en concertation avec l’ONCFS et les responsables cynégétiques (fédération départementale des chasseurs, détenteur et le cas échéant délégataire du droit de chasse). Son contour s’établira en fonction des repères topographiques environnant la tanière et sa superficie sera de l’ordre d’une cinquantaine d’hectares. Les sociétés et associations de chasse seront informées des zones de protection concernées, ainsi que les propriétaires et élus du secteur à toutes fins utiles.
Aucune action de chasse ne pourra être pratiquée dans cette zone jusqu’à la fermeture générale de la chasse.

Ajoutons quand même que le point 1 des arrêtés successifs mettent l’accent sur le rôle de la FDC dans l’information et la formation des chasseurs des zones montagnes :

Article 1 : Mesures d’information et de formation.
La formation des chasseurs relève de la responsabilité de la fédération départementale des chasseurs. Celle-ci est chargée d’inclure dans la formation initiale au permis de chasse qu’elle dispense, un volet concernant l’ours et les mesures à prendre. La fédération départementale des chasseurs est également chargée d’organiser des réunions spécifiques d’information avec le concours de l’ONCFS, et de l’ONF lorsque des territoires domaniaux sont concernés, à l’intention des chasseurs pratiquant dans les zones de présence potentielle de l’ours.

MàJ 23 novembre
Il y avait effectivement 2 oursons avec l’ourse tuée. Il se peut qu’il s’agisse de Caramelles qui avait deux oursons cette année et qu’on avait repérés dans cette zone. On ne sait pas encore quel âge ils ont ni s’ils sont capables de vivre seuls à l’orée de l’hiver. C’est un méga problème à résoudre.
En tout cas nous espérons que l’enquête de la gendarmerie et de l’OFB mettra toute la lumière sur cet accident de chasse. Ci-dessous l’éclairage de Gérard Caussimont :

L’association FIEP pointe du doigt lors de la chasse les traques organisées en battue, "mode de chasse qui est conçu pour acculer le gibier". Elle précise que l’animal peut devenir agressif uniquement s’il se sent menacé ou surpris, craignant de ne pouvoir s’échapper. Elle propose de modifier les postes de chasse en battue afin de laisser une échappatoire possible à l’ours "sans qu’il bute sur un chasseur".

Voir l’article de Pays de l’Ours-Adet : https://paysdelours.com/fr/pyrenees-un-chasseur-blesse-une-ourse-morte-deux-oursons-orphelins/

Et l’interview d’Alain Reynes sur FR3 Ocitanie ce midi : https://france3-regions.francetvinfo.fr/occitanie/emissions/jt-1213-midi-pyrenees (Cherchez l’émission 12/13 du 23 novembre 2021 - index 7’ 15")

Caramelles et ses oursons

L’article de Charlie Hebdo :
https://charliehebdo.fr/2021/11/ecologie/scandale-en-altitude-une-ourse-defend-ses-petits/


Hier samedi 20 novembre, dans le Couserans, près de Seix, un(e) ours(e) s’est trouvé(e) face à un homme de 70 ans, chasseur de l’ACCA locale lors d’une battue aux sangliers. A moins que ce soit le chasseur qui se soit retrouvé face à l’ourse... Personne n’en sait rien pour le moment car ce chasseur n’était pas en vue de ses compagnons de chasse quand l’affrontement s’est déroulé. Et l’homme qui avait perdu beaucoup de sang semble-t-il, a dû être héliporté vers le Centre hospitalier intercommunal des vallées d’Ariège (Chiva).

Cette affaire est pour le moment opaque puisque pas de témoin apparemment. Attendons le résultat de l’enquête qui devrait être diligentée pour savoir ce qu’il s’est passé.
Un ours qui attaque sans raison, le cas n’est jamais arrivé. Donc là il y a une cause que l’enquête devra dévoiler. Est-ce qu’il y avait des oursons avec cette ours(e) ? La règle officielle est qu’on ne fait pas de battue là où un ours est localisé. Est-ce que celui-ci l’était par le service de suivi de l’ours ? Et si c’est le cas on n’aurait pas dû organiser une battue dans cette zone. Est-ce un ours(e) né récemment pas encore suivi ? Là encore beaucoup de suppositions que l’enquête devra éclaircir.

Bon rétablissement au chasseur qui mérite maintenant un bon repos suite à ce drame.
Le CEA est par ailleurs inquiet pour ces disparitions successives d’ours dans nos Pyrénées. Il faut que ça cesse !


MàJ du 10 août 2021 - Communiqué de presse de CAP Ours

Charge d’ours en Ariège : aucune victime mais beaucoup de raffut, contrairement aux victimes de charges des vaches en estive

Une charge d’intimidation d’un ours vient de se produire sur un berger, à juste titre choqué par cet évènement. Cela s’est terminé sans contact ni blessure. Notons que si l’ours avait voulu blesser le berger, il en avait la capacité physique et il n’en a rien été.

Devant l’hystérie collective orchestrée systématiquement par certains élus et organisations anti-ours, il convient de remettre en perspective ces événements.

De 1996 à 2021, on décompte 9 charges d’ours dans les Pyrénées, en général des femelles suitées, envers des randonneurs, des chasseurs ou des bergers. Ceux-ci en ont été quittes pour une bonne frayeur, sauf un chasseur blessé au bras en tombant.
De 2010 à 2020, sur le seul versant français, on dénombre au moins 23 randonneurs ou chasseurs blessés, pour la plupart grièvement, et un tué, par des bovins en estive. Un recensement loin d’être exhaustif, car tiré de la presse. Il ne prend donc pas en compte les très nombreuses charges n’ayant heureusement pas fait de victimes, ni les éleveurs attaqués par leurs propres bêtes (voir les statistiques de la MSA).

Curieusement, ces événements dramatiques sont ignorés par ces mêmes élus anti-ours, qui ne portent pas plainte pour « mise en danger de la vie d’autrui », ni a fortiori ne demandent la suppression du pastoralisme bovin.
Aux yeux de ces élus et organisations anti-ours, il semble donc que la vie humaine n’a pas la même valeur selon l’animal, si ce n’est pour être opportunément instrumentalisée dès qu’il s’agit de vouloir éliminer l’ours et de défendre certains intérêts corporatistes.

Rappelons que les charges d’intimidation des ours peuvent se produire en cas de rencontre à courte distance quand l’ours est surpris et se sent menacé. Une charge d’intimidation n’est pas une attaque. Dans le cas présent, rencontrer un homme, la nuit, alors qu’il essaie d’éviter une prédation peut être interprété par l’ours comme une agression et provoquer une charge d’intimidation.
Comme le nombre d’ours augmente, il y aura de plus en plus de rencontres, voire de charges d’intimidation, comme il y a tous les ans des accidents mortels ou graves avec des vaches, des chiens, des sangliers, des cerfs, etc. que l’on trouve « normaux ».

La quasi-totalité des estives en Ariège ne pratique pas le triptyque de protection complet requis (berger + chiens + parc de regroupement nocturne électrifié). La plupart des troupeaux sont en "couchade" libre, alors que, dans ce cas l’approche d’un prédateur a cinq fois plus de chances de se transformer en prédation réussie, même en présence de chiens, que si le troupeau est à l’abri derrière un obstacle électrifié.

Personne ne demande le retrait des vaches et des chevaux de la montagne malgré de regrettables accidents. La cohabitation avec l’ours est tout aussi possible en s’en donnant les moyens, qui existent, et en bannissant une mauvaise foi bien trop présente chez les opposants.

La richesse est dans la diversité. La montagne vit et n’est pas réservée au lobby agricole.

Emblème des Pyrénées à Axat (11)

Les associations membres de CAP – Ours :
Altaïr Nature, Animal Cross, Association Nature Comminges (ANC), Comité Écologique Ariégeois (CEA), Conseil International Associatif pour la Protection des Pyrénées (CIAPP), FERUS (Groupe Loup France/ARTUS), Fonds d’Intervention Eco- Pastoral – Groupe Ours Pyrénées (FIEP), France Nature Environnement (FNE), France Nature Environnement Hautes Pyrénées (FNE 65), France Nature Environnement Midi- Pyrénées (FNE Midi-Pyrénées), Nature en Occitanie, Pays de l’Ours - Adet (Association pour le Développement Durable des Pyrénées), Société d’Etude de Protection et d’Aménagement de la Nature dans le Sud-Ouest – Pyrénées-Atlantiques (SEPANSO 64), Société nationale de protection de la Nature (SNPN), Société Française pour l’Etude et la Protection des Mammifères (SFEPM), Sours, WWF France.

Contact presse :
Sabine Matraire, Pays de l’Ours - Adet : 06 71 89 62 62

Pays de l’Ours - Adet est l’association créée en 1991 pour initier et valoriser le retour de l’ours dans les Pyrénées.

Pays de l’Ours - Adet - Maison des Associations - 31160 Arbas
05 61 97 48 44 - contact@paysdelours.com - www.paysdelours.com


MàJ 17 juin 2021 1996 – 2021 : 25 ans après les premiers lâchers, quel avenir pour l’ours en France ?

Une visioconférence réunissait ce 3 juin,
Sabine Matraire, Présidente de FERUS
François Arcangeli, Président de Pays de l’Ours-Adet de 1998 à 2020
Alain Reynes, Directeur de Pays de l’Ours-Adet
Patrick Leyrissoux, Vice-président coordinateur Ours
Michel Clouet, ancien Président d’Artus
Corinne Lepage, Ministre de l’Environnement en 1996
Serge Lepeltier ministre de l’Environnement en 2004 - 2005

Le 19 mai 1996, la première ourse d’origine slovène, nommée Živa, ce qui signifie « vivante » en slovène, est lâchée sur la commune de Melles en Haute-Garonne. Avec Živa s’ouvre une nouvelle page de l’histoire de l’ours dans les Pyrénées.

25 ans après et, suite à quelques opérations de renforcements supplémentaires, la population d’ours dans les Pyrénées croît régulièrement et dépasse la soixantaine d’individus.

Malgré cette tendance positive, l’ours n’est pas encore sauvé en France en 2021. Les risques démographiques en Pyrénées occidentales, et génétiques à plus long terme, sont la résultante d’un manque d’engagement de L’État sur la restauration de l’espèce dans un bon état de conservation. A ces problèmes s’ajoutent les menaces des opposants ainsi que l’attitude ambigüe de L’État.

Un dossier de presse vous est offert en cliquant sur Voir le Fichier : Ours-Presentation_Conf_Presse_25ans_lachers_3_juin_2021_-_Pays_de_lOurs_-_Adet_FERUS.pdf

Sommaire :

État des lieux , p.6
Analyse de l’action de l’État, p.8
L’ours, contrainte ou atout pour les Pyrénées ? p.10
Un peu d’histoire : 1996-1999 : l’expérimentation, p.11
Un peu d’histoire : 2000 - 2004 : la polémique, p.13
Un peu d’histoire : 2005-2007 : de nouveaux lâchers, p.15
Un peu d’histoire : 2008-2017, 10 ans de tergiversations p.16
Un peu d’histoire : vers les premiers lâchers en Béarn p.19

***

Un dossier récapitulatif avec photos, schémas et points à retenir vous est également offert ici : Voir le Fichier : Ours-Presentation_Conf_Presse_25ans_lachers_3_juin_2021_-_Pays_de_lOurs_-_Adet_FERUS.pdf


Mais tous les anniversaires ne se valent pas, en effet le 9 juin était aussi l’anniversaire de la mort de l’ours Gribouille en Ariège. Vous pourrez lire le communiqué de presse de Cap Ours dont le CEA fait partie :
Ours Gribouille tué par balles en Ariège. Un an déjà et zéro condamnation et zéro réparation

Voir le Fichier : CP_Cap_Ours_1_an_mort_Gribouille_9-6-21.pdf


MàJ du 23 avril 2021

Appel à s’exprimer CONTRE l’effarouchement des ours dans les Pyrénées

LIEN POUR S’EXPRIMER

Le ministère de la Transition écologique et solidaire consulte le public sur la mise en place de mesures d’effarouchement des ours dans les Pyrénées.

Pays de l’Ours - Adet et les associations soussignées appellent toutes les personnes favorables à la protection de l’ours dans les Pyrénées à y participer, en commençant leur texte par : « Je suis contre l’effarouchement des ours dans les Pyrénées. » et à personnaliser leur message avec les arguments qui leur tiennent à cœur, parmi notamment les suivants :

Le jugement du Conseil d’Etat du 4 Février 2021 a rendu les effarouchements pratiqués jusqu’à aujourd’hui illégaux, comme l’avaient affirmé les associations environnementales. Les modifications proposées pour l’arrêté 2021 sont marginales et ne changeront rien en pratique.

Les effarouchements menés depuis 2019 n’ont montré aucune efficacité notable. De surcroît, ils ont coûté très cher, soit plusieurs milliers d’euros pour chacune des quelques brebis sauvées. Une évaluation sérieuse de cette expérimentation aurait dû conduire à son abandon évident dès la première année.

Les experts du Conseil National Protection de la Nature dont le rôle est de conseiller le Gouvernement ont rendu à la quasi-unanimité un avis très défavorable à ce projet d’arrêté. N’hésitez pas à le consulter, vous y trouverez des détails et des arguments supplémentaires.

Il y a des solutions plus satisfaisantes qui ont fait leurs preuves quand elles sont correctement mises en œuvre et adaptées : bergers permanents, bergers d’appui, regroupement nocturne des troupeaux et utilisation de chiens de protection. L’Etat dépense des sommes considérables pour les encourager mais ne contrôle pas leur mise en œuvre sur le terrain.

Les effarouchements menés sont et resteront perturbants et dangereux pour les ours, malgré les modifications proposées à la marge en 2021. Il y a notamment un risque évident de séparation des mères et de leurs oursons, dont l’effarouchement n’est même pas interdit.

En synthèse, les effarouchements des ours sont inutiles, inefficaces, dangereux, horriblement chers et illégaux. Une protection efficace des troupeaux repose sur le triptyque Berger compétent - Regroupement nocturne du troupeau - Chiens de protection éduqués, et en nombre suffisant.

Attention, la consultation n’est ouverte que jusqu’au 9 Mai, ne tardez pas à y affirmer votre opposition.
Rappel du lien pour participer :
http://www.consultations-publiques.developpement-durable.gouv.fr/spip.php?page=article&id_article=2363

Avis du CEA

Le CEA n’est pas favorable à l’effarouchement

Avis du CNPN

Le CNPN (Centre National de Protection de la Nature) non plus puisqu’il émet de nombreuses réserves.


MàJ du 07/04/2021

Protection des troupeaux et conditionnalité des indemnisations : l’arlésienne des estives

L’arlésienne des estives

Le collectif CapOurs, dont fait partie le CEA, vient de rappeler dans le texte affiché ci-contre, que les éleveurs les plus rétrogrades en matière de mise en sécurité de leur troupeau face aux prédateurs, sont Ariégeois. Extrait :
« Cas d’école, l’estive ariégeoise cumulant le plus grand nombre de pertes depuis de nombreuses années n’utilisait toujours ni chien de protection ni parc de regroupement nocturne en 2020 …

Aucune assurance privée n’indemniserait un assuré qui ne met pas en place un minimum de protections contre un risque connu et prévisible.
Cette gestion qui ne participe ni à améliorer la cohabitation ni à restaurer cette espèce menacée est-elle vraiment la meilleure manière d’utiliser des fonds publics ? »
Notre réponse est évidemment NON ! La Préfecture doit maintenant prendre ses responsabilités. Sinon les citoyens fiscaux auraient le droit de demander des comptes sur l’utilisation abusive des indemnisations en pure perte !


MàJ du 04/04/2021 - Un fait divers incompréhensible est lié à la mort de l’ours Cachou dans le Val d’Aran en avril 2020.

L’enquête sur l’assassinat de l’ours a conduit au démantèlement d’un réseau de trafiquants de cocaïne. Douze personnes ont été interpellées le 26 mars par les Mossos d’Esquadra, la police autonome de Catalogne : cinq se trouvent aujourd’hui en détention provisoire, les autres sont en liberté, privées de leurs passeports. Parmi elles, le maire de la petite localité de Casau, dans le Val d’Aran ( un canton pyrénéen d’environ 10 000 habitants ayant son propre gouvernement). D’après les enquêteurs, ces suspects appartiendraient à un réseau de trafic de cocaïne piloté depuis la Colombie, avec des ramifications dans le Val d’Aran, à Lérida – où un laboratoire a été découvert...
Article de Libération

Dans La Dépêche : ...........La police locale avait mis sur écoute six personnes suspectées d’avoir empoisonné Cachou à l’éthylène glycol, un antigel toxique, utilisé dans le liquide de refroidissement des voitures. Or, les discussions de ces personnes portaient entre autres sur un trafic de cocaïne. Une fois les éléments réunis, les policiers ont perquisitionné vendredi dernier un entrepôt. Ils ont saisi deux kilos de cocaïne à Vielha. Le suspect principal de ce trafic, un garde forestier local, a été arrêté. Le maire d’un village de la région fait aussi partie des douze personnes interpellées. La police a également découvert au cours de cette enquête l’existence d’un laboratoire de transformation de la pâte de cocaïne, géré par une organisation colombienne dans la ville catalane de Lérida. "Nous l’avons également appris par La Vanguardia ", confie le Fonds d’intervention éco-pastoral Groupe Ours Pyrénées qui travaille notamment pour une coopération pacifique du pastoralisme et de l’ours. "Mais ce développement de l’affaire est digne d’un film", reconnaît notre interlocuteur que ce nouveau type de délinquance venant maintenant se greffer au dossier "interroge".

Pour ce qui concerne l’ours, il y a deux suspects pour l’empoisonnement

Quant à l’enquête sur la mort de l’ours Cachou, elle se poursuit, l’instruction touchant presque à sa fin. Selon nos confrères des médias espagnols, les deux principaux suspects dans l’empoisonnement de l’animal sont un agent environnemental du conseil général d’Aran, ainsi qu’un homme qui fut conseiller de territoire au gouvernement aranais entre 2015 et 2019. Un comble : le premier participait au programme de suivi de l’ours, tandis que le second avait en charge la gestion des fonds européens pour la repopulation de l’ours des Pyrénées.

L’article de LDDM


MàJ du 2/04/2021 - Avec 64 individus détectés en 2020, l’effectif de la population d’Ours brun continue progressivement d’augmenter dans les Pyrénées. C’est là un des résultats présentés dans le rapport annuel 2020 du suivi de l’espèce dans les Pyrénées françaises réalisé par le réseau Ours bun

Et aussi : https://paysdeloursadet.blogspot.com/2021/04/pyrenees-64-ours-detectes-en-2020-dont.html


MàJ du 14/12/2020
Communiqué de Cap Ours dont le CEA fait partie.

Le 14 Décembre

Un sondage l’atteste :
Les Français sont nettement favorables au remplacement des ours tués par l’homme dans les Pyrénées.

Enfin une mesure populaire … !
Le gouvernement peut être rassuré : son engagement de remplacer tout ours mort de cause humaine dans les Pyrénées est nettement soutenu par les Français.

Le sondage réalisé par l’IFOP [6] pour quatorze associations impliquées en faveur de l’ours dans les Pyrénées est clair : les Français sont nettement favorables au principe de remplacer les ours tués par l’homme dans les Pyrénées.

C’est la première fois qu’un sondage est réalisé sur cette question spécifique, et il en ressort :

  • Une nette approbation du principe de remplacement : 59 %, y compris dans les Pyrénées (58%), et ce malgré un taux élevé de réponse « Ne sait pas »
  • Une très faible opposition radicale, les personnes « tout à fait opposées » n’étant que 9 %

Résumons :

Le gouvernement s’est engagé dans le Plan d’action Ours brun 2018-2028 [7] à « remplacer tout ours mort de cause humaine » ;
La France a l’obligation de restaurer une population viable d’ours dans les Pyrénées. La Commission Européenne vient de le lui rappeler et lui demande de suivre les recommandations des scientifiques qui préconisent le lâcher urgent de plusieurs ours ;
Les Français soutiennent clairement cette mesure de remplacement des ours tués de la main de l’homme.

Le gouvernement doit donc lancer dès maintenant la procédure et la préparation de ces nouveaux lâchers. A défaut, il devra en répondre devant les Français et les tribunaux, nationaux et européen. Les associations y veilleront.


MàJ du 8/12/2020
Communication des associations de protection de l’ours en France et en Espagne - 7 décembre 2020 :


MàJ du 3 décembre 2020
Charlie Hebdo met les pieds dans le plat dans cet article mis gratuitement en ligne. Et fait le parallèle avec les départements Pyrénéens voisins qui n’ont presque pas de prédations d’ours. Voici l’article :

Ce brave ours qui arrose les fiers Ariégeois

Fabrice Nicolino · Mis en ligne le 30 novembre 2020 · Paru dans l’édition 1479 du 25 novembre

L’année 2020 est aussi une année noire pour les ours. Après la mort de Cachou dans les Pyrénées françaises en avril, hier, dimanche 29 novembre, c’est de l’autre côté des Pyrénées qu’a été abattue Sarousse, ourse espagnole, lors d’une chasse... au sanglier. Entre les deux, un ours mâle avait également été abattu en Ariège. Un département où, selon la préfecture, le plantigrade attaquerait beaucoup plus qu’ailleurs. À moins que ce ne soit l’Ariège qui ait la dénonciation facile pour des histoires de gros sous ?

C’est cocasse, car c’est à la fois un secret bien gardé, bien qu’il soit de polichinelle pour ceux qui suivent le dossier. L’ours des Pyrénées est-il bien le responsable de toutes les attaques qui entraînent des indemnisations de l’État  ? Les associations Ferus et Pays de l’ours révèlent l’existence d’un tour de passe-passe croquignolet.

Le 7 avril 2020, le préfet de la Région Occitanie publie le bilan des « dommages d’ours sur le massif des Pyrénées françaises ». Le texte est net : «  Au total, 1 173 animaux et 36 ruches ont été imputés directement à l’ours. » Ce communiqué, public, est repris par la presse, mais pas celui du 15 mai, pour la raison simple qu’il reste dans les tiroirs de la préfecture.

Or le second est une copie (presque) conforme du premier, qu’il rectifie radicalement en notant : « C’est donc 562 animaux et 36 ruches qui ont été indemnisés lorsque l’ours est ou semble responsable du dommage. » Du simple au double. Et ce n’est pas tout. Cette fois, on écrit sans gêne ou presque : « De plus, 447 animaux de dossiers indéterminés ont été indemnisés suite à la prise en compte des éléments de contexte local. »
L’Ariège, seul département visé.

Contexte local  ? Ferus et les autres ne l’expliquent pas, mais Charlie va tenter d’apporter sa contribution. Le texte préfectoral – le deuxième – livre ce qui pourrait bien être un indice de taille : « Les départements des Pyrénées-­Orientales, de l’Aude et des Pyrénées-Atlantiques restent peu ou pas concernés par les dommages liés à l’ours brun alors que 82 % des dossiers du massif ont été réalisés dans le ­département de l’Ariège. »

Mazette, quel ours  ! Alors qu’il est désormais présent, grâce à des naissances, d’un bout à l’autre du massif pyrénéen, l’animal ne commettrait ses méfaits que dans le seul département de l’Ariège, probablement pour ennuyer les gros durs de la gâchette locale, fortement soutenus par une classe politique du coin que l’on qualifiera d’insolite et parfois distrayante. L’ours, cet ami des nécessiteux.

Edit CEA : Et oui, il n’y a pas que la Corse en France !


23 novembre 2020

Mort de l’ours Cachou - Un habitant du Val d’Aran, employé du Conseil général, a été arrêté et présenté à un juge ce vendredi.

Un agent de l’environnement du Conseil Général d’Aran a été interpellé ce mercredi et a été déféré ce vendredi après-midi devant le juge, rapporte le journal local Segre.
Voir ici l’article de l’Indépendant.


16 novembre 2020 -
La version actualisée des dégâts imputés à l’ours en 2019 a été ramenée à la moitié. Ce correctif n’a pas eu le privilège de la médiatisation. Cap Ours le fait ici et notamment grâce à cette petite vidéo d’animation.

Connaîtrons-nous un jour le vrai bilan des dégâts d’ours dans les Pyrénées … ?

Nos associations ont récemment découvert une version corrigée du bilan 2019 des dégâts d’ours dans les Pyrénées qui n’a curieusement pas été rendue publique ...

Alors que la version initiale, diffusée et relayée largement le 7 avril 2020, annonçait sans nuance « Au total, 1 173 animaux et 36 ruches ont été imputés directement à l’ours », la nouvelle version du 15 mai est beaucoup plus modérée et prudente : « C’est donc 562 animaux et 36 ruches qui ont été indemnisés lorsque l’ours est ou semble responsable du dommage … » auxquels s’ajoutent, sans en préciser le statut, des animaux indemnisés suite à des dérochements (= chutes de bétail dans des barres rocheuses).
Lien pour télécharger les 2 documents.

Ce nouveau bilan corrige donc partiellement deux erreurs que nous avions présentées à la Ministre de la Transition Ecologique au printemps, et qu’elle avait en effet demandé aux services de corriger :

L’arrêté d’indemnisation des dégâts d’ours considère abusivement les dérochements comme des prédations, alors que les causes possibles sont multiples. Ces animaux sont donc maintenant décomptés séparément sans pour autant expliquer pourquoi ils ont été indemnisés.
La majorité des indemnisations est accordée « au bénéfice du doute », sans élément mettant l’ours en cause. La responsabilité de l’ours est de fait maintenant nuancée, mais les chiffres ne sont toujours pas détaillés.

Cela fait des années que nous demandons à l’Etat de différencier les dégâts d’ours avérés des indemnisations « au bénéfice du doute ». Nous ne sommes pas opposés à ce principe quand le doute existe réellement, mais son application quasi-automatique, notamment en Ariège, a fini par transformer le système d’indemnisation en « assurance tous risques », au détriment de l’ours. La réalité de l’impact de l’ours reste à l’évidence largement surestimée.

L’Etat est réticent à dire la vérité. L’enjeu est pourtant important : Outre la fausse image de grand prédateur attribuée injustement à l’ours, c’est sur cette confusion entretenue entre attaques avérées et indemnisations douteuses que des Préfets autorisent l’effarouchement des ours dans les Pyrénées depuis 2019 …

CAP Ours demande à l’Etat d’aller enfin au bout de la démarche de transparence : seules des données objectivées et partagées permettront de prendre des décisions justes et adéquates.

Contact presse : Alain Reynes, Directeur de Pays de l’Ours-Adet : 06 13 59 29 76

Les associations membres de CAP Ours : Altaïr Nature, Animal Cross, Association Nature Comminges (ANC), Comité Écologique Ariégeois (CEA), Conseil International Associatif pour la Protection des Pyrénées (CIAPP), FERUS (Groupe Loup France/ARTUS), Fonds d’Intervention Eco-Pastoral – Groupe Ours Pyrénées (FIEP), France Nature Environnement (FNE), France Nature Environnement - Hautes Pyrénées (FNE 65), France Nature Environnement - Midi - Pyrénées (FNE Midi-Pyrénées), Nature en Occitanie, Pays de l’Ours - Adet (Association pour le Développement Durable des Pyrénées), Société d’Etude de Protection et d’Aménagement de la Nature dans le Sud Ouest – Pyrénées-Atlantiques (SEPANSO 64), Société nationale de protection de la Nature (SNPN), Société Française pour l’Etude et la Protection des Mammifères (SFEPM), Sours, WWF France.


25 septembre 2020 - VIDÉO - Trois ours mâles filmés dans le Haut-Béarn cet été
Trois ours bruns mâles ont été filmés par des caméras du FIEP (Fonds d’Intervention Eco-Pastoral) cet été dans le Haut-Béarn. L’association espère voir des portées d’oursons arriver dans la foulée, la présence de Sorita ayant été détectée sur la même période.
Lire l’article et voir la vidéo dans la page de France bleue Pyrénées Atlantique


30 août 2020 - Loups et ours : mêmes discours hypocrites et biaisés de la part de certains éleveurs et certains médias en recherche d’audience.


28 juillet 2020 - Un des (éminents !) membres de notre comité est allé voir sur place (col d’Escots, cirque de Gérac et même beaucoup plus loin tant qu’à faire !) ce qu’il en était dimanche. Voici son compte rendu :
Au col d’Escots autour du resto d’altitude aucune trace de poubelles qui auraient pu attirer des ours. Par contre vers 9 heures l’arrivée d’un petit troupeau d’environ 120 bêtes, sans bergère et sans chien de protection qui est descendu vers les bois côté sud en bas du Freychet. Sur le versant nord du col, côté Aulus, derrière une clôture de séparation, un gros troupeau de vaches gasconnes avec des veaux sans protection aucune.

À Gérac le troupeau était éparpillé au sud du col de Cerda. Pas de patou, pas de bergère. Et pour cause. En prenant des photos des pertes du ruisseau qui alimentent la source Gérac, j’ai vu une jeune femme, accompagnée de trois Border colleys, se déplaçant difficilement avec la jambe dans une attelle sur la piste depuis une caravane posée en haut à côté du réservoir vers le passage à gué du ruisseau.

De retour des photos, je l’ai vue tenter d’essayer de remplir une "vache à eau" dans le ruisseau, mais comme elle ne pouvait pas plier le genou elle n’y arrivait pas bien.

Je la lui ai remplie et lui ai porté les 20 litres jusqu’à la caravane. C’était la bergère qui s’était pris une gamelle dans le brouillard. Elle m’a dit qu’un berger débutant devait venir l’aider, mais que son chien n’était pas très bon. Au col d’Escots c’est une certaine Martine et pas elle qui s’occupe du troupeau.

Après être passé par le lac d’Aubé, le pic de Séron et la vallée de Turguilla j’ai vu qu’une autre partie du troupeau éparpillée dans le versant très raide au sud du puech de Gérac qui descend vers le cirque de Cagateille. La bergère avait disparu. Probablement allongée dans le caravane. Ça se comprend.

On dirait qu’ils la cherchent la casse !

27 juillet 2020 - Il n’y a heureusement pas que la dépêche du midi pour relater et interpréter ce qui se passe dans les estives ariégeoises, et en particulier au col d’Escots. Le plus curieux dans cette affaire c’est le silence abyssal de la préfecture qui pourtant est parfaitement au courant des faits.
Jusqu’à présent il n’y avait qu’un seul son de cloche, celui des opposants à l’ours les plus outranciers.
Heureusement l’association FERUS rectifie le tir, et cela n’a plus grand chose à voir :
Il n’y avait pas de « meute d’ours », cela n’existe pas, il n’y a pas eu « d’attaque » de cette estive, le comportement des ours était parfaitement normal et prévisible, parmi les 4 ours 2 étaient des oursons de l’année, cette estive n’ayant ni chien de protection ni parc nocturne électrifié, comment imaginer éviter la prédation ? etc...
Il faut absolument lire cette mise au point de Ferus, c’est indispensable avant tout jugement :voir l’article ici
Incroyable qu’en Ariège non seulement la presse mais les élu(e)s sont incapables de la moindre objectivité devant les éructations de certains éleveurs et responsables agricoles.
Et l’administration dont le rôle devrait être de fournir l’information telle qu’elle la possède, laisse dire ...

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17 juillet 2020 - Un nouveau drame pastoral s’est déroulé dans la nuit du 15 au 16 juillet pendant laquelle une ourse, ses oursons et un mâle ont semé la panique dans un troupeau d’ovins au col d’Escots, au-dessus de Guzet-Neige.

Les questions sont multiples ; la principale d’entre elles réside dans le mode de gardiennage des troupeaux. On ne peut pas avoir un millier de brebis en estive sans préparer cette montée, sans organiser un gardiennage permanent, sans prévoir de moyens efficaces de rassembler et garder les bêtes la nuit. L’administration donne les possibilités de tous ces outils aux éleveurs. Ceux-ci ne mettant aucun zèle à les utiliser, des drames comme celui-ci risquent d’être fréquents.

Quatre ours attaquent : Pays de l’ours et Ferus réagissent

Et ce ne sont pas les effarouchements qui vont améliorer la situation. Tous les dresseurs, les éleveurs, les gens au contact des animaux le savent bien. Si vous excitez les animaux sauvages par des effarouchements, ceux-ci répondent en retour à leur manière... Tentez seulement d’effaroucher un chien hargneux rencontré aux abords d’une ferme... il vaut mieux faire profil bas plutôt que se dresser face à lui en l’invectivant.

16 juillet : communiqué-effarouchements renforcés-Préf

L’intelligence et le sang-froid sont les meilleurs atouts quand il s’agit d’animaux sauvages. Et cela se prépare, s’envisage lucidement avant que le contact s’établisse. Tout randonneur qui part en montagne sait qu’il peut rencontrer des serpents, des troupeaux de vaches, des patous, des ours, des névés encore glacés, du brouillard, etc... il s’équipe en prévision et dans sa tête il imagine déjà les attitudes à observer pour toutes ces éventualités.

On devrait faire la même chose quand on monte des milliers de bêtes en estive, vous ne croyez pas ? L’État étant prêt à aider les éleveurs et bergers, ceux-ci doivent maintenant "jouer le jeu".

Car les animaux sauvages sont un paramètre inéluctable dans la nature. Vouloir les exterminer est un non-sens. Apprendre à vivre à côté d’eux sera le signe d’une humanité retrouvée, une humanité à part entière reconnaissante de la présence de l’Autre qui en devient une richesse. Quelle pauvreté, quelle sècheresse, quel manque de profondeur de vivre dans une nature stérilisée de ses composantes authentiquement sauvages.


Les élus locaux du Couserans sont bien embêtés, coincés entre des éleveurs en colère d’une part (et nous précisons bien que c’est seulement une minorité agissante politiquement mais laxiste dans la protection des estives) et un tourisme important pourvoyeur d’euros ! Le PNR ne s’y trompe pas quand il met l’ours en valeur dans ses plaquettes. En voici un extrait plein de bon sens pour la conduite à tenir en cas de rencontre avec le "Monsieur" :
Les anciens l’appelaient Lou Moussu, Le Monsieur. On apprenait aux enfants qu’en cas de rencontre avec lui, il fallait être poli : lui dire bonjour, parler de la météo, s’inquiéter de sa santé et lui céder le passage. Cela permettait à l’ours de bien identifier la créature qu’il avait en face de lui, d’évaluer le danger potentiel et surtout de s’enfuir facilement. Un ours n’est jamais méchant (ça c’est le propre de l’homme !) et cherchera toujours à fuir. Seule une mère avec ses petits ou un ours acculé pourra être agressif et tenter une charge d’intimidation. Pas de danger si on respecte lou Moussu ! Et il en va de même avec tous les autres animaux, sauvages comme domestiques.


4/07/2020 - Après l’entrevue du 2 juillet avec le préfet de région et les préfets de MP pour la 3e réunion du groupe "pastoralisme et ours", l’État ne crée pas de surprise : il augmente le subventionnement des bêtes prédatées et l’aide au gardiennage sans exigences particulières au niveau des éleveurs. Et sans mettre en parallèle la réussite des éleveurs et bergers qui n’ont pas ou peu de prédations grâce à leur savoir-faire que beaucoup d’autres ne prennent même pas la peine d’envisager...

Communiqué de presse du Préfet de région

Extrait :
Un protocole spécial, dédié aux foyers de prédation, est mis en place dès cette saison. Il permet de renforcer les moyens humains et financiers là où c’est nécessaire. Il permet d’accroître les mesures de protection (renforcement de la présence humaine, financement d’abris pastoraux d’urgence, etc), d’accompagnement et de gestion (effarouchement). Pour 2020 ce sont plus de 350 000 euros qui sont mobilisés pour l’application de ce protocole. Il s’ajoute au dispositif « ours à problème », déjà utilisé en 2019 contre l’ours Goiat, et qui fera l’objet d’un bilan et d’une mise à jour d’ici la fin de l’année.

L’aide au gardiennage, financée par l’État et l’Union européenne, permet de soutenir l’embauche de plus de 500 bergers sur l’ensemble des estives pyrénéennes, avec un taux moyen de prise en charge qui s’élève à 70 % du salaire.

* Aujourd’hui, les soutiens de la présence de l’ours dans les Pyrénées manifestent à Toulouse à 11 h devant la préfecture de région. Ils veulent le remplacement de l’ours tué et la poursuite de l’enquête pour retrouver le tueur.


24/06/2020 - Le CEA est impliqué dans le dossier ours à travers le collectif "Cap Ours" qui réunit plusieurs associations ayant signé la charte CAP-Ours [8]. A ce titre nous sommes solidaires des déclarations et courriers donnés et envoyés par le collectif.
Nous pensons qu’il ne doit pas y avoir exclusion des uns ou des autres dans la résolution de cette difficulté liée à la présence d’animaux sauvages dans NOTRE nature Pyrénéenne. L’ours est un animal emblématique de nos montagnes. Il était là avant nous et on n’aurait pas eu besoin d’introduire des ours slovènes si on avait respecté sa présence normale en prenant les précautions qui s’imposent.

Il en est de même actuellement. L’ours a toute sa place en "montagnes Pyrénées" ainsi que le pastoralisme qui est une activité traditionnelle des éleveurs montagnards.

L’État a mis beaucoup d’argent pour ménager la co-existence de l’un et des autres ; il suffit que les éleveurs acceptent ces contraintes normales de gardiennage des troupeaux tel que l’État le propose. Regroupement de nuit avec présence de bergers et de chiens de défense correctement entraînés et maîtrisés, clôtures quand c’est nécessaire et présence humaine proche.
Alors pourquoi certains refusent de se plier à ces protocoles ? Pourquoi certains éleveurs acceptent sciemment de laisser le troupeau sans surveillance à des endroits sensibles à l’ours alors que les bergers concernés auraient, eux, le désir de les parquer ?

Lettre ouverte au Président de la République 18 juin 2020
Lettre à la ministre de l’Ecologie

Le dernier acte du 9 juin est insupportable car là il s’agit d’un "plantigradicide" ! Et nous le dénonçons avec force avec tous les citoyens et toutes les associations de France, de Navarre et du Monde. D’où la lettre ouverte ci-contre : Après la destruction d’un ours en Ariège - Lettre ouverte au Président de la République 18 juin 2020.

Communiqué de la Préfète et du Procureur après la découverte del’ours tué

Rappel de nos éditions antérieures :
Ours abattu en Ariège : 20 associations déposent plainte et exigent son remplacement immédiat
La marche blanche pour l’ours tué a pu avoir lieu "in extremis" à Foix ce samedi 20 juin
9 juin : un ours abattu par balles dans la région d’Aulus. Choquées, les associations porteront plainte !
Mort de l’ours Cachou dans les Pyrénées espagnoles : le juge catalan refuse de révéler les résultats de l’autopsie
La Dépêche interroge le CEA sur notre vision de la cohabitation humains-troupeaux-ours


26/07/2019

« Pastoralisme et ours : savoir raison garder ? » 25/07/2019

Le CEA s’exprime peu souvent dans la presse sur ce sujet qui donne fréquemment lieu à des déclarations, à des communications, à des articles de la part des groupes professionnels concernés, d’élus, de l’administration et de journalistes. C’est donc pour faire connaître notre positionnement en tant qu’association de protection de l’environnement favorable au maintien de la présence de cette espèce réintroduite et donc à la coexistence ours-pastoralisme, que nous avons envoyé aux divers médias locaux une lettre que vous pouvez lire, datée du 25/07/2019. Nous le faisons avec la modération qui convient à un sujet aussi sensible.


MàJ 21/02/2020 - Parole d’ours par Ferus.

Chaque année Ferus fait le bilan de la saison au contact des ours et de la sociologie-ours. Les habitants, les touristes, les commerçants, les agriculteurs, les élus locaux sont interrogés sur cette présence animale que beaucoup d’entre eux acceptent et admettent comme un PLUS pour nos vallées pyrénéennes.

Ce bilan 2019 commence ainsi :
Cette année notre enquête, qui reprenait les questions initiales de la première édition de parole d’ours en 2008, montre que tant les « pyrénéens » que les « visiteurs » sont très majoritairement favorables à la présence de l’ours (72% en 2019, 69 % en 2008). Une réalité que conforte toutes les enquêtes et les perceptions individuelles des bénévoles : « Je m’imaginais qu’il y avait plus d’anti-ours que ça ! En effet, ce n’est qu’une petite minorité mais qui fait beaucoup parler d’elle. »

Ce document est en lecture libre ici, en cliquant sur le lien ci-dessous qui vous reliera à notre secteur d’archivage sûr et contrôlé d’ArchiveHost.
https://www.archive-host.com/flb/index.php?link=17c21a72a3832ab93383


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MàJ 1er février 2020 - Ours et pastoralisme : une enquête exclusive de l’ASPAS.
Dans son objectif de sauvegarde de l’ours, l’ASPAS, Association pour la protection des animaux sauvages, a organisé au cours de l’été 2019 des visites dans les estives des départements pyrénéens, dont l’Ariège (09).

Entre le 30 juin et le 8 octobre 2019, une quinzaine de personnes ont effectué 24 sorties dans des zones à ours sur les estives fréquentées par les troupeaux, afin de procéder à certaines observations sur le terrain. Objectif : témoigner des moyens de gardiennage de troupeaux mis en place par les éleveurs, et proposer des solutions concrètes pour améliorer la cohabitation entre l’ours et les éleveurs, dans le plus grand respect de la faune et de la flore.

Lire le compte-rendu de cette enquête,ici.


MàJ 29 octobre 2019 - Le CEA fait partie de Cap Ours. Voici le communiqué après la réunion du 26 octobre 2019 :

CAP – Ours ( Coordination Associative Pyrénéenne pour l’Ours Pyrénées, Pays des Hommes, Pays des Ours)

Le 29 octobre 2019

Motion

Les associations membres de la coordination Cap ours, réunies le 26 octobre à Bagnères de Bigorre :

  • se réjouissent que 5 portées, 10 oursons, aient déjà été détectés cette année dans les Pyrénées.
  • renouvellent leur soutien à tous les éleveurs qui cet été ont fait la démarche de protéger leur troupeau et qui démontrent ainsi que la cohabitation est possible si les moyens préconisés sont adaptés et mis en oeuvre.
  • regrettent que l’État ait complètement ignoré cette année leurs positions et propositions sur l’ours pour une cohabitation apaisée ;
  • déplorent l’entêtement de l’État dans sa stratégie de « confrontation armée » avec l’ours plutôt que de privilégier les moyens de protection préventifs ;
  • constatent le bilan désastreux des mesures initiées par la feuille de route « Pastoralisme et ours », notamment les effarouchements et la surindemnisation de toutes les pertes déclarées comme dégâts occasionnés par l’ours ;
  • confirment que ces mesures incohérentes et contreproductives font l’objet de recours devant les Tribunaux compétents afin d’en obtenir l’annulation ;
  • souhaitent ardemment qu’un vrai dialogue puisse reprendre rapidement afin de préparer la prochaine saison pastorale sur de meilleures bases pour tous.

Les associations membres de CAP Ours : Altaïr Nature, Animal Cross, Association Nature Comminges (ANC), Comité Écologique Ariégeois (CEA), Conseil International Associatif pour la Protection des Pyrénées (CIAPP), FERUS (Groupe Loup France/ARTUS), Fonds d’Intervention Eco- Pastoral – Groupe Ours Pyrénées (FIEP), France Nature Environnement (FNE), France Nature Environnement Hautes Pyrénées (FNE 65), France Nature Environnement Midi- Pyrénées (FNE Midi-Pyrénées), Nature en Occitanie, Pays de l’Ours-Adet (Association pour le Développement Durable des Pyrénées), Société d’Etude de Protection et d’Aménagement de la Nature dans le Sud Ouest – Pyrénées-Atlantiques (SEPANSO 64), Société nationale de protection de la Nature (SNPN), Société Française pour l’Etude et la Protection des Mammifères (SFEPM), Sours, WWF France.

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MàJ 24 octobre 2019

Une délégation Cap Ours sera présente devant la Préfecture de Toulouse cet après-midi dès 15H afin de répondre à vos questions. et notamment pour rappeler :
 que tous les acteurs du dossier savent pourtant qu’une protection efficace des troupeaux repose sur le triptyque Berger compétent - regroupement nocturne du troupeau - Chiens de protection sélectionnés, éduqués et en nombre suffisant. Il a fait ses preuves partout où il est mis en œuvre ; dans toutes les montagnes du monde, et même dans les Pyrénées !

Bilan synthétique de la feuille de route « Pastoralisme et ours »2019

Le communiqué :

CAP-Ours Coordination Associative Pyrénéenne
pour l’Ours Pyrénées, Pays des Hommes, Pays des Ours

Le 24 octobre 2019

Ours : les associations saisissent la Justice

Les associations membres de la coordination Cap ours ne participeront pas au simulacre « d’échange et de partage » sur l’ours et le pastoralisme ce jeudi 24 octobre à la Préfecture de Toulouse.
N’ayant d’autre option en l’absence de dialogue possible, nous portons devant le Conseil d’Etat et les tribunaux administratifs compétents les principales mesures de la feuille de route « Pastoralisme et ours » de l’Etat, notamment l’effarouchement systématique des ours et la surindemnisation, y compris quand l’ours n’est pas en cause, du bétail trouvé mort.
En 2019, l’Etat a cru devoir expérimenter ces « solutions » exigées par les opposants à l’ours.
L’été qui vient de passer a montré, comme nous l’avions annoncé, que ces mesures ne sont ni pertinentes, ni efficaces, en plus d’être de notre point de vue illégales.
Le seul effet notoire du terrain cédé aux opposants les plus radicaux a été d’en décomplexer le discours : ils réclament maintenant rien de moins que le droit d’éliminer eux-mêmes les ours... !
Le bilan est donc désastreux (voir note détaillée ci-jointe) : les troupeaux ne sont pas mieux protégés et l’acceptation de l’ours s’est dégradée, le tout au prix de risques inconsidérés pour la sécurité des ours dont seul le bilan du suivi 2019 permettra d’évaluer les conséquences.
Attachés à un pastoralisme vivant, nous restons disponibles pour un vrai dialogue.
Rappelant que la restauration d’une population viable d’ours est un cadre légal non négociable, nous contesterons par tous les moyens légaux toute mesure qui oppose activité humaine et protection de la biodiversité.
Il n’y a pas d’autre voie que d’organiser ensemble, comme cela se fait partout ailleurs, une cohabitation responsable et aussi apaisée que possible.

Une délégation Cap Ours sera présente devant la Préfecture de Toulouse cet après-midi dès 15H afin de répondre à vos questions.

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MàJ 17 octobre 2019 : Un décodeur des parutions médiatiques sur l’ours est publié par Pays de l’ours-Adet et Ferus pour "tordre le cou" aux soi-disant informations sur les dossiers concernant l’animal emblématique des Pyrénées.
Vous trouverez ce "décodeur" à ces deux liens différents :
https://www.paysdelours.com/fr/les-infos/decodours.html
https://www.ferus.fr/actualite/decodours-pour-retablir-une-information-objective-sur-lours

Un exemple de ce décodage :

Décodours n°13

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Nous rappelons la parution de ce livre :

« Pourquoi la réintroduction de l’ours est-elle si difficile ? »

Une petite édition Pyrénéenne, "MonHélios", édite ce livre important pour cerner les problématiques diverses liées à la réintroduction de l’ours dans les Pyrénées. Le CEA, au vu de la qualification de son auteur et du sujet, a décidé d’annoncer sa parution et de relayer la vente du livre à prix coûtant (12 €). Nous envoyer un mail pour cela ou venir à la réunion des CA https://cea09ecologie.org/spip.php?rubrique43.
Foyers Ruraux 09 - 21 Rue des Chapeliers, 09000 Foix

MonHélios est allé trouver son auteur, Gérard Caussimont, naturaliste de terrain, depuis plus de 40 ans, et fin connaisseur de l’ours et des vallées pyrénéennes puisqu’il y a consacré sa thèse de doctorat, membre du Conseil scientifique du Parc national des Pyrénées, en lui demandant de répondre à cette question :
« Pourquoi la réintroduction de l’ours est-elle si difficile ? »

Gérard Caussimont est en cela le meilleur auteur que la maison d’édition pouvait « recruter ». S’il préside une association le Fonds d’intervention éco-pastoral (FIEP)-groupe ours Pyrénées qui met tout en œuvre pour que l’ours vive dans son habitat naturel et cohabite avec le pastoralisme, Gérard Caussimont est connu pour son pragmatisme, pour être à l’écoute, prônant le consensus, toujours ouvert au dialogue, et s’exprimant avec beaucoup de pédagogie, de manière construite et jamais à chaud.

Après réflexion, il a choisi de reprendre des affirmations souvent relevées dans des articles de journaux, entendues à la radio ou à la télévision, et de les remettre dans la réalité, dans le contexte.

Vrai ou faux ? Et surtout expliquer pourquoi le vrai ou pourquoi le faux, justifier la réponse.

Voilà. Un lecteur curieux qui veut se faire de lui-même son opinion trouvera dans ce livre tous les éléments lui permettant de se faire un avis.

La table des matières est dans le PDF ci-contre

Voici sa couverture (cliquer pour agrandir) :


[1A l’exception de la députée Bénédicte Taurine qui a exprimé son malaise par rapport à la composition de ce groupe

[2Coordination Associative Pyrénéenne pour l’Ours Pyrénées, Pays des Hommes, Pays des Ours

[3Commission Départementale de la Chasse et de la Faune Sauvage

[4Chaque année, il y a un rapport d’évaluation des mesures de protection.
Ce qu’il y a de très curieux c’est que depuis 2016, comme évoqué ci-dessous, en six ans, il n’y eu a aucun signalement (officiellement) de présence d’ours de moins de 24 heures par l’OFB ou un chasseur. En fait, on a l’impression étrange qu’un ours n’est signalé que quand il a pris un coup de fusil.
Mais dans la vallée d’Estours, tout le monde savait qu’il y avait plusieurs ours femelles....

[5Office Français de la Biodiversité

[6Sondage réalisé par l’IFOP les 17 & 18 novembre 2020 auprès d’un échantillon de 1007 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus - file :///C :/Users/Serge/AppData/Local/Temp/ifop-assos-sondage-remplacement-ours-2020.pdf

[7Plan d’action Ours brun, p19

[8Altaïr Nature, Animal Cross, Association Pyrénéenne Départementale des Accompagnateurs en Montagne des Pyrénées Orientales (66), Association Nature Comminges (ANC), Comité Ecologique Ariégeois (CEA), Conseil International Associatif pour la Protection des Pyrénées (CIAPP), FERUS, Fonds d’intervention Eco-Pastoral – Groupe Ours Pyrénées (FIEP), France Nature Environnement (FNE), France Nature Environnement Midi-Pyrénées, France Nature Environnement Hautes-Pyrénées (65), Mille Traces, Nature En Occitanie, Nature En Occitanie comité 65, Pays de l’Ours - ADET, Société d’Etude de Protection et d’Aménagement de la Nature dans le Sud Ouest - 64 (SEPANSO), Société Française d’Etude et de Protection des Mammifères (SFEPM), S’Ours, WWF France.