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mercredi 4 décembre 2019

Pesticides : on n’avait pas encore tout vu ! Les SDHI, empêcheurs de respirer. Depuis les vers de terre jusqu’aux humains

Si beaucoup de spécialistes montent au créneau aujourd’hui, c’est parce qu’une classe méconnue de fongicides, les SDHI, sont largement utilisés en agrochimie. Or ces inhibiteurs d’enzyme ont la propriété de bloquer la respiration cellulaire de tous les êtres vivants. Ils n’impactent pas seulement les champignons et les moisissures, mais une diversité d’organismes comme l’abeille domestique, le lombric ou… l’être humain. Scandale sanitaire ? On pourrait parler de crime contre l’humanité tant l’écocide en cours prend des allures de génocide.

Le mot est-il trop fort ? Pas pour le journaliste Fabrice Nicolino. Parmi les thématiques qui émaillent son dernier livre [1] , se trouve le cas particulier des SDHI, « ces pesticides que personne ne connaît, mais qui sont pourtant épandus partout en France ». Lui-même, qui enquête sur ces thèmes depuis plusieurs décennies, confesse n’avoir jamais entendu parler de ces substances avant 2018.

Pourtant, pointe-t-il à l’issue de son enquête, ils sont aspergés sur 80 % des surfaces de blé et d’orge, ainsi que sur les arbres fruitiers, les vignes, les tomates et les pommes de terre. On les trouve aussi sur les pelouses des stades de foot et les terrains de golf.

Quels sont les bienfaits de ces Succinate deHydrogenase Inhbitor, SDHI ? Ils sont censés s’attaquer au système respiratoire de ces ennemis de l’agriculture conventionnelle que sont les champignons. Le premier SDHI, la carboxine, a débarqué en France à la fin des années 1960, mais il faut attendre 2006 pour que BASF, touche massivement le marché français, en lançant le boscalid. Onze substances actives SDHI sont aujourd’hui autorisées !!! [2]

Des scientifiques, dont Pierre Rustin, directeur de recherches à l’Inserm qui a longuement étudié la question, s’inquiètent du rôle toxique des SDHI sur la santé des vers de terre (indispensables à l’agriculture) et des mammifères dont les humains. Schématiquement, l’action inhibitrice de ces substances peut causer des encéphalopathies, des cancers, et un grand nombre de maladies. Non seulement chez ceux qui les épandent, mais possiblement chez les consommateurs qui se retrouvent avec des SDHI dans l’assiette.

Ces alertes sont ignorées par l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses), qui conclut « à une absence de risque inacceptable » - c’est peu dire que l’Anses en prend pour son grade dans le livre de Nicolino. Et autorise donc à ce que les agriculteurs continuent tout comme avant à épandre les SDHI.

(Article repris partiellement du journal numériqueL’OBS)
Voir aussi un article de Reporterre sur le sujet.


Dans la même veine "L’État français complice des pollueurs-tueurs", la commission d’enquête parlementaire vient de rendre son rapport dans le dossier de la chlordécone. Selon ses conclusions dévoilées le 26 novembre, l’État français est bien le « premier responsable » de ce scandale sanitaire d’autant plus révoltant qu’il en émane des relents de racisme et de colonialisme.
Interdite aux États-Unis dès 1975, classée comme cancérogène possible par l’OMS en 1979, la chlordécone n’a été interdite en France métropolitaine qu’en 1990 et aux Antilles en 1993. Or sa malfaisance et sa rémanence étaient connues à Paris depuis 1969 ! Aujourd’hui, plus de 90% des Guadeloupéens et des Martiniquais sont encore imprégnés par ce « monstre chimique » pouvant provoquer des naissances prématurées, entraîner des troubles du développement et favoriser le cancer de la prostate. Avec 227 nouveaux cas pour 100 000 hommes chaque année, la Martinique détient le triste record mondial de cette pathologie cancéreuse.

Laisserons-nous encore les responsables politico-économiques nous tuer à petit-feu sans rien dire ?

Le collectif "Nous voulons des coquelicots" propose d’envoyer cette lettre personnalisée à nos élus :


[1« Le crime est presque parfait », Fabrice Nicolino, éditions Les liens qui libèrent

[2En avril 2019, le collectif Info Médoc Pesticides et l’association Éva pour la vie ont publié les résultats d’analyses de mèches de cheveux qu’ils ont réalisés sur des riverains et des travailleurs des vignes du Médoc. Sur ces derniers, des taux « hallucinants » de boscalid ont été détectés et quantifiés.

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