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mercredi 29 juin 2022

Après AgroParisTech 2022, ce sont des diplômés de Polytechnique qui alertent sur cette société folle

Des élèves diplômés de Polytechnique, à leur tour, déclarent solennellement devant leurs condisciples et professeurs réunis : STOP à notre façon de travailler, d’organiser et gérer la société !
Précédemment, de jeunes ingénieurs lucides montaient sur l’estrade pour mettre leur formation agricole au pilon.
Qu’est-ce qu’il se passe chez les jeunes intellectuels ? Eh bien, écoutez-les...

MàJ du 29 juin 2022 : Polytechnique : Voies/voix d’X face à l’urgence écologique et sociale. Discours prononcé le 25 Juin 2022 lors de la remise des diplômes de la promotion 2016 de l’École Polytechnique.

Des diplômé.e.s de la promotion X16 constatent que, malgré les responsabilités et l’impact positif qui leur sont promis depuis leur intégration, l’avenir qu’on leur propose est incompatible avec l’urgence écologique.
Face à ce constat, les élèves appellent à une profonde remise en question de leurs certitudes, de leur confort et de leur cadre de pensée.

Ils dénoncent des biais qui résultent de leur formation, tels le techno-solutionnisme et la réflexion hors-sol.

S’il est possible d’agir de multiples façons, il n’est plus permis de se voiler la face et encore moins de contribuer à l’aggravation de la situation.

Tous les diplômés et les alumnis [1] doivent donc s’engager, avec enthousiasme et détermination, pour construire un futur vivable, et surtout, un futur désirable.


MàJ 12 mai 2022 : Discours d’un groupe d’agros qui bifurquent à la remise des diplômes d’AgroParisTech 2022.
Contact : agros.bifurquent@protonmail.com

Des agros qui bifurquent : discours transcrits de la vidéo ci-dessus :

"Les diplômé.es de 2022 sont aujourd’hui réuni.es une dernière fois après trois ou quatre années à AgroParisTech.
Nous sommes plusieurs à ne pas vouloir faire mine d’être fières et méritantes d’obtenir ce diplôme à l’issue d’une formation qui pousse globalement à participer aux ravages sociaux et écologiques en cours.

Nous ne nous considérons pas comme les "Talents d’une planète soutenable".
Nous ne voyons pas les ravages écologiques et sociaux comme des "enjeux" ou des "défis" auxquels nous devrions trouver des "solutions" en tant qu’ingénieures.
Nous ne croyons pas que nous avons besoin de "toutes les agricultures".
Nous voyons plutôt que l’agro-industrie mène une guerre au vivant et à la paysannerie partout sur terre.
Nous ne voyons pas les sciences et techniques comme neutres et apolitiques.
Nous pensons que l’innovation technologique ou les start-up ne sauveront rien d’autre que le capitalisme.
Nous ne croyons ni au développement durable, ni à la croissance verte.
Ni à la "transition écologique", une expression qui sous-entend que la société pourra devenir soutenable sans qu’on se débarrasse de l’ordre social dominant.

AgroParisTech forme chaque année des centaines d’élèves à travailler pour l’industrie de diverses manières :

  • Trafiquer en labo des plantes pour des multinationales qui asservissent toujours plus les agricultrices et les agriculteurs
  • Concevoir des plats préparés et des chimiothérapies pour soigner ensuite les malades causées,
  • Inventer des labels "bonne conscience" pour permettre aux cadres de se croire héroïques en mangeant mieux que les autres,
  • Développer des énergies dites « vertes » qui permettent d’accélérer la numérisation de la société tout en polluant et en exploitant à l’autre bout du monde,
  • Pondre des rapports RSE [Responsabilité Sociale et Environnementale] d’autant plus longs et délirants que les crimes qu’ils masquent sont scandaleux,
  • Ou encore compter des grenouilles et des papillons pour que les bétonneurs puissent les faire disparaitre légalement,
  • À nos yeux, ces jobs sont destructeurs et les choisir c’est nuire en servant les intérêts de quelques uns.

Si notre cursus à AgroParisTech nous a mis en avant ces débouchés, on ne nous a jamais parlé des diplômé.es qui considèrent que ces métiers font davantage partie des problèmes que des solutions et qui ont fait le choix de déserter.

Nous nous adressons à celles et ceux qui doutent,

A vous qui avez accepté un boulot parce qu’"il faut bien une première expérience",
A vous dont les proches travaillent à perpétuer le système capitaliste,
Et qui sentez le poids de leur regard sur vos choix professionnels,

A vous qui, assises derrière un bureau, regardez par la fenêtre en rêvant d’espace et de liberté,
Vous qui prenez le TGV tous les week-ends, en quête d’un bien-être jamais trouvé,

A vous qui sentez un malaise monter sans pouvoir le nommer,
Qui trouvez souvent que ce monde est fou,
Qui avez envie de faire quelque chose mais ne savez pas trop quoi,
Ou qui espérez changer les choses de l’intérieur et n’y croyez déjà plus vraiment,

Nous avons douté, et nous doutons parfois encore. Mais nous avons décidé de chercher d’autres voies, de refuser de servir ce système et de construire nos propres chemins.

Comment est-ce que ça a commencé ?

Nous avons rencontré des gens qui luttaient et nous les avons suivis sur leurs terrains de lutte. Ils nous ont fait voir l’envers des projets qu’on aurait pu mener en tant qu’ingénieur.e.s.
Je pense à Cristiana et Emmanuel, qui voient le béton couler sur leurs terres du plateau de Saclay,
Ou à ce trou desséché, compensation dérisoire à une mare pleine de tritons,
Et à Nico, qui voit de sa tour d’immeuble les jardins populaires de son enfance rasé pour la construction d’un écoquartier.

Ici et là, nous avons rencontré des personnes qui expérimentent d’autres modes de vies,
qui se réapproprient des savoirs et savoirs-faire pour ne plus dépendre du monopole d’industries polluantes,
Des personnes qui comprennent leur territoire pour vivre avec lui sans l’épuiser,
Qui luttent activement contre des projets nuisibles
Qui pratiquent au quotidien une écologie populaire, décoloniale et féministe,
Qui retrouvent le temps de vivre bien et de prendre soin les uns les unes des autres,

Toutes ces rencontres nous ont inspirées pour imaginer nos propres voies :

Je prépare une installation en apiculture dans le dauphiné.
J’habite depuis deux ans à la ZAD de Notre Dame des Landes où je fais de l’agriculture collective et vivrière, entre autres choses
J’ai rejoint le mouvement des Soulèvements de la terre pour lutter contre l’accaparement et la bétonisation des terres agricoles à travers la France.
Je vis à la montagne où j’ai fait un boulot saisonnier et je me lance dans le dessin.
Je m’installe en collectif dans le Tarn, sur une ferme Terres de Liens, avec 4 autres maraîchers, un céréalier et 3 brasseurs.
Je m’engage contre le nucléaire.
Je me forme aujourd’hui pour m’installer demain et travailler de mes mains.

Nous sommes persuadées que ces façons de vivre nous rendront plus heureuses, plus fortes, et plus épanouies.
Nous voulons pouvoir nous regarder en face demain et soutenir le regard de nos enfants.

Vous avez peur de faire un pas de côté parce qu’il ne ferait pas bien sur votre CV ?
De vous éloigner de votre famille et de votre réseau ?
De vous priver de la reconnaissance que vous vaudrait une carrière d’ingé agro ?

Mais quelle vie voulons-nous ?
Un patron cynique, un salaire qui permet de prendre l’avion, un emprunt sur 30 ans pour un pavillon, tout juste 5 semaines par an pour souffler dans un gîte insolite, un SUV électrique, un fairphone et une carte de fidélité à la Biocoop ?
Et puis.. un burn-out à quarante ans ?

Ne perdons pas notre temps !
Et surtout ne laissons pas filer cette énergie qui bout quelque part en nous !
Désertons avant d’être coincés par des obligations financières
N’attendons pas que nos mômes nous réclament des sous pour faire du shopping dans le métavers, parce que nous aurons manqué de temps pour les faire rêver à autre chose
N’attendons pas d’être incapable d’autre chose qu’une pseudo-reconversion dans le même taf, mais repeint en vert.
N’attendons pas le 12ème rapport du GIEC qui démontrera que les États et les multinationales n’ont jamais fait qu’aggraver les problèmes et qui placera ses derniers espoirs dans les révoltes populaires.

Vous pouvez bifurquer maintenant.
Commencer une formation de paysan-boulanger,
Partir pour quelques mois de wwoofing,
Participer à un chantier dans une ZAD ou ailleurs,
Rejoindre un week-end de lutte avec les Soulèvements de la Terre,
S’investir dans un atelier de vélo participatif ?
Ça peut commencer comme ça.

A vous de trouver vos manières de bifurquer."

Les commentaires sont évidemment en majorité élogieux :
https://www.youtube.com/watch?v=SUOVOC2Kd50


Dans la même veine :

Afterres2050" : quelle utilisation des terres en 2050 en France ?

Parfois, la meilleure manière de répondre à une question est d’en poser une autre. Pouvons- nous résoudre les questions d’alimentation et de gestion des territoires en manipulant une seule unité, la monnaie et avec un seul outil, le marché ? Si vous répondez oui à ces deux questions, ne lisez pas le scénario Afterres2050.

Mais si vous pensez que la beauté, la biodiversité, la solidarité, un arbre, une vache, 3000 ans d’histoire ne se résument pas à leur valeur en dollars, en euros, … alors vous comprendrez tout l’intérêt d’Afterres2050.

SOMMAIRE de l’article :

Les étapes du projet

- Genèse
- Mise en discussion
- Seconde étape : déclinaison régionale et approche socio-économique
- Troisième étape : propositions d’actions

Principes et valeurs
- Raisonner la consommation
- Mobiliser des pratiques et techniques maîtrisées
- Privilégier des voies sans regret
- Développer une approche holistique
- Imaginer un projet ambitieux

Les enjeux d’Afterres2050
- Mieux nourrir une population croissante
- Nourrir le monde
- Produire du carbone renouvelable pour l’énergie et les matériaux
- Lutter contre l’artificialisation des terres agricoles
- Reconquérir la qualité de nos ressources en eau
- Préserver la biodiversité et restaurer les écosystèmes
- Faire du maintien de la fertilité des sols le pivot de la durabilité des ystèmes agricoles
- Prendre en compte l’ensemble de la chaîne alimentaire dans la lutte contre le changement climatique
- Adapter les agrosystèmes et la forêt aux changements climatiques
- Faire vivre une agriculture et des territoires ruraux dynamiques

La construction du scénario Afterres2050 le modèle MoSUT

- Etape 1 : Alimentation humaine
- Etape 2 : Bilan d’approvisionnement par denrée agricole
- Etape 3 : Systèmes de cultures
- Etape 4 : Systèmes d’élevage
- Etape 5 : Calcul des surfaces agricoles
- Etape 6 : L’utilisation des sols
- Etape 7 : L’impact climatique et environnemental
Gaz à effet de serre et stock de carbone
Bilan d’azote
Indicateurs environnementaux
- Etape 8 : Usages non alimentaires de la biomasse

Hypothèses et résultats
L’alimentation humaine
 Manger mieux et un peu moins
 Gaspiller moins, recycler plus
 Trouver un nouvel équilibre entre protéines animales et végétales
 Réduire le calcium apporté par les produits laitiers
 L’assiette Afterres2050
 Une évolution alimentaire, sans rupture
Importations, exportations
 Afterres2050 et les scénarios mondiaux
 Les hypothèses adoptées dans Afterres2050
Les cultures
 Quels systèmes agricoles dans Afterres2050 ?
 Mixité des productions et allongement des rotations
 Introduction massive de légumineuses et maîtrise de la fertilisation
 Approche holistique des agrosystèmes : potentialiser les facteurs
de production biologique et la fertilité des sols
 A quoi ressemble une parcelle compatible Afterres2050 ?
 La scénarisation des rendements
Les élevages

 Intensif, extensif ? Monogastriques, ruminants ? Herbe ou grains ?
 Porcs et volailles
 Ruminants
 Ovins, caprins
Utilisation des terres
 Les productions végétales agricoles
 Les surfaces agricoles
 De nouveaux systèmes agropastoraux
 De nouvelles affectations à imaginer
 Les surfaces non agricoles
La forêt
 La forêt française en quelques chiffres
 Les prélèvements actuels
 Les prélèvements futurs, avec une sylviculture productive et écologique
Energie et valorisations non alimentaires de la biomasse
 Produire des bioénergies avec la biomasse agricole et forestière
 Le biogaz
 Le bois
Evaluation environnementale

 Les intrants
 Les émissions de gaz à effet de serre
 La qualité de l’air
 Des agrosystèmes plus résistants au changement climatique
Synthèse
 Synthèse des principaux résultats
 Du scénario au modèle Afterres2050 : la transition
 Suites et perspectives

A lire en cliquant sur le lien ci-dessous :


[1Les alumni (alumnus au singulier) désignent les anciens élèves d’un établissement. Par extension, le terme sert à nommer les associations d’anciens élèves. Dans ces associations, les anciens élèves d’un même institut scolaire se retrouvent pour, notamment, continuer à maintenir les liens de camaraderie tissés pendant les études.

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