Comité Ecologique Ariégeois

Association départementale agréée de protection de l'environnement en Ariège

LE COMITÉ ÉCOLOGIQUE ARIÉGEOIS A 40 ANS CETTE ANNÉE ! "40 ans, c’est l’âge où l’on devient ce que l’on est." Charles Peguy

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vendredi 23 décembre 2016

Ecobuage - une pratique ancestrale dévoyée - le blog actualisé

Où s’arrête le nettoyage d’une parcelle en jachère et où commencent les rivalités et les gestes maniaques ?

La question des écobuages se renouvelant chaque année, nous ferons de cet article un blog qui s’actualisera par le haut.

Edit 23/04/2019 : Consultation du public :

Arrêté préfectoral réglementant l’emploi du feu à l’intérieur et jusqu’à 200 mètres d’espaces naturels combustibles dans le cadre de la prévention des incendies de forêts

Période de consultation du public : du 15 Avril au 07 Mai 2019 inclus. Nouvelles dates suite au lien internet non valide : 24 avril au 15 mai inclus.

Projet AP feux-écobuage

Après avoir lu le projet (PDF ci-contre) vous pouvez formuler vos observations :

- soit par voie postale, par courrier adressé à la direction départementale des territoires – service environnement- risques – BP 10102 – 10 rue des Salenques – 09007 FOIX CEDEX.

- soit en utilisant le formulaire en ligne http:/xxxxxxxxxxxxx. En espérant que le lien fonctionne bientôt. Il ne l’était pas au 23/04/2019 11H

Voilà, le nouveau lien fonctionne maintenant : http://enqueteur.ariege.equipement-agriculture.gouv.fr/index.php/775698?lang=fr

AVIS IMPORTANT : Ce formulaire est paramétré pour éviter les répétitions de réponses provenant d’une même personne (mémorisation de l’URL par le robot-enquêteur). Ainsi, vous ne pourrez pas modifier vos observations ni en émettre de nouvelles après validation du questionnaire.

Le présent formulaire comprend :

3 champs d’informations générales,

2 question à choix multiple concernant votre avis général sur les projets d’arrêté et de plan d’actions (un seul choix possible)

2 zones de texte vous permettant d’exposer, un par un, les arguments étayant vos avis.

En cas de problème, d’erreur ou si le nombre de vos arguments est supérieur à 5, veuillez adresser un message à l’adresse suivante : philippe.blot@ariege.gouv.fr

***

Avis du CEA : Cet AP fait trop la part belle à l’incinération sans mentionner d’autres techniques alternatives telles que le broyage.
Avec cet AP on aura encore beaucoup trop de fumées et d’incendies (involontaires ?) dans nos montagnes. Les sanctions (déjà prévues dans l’arsenal juridique) sont à peine mentionnées. Beaucoup de paperasses pour pas grand chose car aucune mesure de contrôles, de police et d’investigation à posteriori n’est prévue pour les délinquants incendiaires "fantômes"... et comme ce sont ces individus qui posent problème et pas les adeptes de l’écobuage contrôlé ...
Autre question : Et au-delà des 200 m mentionnés dans l’AP, que deviennent ces préconisations ? On brûle sans restriction ? Nous signalons que ce n’est pas seulement les destructions d’écosystèmes ou biotopes qui font problème mais aussi les productions cancérigènes de fumée dans l’atmosphère et au fond des vallées. Les habitants en ont assez de respirer par force les fumées produites par les écobueurs !


Edit 08/04/2019 : Enfin, les autorités départementales décident que ces feux "d’écobuage" non déclarés sont criminels et qu’il est temps de réagir. Effectivement il est grand temps, après un automne et un hiver suffocants de fumées dans les vallées.
Mais aussi, 70 pompiers mobilisés, 100 hectares détruits : un écobuage non-maîtrisé a fait des ravages en Ariège le 3 mars dernier. Un incendie provoqué en pleine période de chaleur, alors qu’un arrêté préfectoral interdisait temporairement l’emploi du feu du 28 février au 6 mars.

En forêt d’Orle, le résultat est lamentable :

Le CEA par l’intermédiaire de son président porte plainte contre X ou éventuellement contre les auteurs de ces incendies.

Et bien sûr, les médias relaient, à juste titre, l’évènement :
La Dépêche du Midi :
Marcel Ricordeau, Président du comité écologique ariégeois (CEA)

Pourquoi avoir choisi de déposer plainte après le feu du 3 mars ? Et quel est le motif de cette plainte déposée par le CEA et France nature environnement (FNE) Midi-Pyrénées ?

« Tout simplement parce que cet écobuage a eu lieu en pleine période d’interdiction des feux par un arrêté préfectoral du 28 février. Certes, il y avait eu des feux avant le 3 mars mais il n’y avait pas cet arrêté. Là, pour le sinistre de Bédeilhac-et-Aynat, cela nous est apparu comme une provocation. Et c’est aussi le feu qui a causé le plus de dégâts et nécessité les moyens les plus importants, dont quatre canadairs qui ont dû effectuer beaucoup de rotations. Ensuite, cette plainte comporte deux motifs. Le premier, contraventionnel, est l’exercice d’un écobuage interdit par un arrêté préfectoral. Le second motif est un délit : la destruction non autorisée de l’habitat d’espèces animales protégées sur le territoire national. »

Quelle est la position du CEA à propos de cette pratique agricole ?

« Nous ne contestons pas que les agriculteurs revendiquent que les écobuages sont une pratique ancestrale. Mais nous constatons que le milieu a évolué : il s’est largement embroussaillé, notamment à cause de la déprise. Ensuite, avant, il s’agissait de feux à passage rapide (c’est-à-dire avec peu de choses à brûler) qui ne chauffaient donc pas les sols, contrairement aux feux d’aujourd’hui. Donc, pour nous, les pratiques agricoles pour débroussailler la montagne doivent évoluer. Car les écobuages, contre lesquels nous ne sommes pas opposés à condition qu’ils soient déclarés et, surtout maîtrisés, ont un impact sur l’environnement mais qui ne se voit que quelques années plus tard : on voit des arbres mourir cinq ans après un écobuage mal maîtrisé. Et on s’aperçoit également que les feux répétés ne détruisent pas la fougère. Au contraire, on a l’impression que cela la stimule. Donc, les feux ne sont pas utiles. »

Que préconisez-vous alors pour remplacer les écobuages ?

« Le débroussaillage mécanique, par exemple, serait une solution. Certes, réalisable plus ou moins facilement selon les secteurs. Mais, pour les pentes trop fortes, il existe des débroussailleuses téléguidées que les agriculteurs pourraient s’acheter en commun — ils savent le faire. Ce n’est qu’une solution parmi d’autres. Et c’est aux agriculteurs de réfléchir comment faire. Quitte, pourquoi pas, à ce qu’ils voient avec l’administration s’il n’est pas possible d’assouplir la réglementation : nous n’y sommes pas opposés, notamment pour les délais de déclaration. Mais il faut que certains agriculteurs arrêtent de faire n’importe quoi afin de ne plus faire brûler la montagne. »

Voir l’article LDDM dans lequel sont également interrogés Le colonel Jean-François Galtié, directeur adjoint du service départemental d’incendie et de secours de l’Ariège (SDIS 09) et Ph. Lacube Président de la chambre d’agriculture.

Voir aussi :
France 3 Occitanie
France Bleue


Edit 23/02/2019 -
Ces feux de montagne qui n’ont, pour beaucoup, aucune légalité puisqu’ils doivent tous être déclarés [1], polluent l’air que chacun respire, détruisent des ha et des ha de biodiversité, font se déplacer les pompiers dans des conditions difficiles et dangereuses... mais ça ne fait rien on continue puisque "MOI, j’y gagne !".
Les raisons de ces incendies ont des motivations diverses ; entre se faire une estive nickel, se bichonner un espace de chasse aux dépends du voisin (qui fait de même pour se venger) ou préserver ses espaces à morille, les raisons sont toutes liées à l’égo des utilisateurs de la montagne qui se l’ont appropriée personnellement ou tribalement.

Mais rassurez-vous, braves gens qui suffoquez dans les vallées et les villes du fait de cette fumée illicite, l’administration veille. Ne pensez pas qu’elle est ignorante de ces actes coupables. Non ! Son action de protection de la santé des populations s’affiche ...dans une page internet du 22 février 2019 Incendies en Ariège : appel à la prudence

La préfecture rappelle les règles, ce qui est bien, mais ne fait rien pour les faire respecter ou réprimer les contrevenants. Alors qui va le faire ?
Les incendiaires ont de beaux jours (enfumés) devant eux.


Edit 18/02/2019 -
Un témoignage de la désolation des montagnes nous est parvenu par un adhérent Couseranais. Nous le reproduisons ici (sans mentions personnelles)

Bonsoir
Spectacle de désolation du Marsan ce week-end. Samedi ............, j’ai discuté avec un gars en tenue de "police de l’environnement", visiblement dépité, qui me disait qu’il fallait être au bon endroit, au bon moment (...pour sanctionner les incendiaires - edit ADMIN). Quand je lui ai demandé à quel sujet, il m’a répondu : "ça crame partout" ! C’est vrai que j’avais remarqué un voile blanc au nord du massif de Sourroque le midi, qu’on aurait pu prendre pour un voile nuageux, mais qui était en fait un voile de fumée qui a pollué la moitié du Couserans avec le vent ! Quand je suis rentré chez moi le soir dans la nuit, j’ai tout de même mieux compris ses propos : vers Riverenert, les collines étaient en feu ! Ça brûle depuis 2 jours et on voyait encore des flammes ce soir quand la nuit est tombée. Ce dimanche aprem, sans compter les nombreux feux de déchets verts habituels sur St-Girons, 2 gros départs simultanés, vers Saudech, versant nord St Girons et versant sud côté Moulis. J’ai prévenu les pompiers pour ceux-là.

Ce soir, le coucher de soleil avait un air de désolation : la neige blanche des montagnes était voilée de fumée noire tandis qu’à l’ouest montaient encore plusieurs colonnes.

Moi aussi je suis dépité, voire révolté par ces pauvres inCONScients ! Mais que faire de plus ?

Réponse CEA :
Nous rappelons que l’écobuage ne peut se faire qu’avec précaution et à condition d’être autorisé par la mairie ou la préfecture selon les cas. Nous disions (janvier 2017) dans ce même article :
"Le CEA est particulièrement sensible à ce phénomène qui apparaît comme normal pour les éleveurs qui ont toujours procédé à l’écobuage ; mais les temps ont changé et l’urgence climatique devrait pousser l’administration à faire modifier cette pratique.
Nous mentionnions les nouveaux outils de débroussaillage qui évitent le brûlage en montagne.
A votre question "Que faire", nous invitons les lecteurs et les adhérents du CEA à faire ce que vous avez fait : téléphoner à la préfecture, à la DDT, à la DREAL, à l’ARS, tous les services qui peuvent s’emparer du problème et leur suggérer d’indiquer aux éleveurs la pratique du débroussaillage mécanique. Les subventions de la PAC sont assez conséquentes pour que les agriculteurs puissent investir dans ces machines performantes. A la place d’un 3 ou 4ème tracteur inutile ?"


Edit 12/12/2018
C’est reparti ! Les écobuages "non maîtrisés" font toujours des dégâts. La Dépêche du Midi relate celui de Suc et Sentenac (mardi soir) :

Depuis ce mardi soir, une trentaine de pompiers sont mobilisés dans la commune de Suc-et-Sentenac, à quelques kilomètres de Vicdessos en Ariège, pour maîtriser un feu de végétation. Provoqué par un écobuage mal maîtrisé – une pratique ancestrale qui consiste à brûler une partie de la végétation pour nourrir le sol – le feu d’humus a démarré à 1000 m d’altitude, à proximité de la forêt domaniale.

L’enjeu environnemental est d’autant plus important que celle-ci sert aussi de forêt de protection contre les avalanches. En raison du milieu montagneux dans lequel se déroule l’intervention, les pompiers, venus d’Auzat, de Foix et de Vèbres, procèdent à l’extinction du feu à pied.

L’intervention devrait se dérouler jusqu’à la fin de journée.

(la Rédaction du CEA) : Geste stupide = dégâts pour la faune, la flore, les poumons des riverains, les pompiers et l’économie en général. La stupidité et l’égocentrisme de ceux qui ne se préoccupent de rien d’autre qu’eux-mêmes.


Edit 12 mars 2017
LDDM Écobuage : 50 hectares partent en fumée
Hier, les flammes ont ravagé une cinquantaine d’hectares sur les hauteurs d’Axiat, près de Luzenac. L’incendie a nécessité l’intervention de deux groupes d’intervention feux de forêts (GIFF) pour venir à bout d’un front de feu de plus de 200 mètres de large.
Par ailleurs, une dizaine de départs de feu ont été signalés en haute Ariège hier.

Edit 01 mars 2017
Depuis plusieurs jours la montagne brûle à Auzat  : l’Etat et le SDIS [2] décident enfin d’agir. La préfète de l’Ariège Marie Lajus et Alain Naudy, le président du SDIS de l’Ariège , viennent d’annoncer leur dépôt de plainte pour incendie volontaire et mise en danger de la vie d’autrui auprès du parquet de Foix suite à l’incendie qui brûle depuis dimanche sur les hauteurs de Marc, un hameau d’Auzat dans la vallée du Vicdessos en Ariège.

Edit 25 janvier 2017
LDDM du 25/01/2017
Les pompiers ariégeois ont été également souvent mis à contribution, au cours de l’année passée, pour maîtriser d’importants feux de végétation, pour certains provoqués par des écobuages mal maîtrisés. "Je me satisfais de la qualité des interventions qui ont été menées. Mais je ne peux pas me satisfaire du manque de maîtrise de ces pratiques. J’en appelle à plus de responsabilité dans ce domaine", souligne le chef de corps départemental.

Edit 9 Janvier 2017 - bis
Lu dans LDDM pour les incendies de Suc et Sentenac :
"À l’arrivée, plusieurs centaines d’hectares ont été la proie des flammes. Ce qui provoque « tristesse et colère » de la part d’Aline Romeu, maire de la commune. « Il est désolant de voir ce gâchis », soupire-t-elle, précisant « se réserver la possibilité de déposer plainte contre X ». Si jamais ce feu s’avérait provenir d’un écobuage sauvage, c’est scandaleux. Il faut que l’omerta cesse. Sur ma commune, deux éleveurs et un agent communal ont été formés pour le pratiquer dans les règles, il faut arrêter de faire n’importe quoi »."
Au CEA nous sommes d’accord pour que l’omerta cesse et nous appuierons Mme le maire de Suc et Sentenac si elle porte plainte devant la justice car ces pratiques ne doivent plus avoir lieu et nous invitons Mme la Préfète à le dire haut-et-fort !


Edit Janvier 2017 :
Un adhérent nous écrit :
Bonjour
qu’est ce que l’on peut faire face à l’énorme pollution générée par les écobuages qui ont lieu depuis 15 jours sur les différents massifs alentours
J’ai téléphoné à la DDT mais tout le monde s’en fout.
ceci dit : bonne année et bon combat !

Réponse ADMIN :
Le CEA est particulièrement sensible à ce phénomène qui apparaît comme normal pour les éleveurs qui ont toujours procédé à l’écobuage ; mais les temps ont changé et l’urgence climatique devrait pousser l’administration à modifier cette pratique.
Dans notre article sur le sujet (Ecobuage - une pratique ancestrale dévoyée - questions/réponses et témoignages) nous mentionnons les nouveaux outils de débroussaillage qui évitent le brûlage en montagne.
A votre question "Que faire", nous invitons les lecteurs et les adhérents du CEA à faire ce que vous avez fait : téléphoner à la préfecture, à la DDT, à la DREAL, à l’ARS, tous les services qui peuvent s’emparer du problème et leur suggérer d’indiquer aux éleveurs la pratique du débroussaillage mécanique. Les subventions de la PAC sont assez conséquentes pour que les agriculteurs puissent investir dans ces machines performantes. A la place d’un 3ème tracteur inutile ?


Brûlage dirigé - témoignage vécu

Edit Décembre 2016 : nous recevons ce témoignage (PDF) mitigé d’une adhérente.

A la suite de ce témoignage (brûlage dirigé), D.... nous envoie sa réflexion :
Oui l’idée est bonne. Ce serait encore mieux de montrer aussi "l’alternative" L... D....... avec son engin de débroussaillage téléguidé qui a l’immense avantage de restituer les déchets de broussaille au sol.

Voir la vidéo ci-dessous :


Débroussaillage télécommandé : un jeu d'enfant ! par La_Volonte_Paysanne

Il faudrait aussi ajouter le fait que du brûlage en dehors des périodes de nidification des oiseaux (mi-mars à mi-juillet) et en dehors de la période d’hivernages des petits mammifères, reptiles et amphibiens (mi-octobre à mars) est impératif, surtout pour des grandes surfaces de plus d’un hectare.

Toutes ces données sont un peu au pif, faudrait les vérifier.

Soulignons aussi qu’après avoir brulé il faut pouvoir y mettre suffisamment de bêtes pour éviter que les repousses de ligneux se transforment en nouveaux buissons et ronciers pour y remettre le feu quelques années plus tard !

Si c’est juste pour pouvoir encaisser des primes de la PAC, ce n’est écologiquement pas vraiment justifié.


[ Edit 27 janvier 2016 : le Conseil d’Administration du CEA vote cette résolution : "FNE Midi Pyrénées a porté plainte contre X pour les importants incendies récents sur le département pour destruction de biotope.
Délibération pour se joindre à la plainte de FNE est soumise au vote : voté à l’unanimité."
]


Article initial (12 janvier 2016)

Bonjour.

Quelle est la position du CEA sur les écobuages ? A l’heure de la COP21, du changement climatique, des pollutions aux particules fines...est-ce une pratique écologiquement défendable ? Quand on voit les analyses des feux de déchets verts reprises par l’ADEME qui ont conduit à leur interdiction, ne doit-on pas faire de même avec les écobuages en cessant de les considérer comme "une valorisation par le feu" mais comme une pollution ?

Réponse de D... à l’interrogation sur les écobuages (en-tête de l’article) :
Bonjour J.........,

à vrai dire, même si ces brûlages sauvages nous énervent, nous n’avons encore jamais pris de position collective.
Ceci dit, je peux vous donner ma propre position.

L’écobuage, c’est-à-dire une destruction des parties aériennes des plantes ligneuses par un feu dirigé, surveillé de près par une personne qui reste sur place, tenant compte de la météo (pas de vent, pluie annoncée dans les heures qui suivent etc) peut être tout à fait acceptable pour récupérer des surfaces de pacage inaccessibles par des moyens mécanisés.

C’est le cas des Bruyères et des Rhododendrons en estives de haute montagne, des pâturages pentus envahis de ronces, de prunellier et éventuellement de Genêts dans les coteaux.
Ce sont les apiculteurs qui n’apprécient pas trop. Mais la floraison est souvent bien plus fournie sur les jeunes pousses qui ne tardent pas à revenir au bout de quelques années.
Contre les fougères c’est parfaitement contre-productif. Celles-ci craignent l’azote (fourni par les genêts entre autres). Par contre elles sont friandes de potasse dont les cendres sont riches.
Débarrassées de la concurrence, elles profiteront bien mieux les années après et prolifèreront d’autant plus.

Ce qu’on voit tous les hivers chez nous en montagne, quand le vent du sud a bien tout desséché, n’a rien à voir avec de l’écobuage, mais c’est de la pyromanie maladive, de la folie du briquet qui s’empare de certains cinglés de la montagne, c’est une fièvre contagieuse qui se déclare chez eux à la vue de la moindre fumerolle à l’horizon.

C’est une maladie mortelle pour plein d’animaux qui se réfugient pour l’hiver dans des tas de branches, des ronciers et des amoncellements de feuilles mortes. (Petits mammifères, reptiles et amphibiens, insectes….)

Du côté des naturalistes on nous explique parfois que certaines espèces dépendent pour leur survie de ces zones de brûlis. Je suis d’accord, mais de là à cramer toute la montagne ariégeoise, il y a un pas franchi qui est indéfendable.

En plus, de nombreuses granges y ont laissé leur peau ; il n’en reste plus beaucoup dans ces zones, mais elles y passeront aussi.

Plus insidieux, ce sont les forêts de montagne qui sont détruites petit à petit. Dans une pente un peu raide des branches et des brindilles, des feuilles mortes s’accumulent en amont des troncs.
Là où un simple feu de feuilles passe assez vite et ne fait souvent pas de dégâts à l’écorce des arbres, l’accumulation de matières combustibles maintient le feu pendant une durée assez longue. Suffisamment pour détruire l’écorce en profondeur. Dans les années qui suivent le feu, l’écorce morte se détache et l’arbre pourrit du pied.
Une bonne neige, un coup de vent et des hectares de belle forêt se couchent et pourriront sur place. Là aussi la repousse se fera. Mais il faut plusieurs siècles pour reformer une vieille forêt de montagne avec toute sa biodiversité.

La rumeur (bien renseignée) nous dit que se sont souvent les chasseurs qui mettent le feu dans l’ACCA voisine pour pousser les gibiers des autres vers leur commune et pouvoir les flinguer chez eux. Et les autres, pas con, font pareil.
J’en connaissais un aussi du côté de Seix, paix à son âme, qui mettait le feu tous les ans au printemps pour mieux voir les morilles.
Quand il est mort et qu’il n’y a plus eu le feu l’année suivante, on a su que c’était lui. Trop tard pour porter plainte.

Le problème est là. Tant qu’on n’attrape pas ces couillons sur le fait, on a beau savoir avec une quasi-certitude, qui c’est, la plainte contre X, elle, fait pschitt !

Donc s’il y en a qui veulent s’occuper de ce dossier, ce serait bien. Je ne peux pas m’engager pour le conseil d’administration, mais je pense que, s’il y a un jour le moyen de porter plainte contre un pyromane pris sur les faits, le CEA sera d’accord pour le faire.

En ce qui concerne les particules fines et la COP21 je crains que nous nous fassions un peu "enfumer", si tu me permets cette formule.

Quand j’étais jeune, disons il y a cinquante ans environ, les camions, les tracteurs, les engins de chantier, sans parler du chauffage au charbon, tout ça dégageait de nuages noirs, épais, irrespirables qui se retrouvaient dans l’air.
Et pourtant quand ma mère est tombée malade d’un cancer du sein, ça passait presque pour une maladie honteuse, tellement c’était encore rare.

Je vais faire un petit détour écologique :
Les masques à gaz et autres COV (composés organiques volatiles) contiennent dans leur filtre du charbon actif. Or, les particules atmosphériques, dont on nous rabat les oreilles, sont en bonne partie composées de carbone, de suie. Ces particules de carbone offrent une très grande surface et sont capables d’adsorber une très grande variété de substances chimiques (comme par exemple le tétrachloréthylène de la source de l’Ayroule à Foix).
Faut aussi savoir que la moitié à deux tiers des substances actives pulvérisées par nos agriculteurs à la « pointe du progrès » se retrouvent dans l’air après l’évaporation des gouttelettes de l’aérosol qui les transportait. (étude de l’INRA)

Et là, honnêtement, j’extrapole un peu : pourquoi ces particules de carbone, flottant dans l’air n’adsorberaient-elles pas ces molécules des divers pesticides qui passeraient à proximité comme elles le font dans les masque à gaz et autre filtres à charbon ?
Ensuite « il nous suffit » de les respirer bien profondément pour faire les dégâts bien connus dans le corps.
Alors, cette polémique autour des particules ne cacherait-elle pas une énième manœuvre de l’industrie des pesticides, pour faire diversion, afin qu’on ne se rende pas trop compte de leur énorme responsabilité dans l’explosion de cancers à laquelle nous assistons actuellement ?
Et le flingage actuel des voitures diesel n’est-il pas un peu justifié par le fait que la recharge des voitures électriques se fera la nuit, précisément quand nos centrales nucléaires produisent beaucoup plus de courant que ce que nous consommons, et qu’EDF ne sait plus quoi en faire ?
Ce sera un bon argument culpabilisant les acheteurs de voiture diesel et bon pour vendre des voitures tournant au nucléaire.
Mais, bon, ce sont les deux versants d’un même méfait et nous devons remédier aux uns comme aux autres.

Le mieux, c’est encore le vélo. Il dégage des particules de sueur ; mais à ma connaissance, ça n’a encore rendu personne malade.
Ma mère est morte à 57 ans le 27 juin 1975. Elle tenait beaucoup à son gazon impeccable, avec l’aide de plein de produits chimiques.
Pour un Noël elle m’avait offert le livre de Rachel Carson : « Le printemps silencieux ». Elle s’appelait Lucie.
L’écobuage : juste une allumette et un peu d’herbe sèche mais pour les conséquences, ça peut mener loin.

Le débat est ouvert




[1L’incinération de végétaux sur pied (écobuage) est :

- Soumise à déclaration auprès de la mairie, si la surface est inférieure à 15 hectares,

- Soumise à autorisation préalable auprès de la mairie, au-delà de 15 hectares, et soumisE pour avis à la cellule départementale de brûlage dirigé,

- Rappel : Interdit du 1er juillet au 15 septembre.
http://www.ariege.gouv.fr/Actualites/Incendies-en-Ariege-appel-a-la-prudence

[2Service départemental d’incendie et de secours de l’Ariège

Messages

  • "Pratique ancestrale ?" La tradition est contestée. Tous les anciens ne sont pas de cet avis...
    Depuis la nouvelle PAC, la montagne en Ariège n’a jamais autant brûlé. Les formation "brûlage dirigé" a pour effet pervers de faire la promotion de la pratique. Depuis cette période j’ai de graves problèmes respiratoires durant toute la période des feux. Je dois prendre des médicamentes pour ça car je me retrouve en insuffisance respiratoire. D’autres connaissances qui ont des fragilités respiratoires disent devoir se calfeutrer chez elles. Même lorsque c’est bien fait, les écobuages finissent par accélérer l’érosion et favorisent la végétation qu’ils sont sensé combattre. Il faut vraiment ne pas aimer sa terre pour lui infliger ça. Brûler c’est faire de l’argent facile en enmer.... tout le monde ! Balader vous sur le sentier au dessus d’Appy, vous pourrez admirer la qualité du rendu des écobuages... Magnifique vraiment...

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