Comité Ecologique Ariégeois

Association départementale agréée de protection de l'environnement en Ariège

"C’est la beauté de la nature, de la vie, et de l’œuvre de l’Homme dans sa dimension créatrice, qui devra nous inspirer tout au long des voies nouvelles que nous emprunterons." Pierre Rabhi (agriculteur-écrivain-humaniste français)

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mercredi 9 juillet 2014

Electro Hyper Sensibilité (EHS) : un cas extrême en Ariège la révèle au public

En Ariège, une dizaine de personnes Electro Hyper Sensibles essaient de fuir les zones balayées par les ondes mais sans trop de succès puisque les opérateurs téléphoniques ont l’obligation de supprimer peu à peu les "zones blanches"(1).
Un cas extrême nous occupe de plus en plus en Ariège puisque cette personne change constamment de sites à la recherche d’une zone neutre électriquement. Vous comprenez bien que les endroits disponibles sont rares et dépourvus du moindre confort.

Voici cet article de La Dépêche du Midi (Caroline MULLER) qui témoigne de ce cas assez fidèlement :

Depuis six ans, Géraldine souffre d’électro hypersensibilité. Ondes de téléphone, de radio, électricité, antennes relais… Elle les fuit comme la peste, quitte à vivre dans une situation très précaire. Pourtant, l’électro hypersensibilité n’est pas reconnue en France, ni par l’Organisation mondiale de la santé.

Recluse en plein cœur de la forêt de l’Artillac, entre Esplas-de-Sérou et Castelnau-Durban, Géraldine (1) ne sait plus où se cacher pour soulager ses migraines. Se cacher de qui ? De quoi ? Des ondes électromagnétiques. Car à 56 ans, Géraldine fait partie des EHS, ces personnes dites « électro hypersensibles ».

Selon elle, tout a commencé en 2008, après une utilisation massive de son téléphone portable. « Je souffrais de douleurs très vives au niveau de l’oreille, raconte-t-elle. Je ne supportais plus mon portable ni même ensuite celui des autres. » Avec le temps, les maux de Géraldine s’aggravent. Elle souffre de violentes migraines. Un an plus tard, elle est obligée d’arrêter son travail. Elle tente de « blinder » sa maison avec des tissus spéciaux, mais rien n’y fait. Elle quitte sa maison en 2011 et part vivre dans une caravane, dans la forêt. « Mais à la fin, je ne supportais même plus le poste radio ou les lignes électriques. Les médecins ne savaient plus quoi faire. C’est tout bête, mais je ne peux même pas aller à l’hôpital ! » lance-t-elle désespérée. Au fil des mois, les symptômes se multiplient et sa sensibilité augmente. La nuit, Géraldine se réveille le cœur serré et a du mal à respirer. « C’est comme si j’avais une crise d’angoisse, mais je sais très bien que ça n’en est pas une. »

"Habitat" d’une EHS au fond d’une vallée de montagne en Ariège. À la mi-septembre le soleil n’y touchera plus, les gelées nocturnes ne quitteront plus les rives du ruisseau. L’accès à pied, long et pénible déjà maintenant sera carrément dangereux en hiver avec de la neige.

Maison reculée, fourgon, cabane de berger, troglodyte… Géraldine change régulièrement d’habitation. Mais après quelques jours, quelques mois, voire, parfois une année de répit, les maux de Géraldine reviennent et elle doit partir à nouveau. Aujourd’hui, elle vit dans une tente, dans la forêt de l’Artillac, près d’un ruisseau. « Cette précarité est épuisante, confie-t-elle les larmes aux yeux. Je passe mes journées à survivre. Je vais chercher de l’eau, je cultive un potager. La période de l’hiver est redoutable et même l’été, les pluies peuvent être redoutables. Ce n’est pas possible ! Je suis dans l’isolement absolu. On s’occupe mieux des SDF que des personnes comme moi ! » lâche-t-elle, visiblement à bout.

S.O.S et appel à témoins

Il y a une semaine, des adhérents du collectif Stop Ondes Ariège ont envahi les bureaux de la préfète de l’Ariège pour l’alerter sur la situation de Géraldine. En vain, puisque cette action peu appréciée s’est soldée par l’intervention de la police. « Il faudrait au moins qu’ils lui fournissent une tente militaire », explique Marine Richard, membre du collectif. « Et puis il faut que les pouvoirs publics cessent d’être aveugles. Comme les ondes ne sont pas visibles et que les électrosensibles ne le sont pas souvent non plus, vu qu’ils vivent reclus dans la nature, rien ne se voit, et ça arrange tout le monde », ajoute la militante, elle-même électrosensible.

À l’heure où nous mettons sous presse, la préfecture étudie encore le cas de Géraldine et la préfète n’a pas souhaité s’exprimer. De leur côté, Marine et Géraldine lancent un appel à témoins avec le collectif Stop Ondes 09, afin de recenser les personnes électro hypersensibles en Ariège. Pour les contacter, une adresse mail : stopondes09@gmail.com, ou alors à L’Equi’Table, 11 place Georges Dutilh, à Foix. En Ariège, quelques élus commencent à tendre l’oreille face à ce problème d’hypersensibilité, comme les maires de Seix, Esplas-de-Sérou ou encore de Massat. Ce dernier ne serait d’ailleurs pas contre la création d’une zone blanche, libre de toute onde électromagnétique. La députée Frédérique Massat serait également régulièrement tenue au courant. « Il faut agir, ajoute Marine Richard. Nous ne sommes pas fous, ce n’est pas un problème psychiatrique. Il faut que les gens nous écoutent ».

(1) Le prénom a été changé
En France, 1016 cas signalés

Il n’existe aucun recensement officiel des Français électro hypersensibles, ce problème n’étant pas reconnu en France (voir ci-dessous). Le réseau Une terre pour les EHS comptabilisait pour autant, au 1er juin, 1 016 personnes, chacune d’entre elles s’étant auto signalée sur la « carte nationale du réseau EHS Entraide » (http://uneterrepourlesehs.org/?carte-recensement-ehs). En Midi-Pyrénées, ils sont 67 à s’être signalés. Le chiffre est de 12 en Ariège.

Parmi les 1 016 personnes signalées, 40 seraient dans la même situation d’errance que Géraldine.
Caroline Muller

Pour signaler tout cas présentant des symptômes analogues, vous pouvez joindre les associations qui demandent la création (ou le maintien) de zones blanches dépourvues d’ondes électromagnétiques à fréquences régulières et pulsées ( les ondes d’origine naturelle qui existent depuis toujours, foudre et impacts du rayonnement solaire sur la haute atmosphère génèrent un rayonnement chaotique, à priori sans influence sur électrosensibilité) :
Comité Ecologique Ariégeois
Stop Ondes Ariège

Copie du journal "Biocontact" distribué par le réseau des Biocoop.

Les Suisses se lèvent tôt mais se réveillent tard, disait un chanteur Belge (Julos Beaucarne). C’est quand que les Français se lèvent ?
cliquer sur l'image pour aller sur le site


Voir en ligne : L’article de La Dépêche


(1) Les zones blanches

En matière d’aménagement numérique, une zone blanche est un secteur géographique qui n’est pas desservi par un service de communication par voie hertzienne (ondes électromagnétiques) . On distingue généralement les zones blanches pour la téléphonie mobile (non couvertes par les réseaux mobiles) et les zones blanches pour l’accès haut débit à l’internet (non desservies par les réseaux à haut débit hertzien ou par un ou des réseaux filaires qui eux sont tolérés par les personnes électrosensibles).
Les zones blanches sont le plus souvent des territoires ruraux, mais il en existe également ponctuellement. dans les villes. Pour des raisons d’égalité de situation des populations et d’aménagement équilibré du territoire, les aménageurs publics (collectivités locales, État) s’attachent à résorber les zones blanches. Sans réfléchir aux problèmes de santé induits envers les personnes Électrosensibles.

Messages

  • Je vis dans un hameau entoure d antennes... et souffre de MAUX DE TETE...comment verifier que ces maux proviennent des ondes

    • Ni le CEA, ni le collectif Stop Ondes Ariège sont, à notre connaissance,
      aujourd’hui en mesure d’effectuer des mesures. (Dans le prochain message, un commentaire sur
      une note de la DGS (Direction Générale de la Santé) aux ARS (Agence
      Régionale de la Santé) sur la prise en compte de l’électrosensibilité.)
      Tout au plus nous pouvons vous renvoyer sur d’autres personnes.
      Mais pour cela il faudrait savoir où est situé votre hameau.

      L’association Robin des toits a une personne sur Perpignan qui se
      déplace pour prendre des mesures. Sinon l’association Antenne31
      pourrait aussi vous aider.

      Une autre solution pour "tester" vos maux de tête est de vous déplacer
      dans des lieux peu impactés, "zones blanches", pour y observer si votre
      état se modifie ou pas.

      Nous pourrions, avec leur accord évidemment, vous indiquer un ou deux
      endroits où des EHS ont trouvé un refuge, endroits qui deviennent de
      plus en plus rares aujourd’hui.

  • La DGS (Direction Générale de la Santé), comme elle s’y était engagée, a envoyé une note d’information aux Agences Régionales de Santé. Il y a fort à parier que vos témoignages envoyés dans chaque ARS ont également permis une remontée vers le Ministère, l’obligeant à prendre position.

    Cela ne révolutionnera pas le quotidien des électrosensibles, mais c’est quand même la première fois que les ARS reçoivent une information émanant du Ministère, allant plutôt dans le bon sens. Cela va aussi nous donner des leviers d’action pour poursuivre la pression sur les pouvoirs publics.

    · La note précise aux ARS qu’elles peuvent mobiliser le dispositif de mesure de l’ANFR pour la mesure des expositions.

    Si vous avez un problème de logement trop exposé, profitez de cette occasion pour vous signaler à votre ARS et l’obliger à ouvrir un dossier d’enquête sanitaire concernant votre situation. Une fiche pratique, réservée aux adhérents, pour vous aider à mener cette action le plus efficacement possible peut vous être adressée sur demande.

    · La note rappelle que, comme pour tout patient, pour les personnes électrosensibles devant se faire hospitaliser, les conditions d’hospitalisation doivent concilier la demande du patient (en terme de minimisation de l’exposition) avec les contraintes liées à l’urgence, l’organisation et la sécurité des soins. Dès lors, votre demande est légitimée, même si en pratique rien n’est pour l’instant spécialement prévu pour accueillir des personnes chimico ou électrosensibles. Mais, c’est un premier pas fondamental pour pouvoir faire évoluer cette question à l’avenir.

    · la délivrance et le contenu de certificats médicaux attestant de l’hypersensibilité d’un patient sont laissés à l’appréciation du médecin au cas par cas. C’est sans doute le plus important car de fait, cela légitime la mention de l’électrohypersensibilité dans les certificats médicaux délivrés par les médecins, sécurise leur écrit et permet de le faire valoir auprès des instances comme la CPAM, MDPH, médecin du travail...

    · la DGS ne voit pas d’objection à la création de zones blanches issues de projets d’initiative privée, ce qui peut être un levier pour les projets en cours ou futurs comme par exemple le projet de Durbon.

    · les 24 Centres de Pathologie Professionnelle (CPP) sont désignés comme centres référents pour la prise en charge

    Concernant les CPP, nous avons expliqué que la confiance est à reconstruire après les désastreuses prises de position du Pr Choudat dans le cadre de l’étude Cochin. Nous savons que certains médecins dans quelques centres font un travail loyal vis-à-vis des personnes qui les contactent et qu’il faut valoriser ces expériences. Certains d’entre vous ont pu se voir remettre des certificats utiles à leurs démarches (MDPH...) et parfois obtenir une écoute réelle. D’après la DGS, la prise en charge dans le cadre de l’étude a également permis de dépister certains cas d’autres maladies, parfois graves, qui dès lors ont pu être prises en charge médicalement, ce dont on ne peut que se réjouir.

    Une analyse objective de la situation nous conduit à penser que les CPP seront à l’avenir un élément essentiel pour le diagnostic et la prise en charge des pathologies liées à l’environnement. C’est en effet, la solution logique vers laquelle le Ministère se tourne pour pouvoir répondre, dans le cadre de l’hôpital public, à ces nouvelles maladies. (Actuellement, l’essentiel de la prise en charge relève de quelques consultations privées.)

    Il y a donc pour nous un enjeu fondamental à peser pour que les vieux réflexes d’une médecine archaïque qui peuvent encore perdurer soient balayés au profit d’une médecine perméable aux plus récentes découvertes scientifiques et ouverte au dialogue avec les malades impliqués dans la compréhension de la pathologie et de sa prise en charge.

    C’est pourquoi, nous sommes très satisfaits que la DGS ait repris à son compte l’idée de rencontres scientifiques, organisées par l’ANSES, destinées à décloisonner les différentes disciplines et acteurs impliqués : experts, chercheurs, cliniciens, malades, acteurs du handicap...

    Ces plate-formes pourraient permettre de valoriser les expériences des cliniciens recevant réellement des patients, l’expertise citoyenne des malades, et nourrir la réflexion des experts de l’ANSES qui doivent rendre leur rapport sur l’EHS début 2015.

    Les adhérents recevront la note par email séparé. Au plaisir de recevoir vos adhésions.

    L’équipe des Electrosensibles de France.
    http://www.electrosensible.org/b2/index.php/communiques-presse/cp-dgs-enfin-reponse

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