Comité Ecologique Ariégeois

Association départementale agréée de protection de l'environnement en Ariège

"C’est la beauté de la nature, de la vie, et de l’œuvre de l’Homme dans sa dimension créatrice, qui devra nous inspirer tout au long des voies nouvelles que nous emprunterons." Pierre Rabhi (agriculteur-écrivain-humaniste français)

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jeudi 19 septembre 2013

Le point de vue du CEA

L’opposition aux éoliennes de Camarade...

...mais favorable aux parcs éoliens citoyens ?

Le 5 juin 2013 les habitants de Camarade et des communes voisines sont conviés par "EDF énergies nouvelles" (EDF en) pour mettre en scène sous forme de réunion, la "participation citoyenne" au projet d’implantation de 4 à 6 éoliennes de 140m de haut au sommet de la montagne appelée CABANÈRE.


Les opposants à ce projet se réunissent, forment une association ("En avant Camarade") et commencent à réunir les éléments et les arguments pour démontrer l’inanité de cette implantation.
« L’industriel bataille actuellement pour faire aboutir son projet contre l’avis des habitants : il nous impose des nuisances pour son seul profit. Parce que nous tenons à ce qui nous entoure et nous fait vivre, à ce qui nous lie les uns aux autres, nous disons non à ce qui se décide loin de nous sans rien nous apporter ! » dénoncent les opposants.

Prenant tout de même en compte cette énergie propre, les mêmes disent : "Actuel­lement, la consom­mation élec­trique continue de croître si rapi­dement que la pro­duction éolienne ne couvre que la moitié de cette aug­men­tation. Autrement dit, nous n’aurons jamais assez d’éoliennes pour com­penser l’augmentation de la consom­mation élec­trique… Alors, n’est-il pas absurde de cibler la multiplication de l’éolien au lieu de se poser la question de cette crois­sance continue ?"

Le 15 août 2013, "En avant Camarade" invite les Ariégeois à les rejoindre au sommet de Cabanères (753m d’altitude) pour un pique-nique à la fois festif et revendicatif.


Agrandir le plan

Le CEA a voulu se rendre compte sur place de l’importance du projet. Daniel et Serge sont donc montés avec eux. Notre point de vue est que ce projet est qualitativement préjudiciable à l’environnement préservé de cette région. Outre que ces mastodontes se verront de tous les points hauts de l’Ariège, les routes tracées dans la montagne, l’élargissement des voies d’accès, les noria de camions perturberont à eux seuls les écosystèmes centenaires de cette portion du Plantaurel.

Préparation du socle d’une seule éolienne

On sait bien aussi que les éoliennes industrielles c’est un droit à polluer que les grosses entreprises financent ainsi. C’est ensuite du profit immédiat payé cash par les consommateurs et contribuables sous forme de contrat-rente. Et quand le matériel est obsolète, qui paye pour le désinstaller et le recycler ? Ben les mêmes !

C’est pour cela que le CA du CEA a voté à l’unanimité, le 5 septembre dernier, son opposition à ce projet.
L’éolien oui, mais pas celui qu’on nous impose injustement ; un projet éolien doit se faire en concertation avec les habitants locaux sinon il devient inhumain. Dans cette optique de l’éolien salutaire, on peut s’inspirer de ces expériences de parcs éoliens citoyens.
La question fondamentale pour l’éolien en Ariège est : "Avons-nous assez de vent ? ". Chaque région devrait utiliser les sources d’énergies propres dont elle est le mieux pourvue. L’hydroélectrique Pyrénéen fournit de l’électricité en excédent. Pourquoi implanter des éoliennes qui ne vont pas tourner la moitié du temps..?

Doc. La Dépêche du Midi du 7/11/2014 :
Ariège, terre promise de la houille blanche… La centrale d’Aston, mise en service en 1947, occupe une place importante dans le réseau des centrales hydroélectriques des Pyrénées.
Chaque année, selon le groupement EDF hydraulique Aude-Ariège basé à Tarascon, la centrale d’Aston produit 392 millions de kWh, soit la consommation estimée d’une population de 160 000 personnes. En simplifiant, la production de la seule centrale d’Aston pourrait couvrir la consommation du département de l’Ariège.

Une association anti-éolienne en Pays Cathare avance ses arguments dont beaucoup de bon sens mais quelques autres de parti-pris : ici
Naomi Klein n’est pas tendre avec les décisions des partis écologistes (notamment USA, puisqu’elle est américaine) de collaborer avec les grands groupes industriels. C’est certainement là un grand débat...Voir l’article de Reporterre.



Voir en ligne : Autre projet similaire : la Villedieu en Lozère


DERNIERE NOUVELLE

qui pourrait changer la donne :

AVIS AU PUBLIC

PREFET DE L’ARIEGE

Communes de CAMARADE, LESCURE
et MONTESQUIEU-AVANTES

Le public est informé que par décret en date du 21 juin 2013, publié au « Journal Officiel » du 23 juin 2013, est classé parmi les monuments naturels et les sites du département de l’Ariège l’ensemble formé par le bassin hydrogéologique du massif karstique du Volp et les paysages remarquables qui lui sont liés, sur le territoire des communes de CAMARADE, de LESCURE et de MONTESQUIEU-AVANTES.

Le présent décret, la carte du 1/25000 et les plans cadastraux annexés pourront être consultés à la préfecture du département de l’Ariège, 2, rue de la Préfecture-Préfet-Claude-Erignac, BP 4087, 09007 FOIX (pôle de coordination interministérielle et de la modernisation/PCIM) et dans les mairies de CAMARADE (LAVIELLE, 09290 CAMARADE), LESCURE (La Baure, 09420 LESCURE) et MONTESQUIEU-AVANTES (Village, 09200 MONTESQUIEU-AVANTES).

Portfolio

Messages

  • Bonjour,
    Certaines remarques de l’article sont justifiées, sauf :
    - il n’y a pas de droit à polluer acheté par l’éolien en France. Cela existe sous l’égide de l’ONU dans des pays en voie d’industrialisation.
    - le prix garanti soutient le développement d’une énergie propre, d’autant plus important qu’il est nécessaire de remplacer la source nucléaire. D’une manière générale, toutes les objections que l’on peut faire à l’éolien sont bien moins graves que le risque nucléaire. Il faut systématiquement demander aux associations qui s’opposent à l’éolien quelle est leur position sur le nucléaire. On devrait empêcher que cela profite à des groupes industriels, mais cela ne devrait pas remettre en cause un prix de soutien. Oui aux parcs éoliens citoyens.
    - chaque région devrait utiliser des sources locales : oui, mais à quand des forages pétroliers, ou une raffinerie, en Ariège ?
    - il y a des arguments justes sur le site de l’éolien cathare, mais aussi des faux sur la CSPE et la nécessité de production d’origine thermique accompagnant la croissance de l’éolien.

    • Peut-être pas de droit à polluer nationaux mais des subventions, des impositions allégées et un tarif d’achat de l’électricité un peu trop favorable, même si ça a baissé au fil des ans.
      C’est aussi, pour les entreprises, un investissement publicitaire incomparable. EDF et même AREVA mettent dans leurs plaquettes de présentation plutôt des éoliennes que des centrales nucléaires. Tiens, pourquoi ?

      Vos commentaires sont les bienvenus car ils ont le mérite de la réflexion sur ce sujet. Je vois que vous voulez éradiquer le nucléaire, avec raison ! Cependant compenser avec le thermique, ça pose problème quand même....

  • Bonjour,
    Le tarif d’achat trop élevé : par rapport à quoi ? La référence en France c’est le nucléaire, (même pour un anti-nucléaire cela reste la référence implicite !) mais
    1 il est guère moins cher aujourd’hui et surtout sous évalué
    2 de toute façon il vaut mieux de l’éolien plus cher que le nucléaire.
    C’est vrai, et c’est regrettable, les entreprises font du bénéfice grâce au prix garanti ; c’est surtout pour ça qu’elles y investissent. Dommage car l’éolien, et d’autres, permettent des solutions citoyennes à travers des coopératives et associations, comme Enercoop.
    EdF et AREVA se font de la pub : est-ce que cela devrait conduire à refuser l’éolien ? Ou à soutenir et concrétiser une autre voie ?
    La nécessité de compenser avec le thermique n’est pas évidente : voir le texte de Françoise sur ce site. Il faut un mix de sources, il y a des moyens de produire à volonté, comme avec le thermique, mais avec la biomasse et du gaz d’origine renouvelable.
    Tout cela nécessite pour bien fonctionner une politique globale, que la société actuelle ne sera pas capable de mettre en oeuvre. Mais on prépare l’avenir, la fin du nucléaire, et on montre une autre voie avec les initiatives citoyennes de production d’éolien. Et tout ce qui n’est pas nucléaire, c’est toujours ça de pris pour préparer sa disparition.

    • « Tout cela nécessite pour bien fonctionner une politique globale » dites-vous. Vrai ! Et d’essaimer autour de soi les idées de transition énergétique, de halte au nucléaire, etc...
      Ce qui est paradoxal c’est de refuser l’éolien industriel tout en condamnant l’énergie nucléaire ? Oui, mais on ne peut pas tout accepter sous prétexte que ça va supprimer les centrales nucléaires et thermiques. On sait bien que ce n’est pas vrai, le surplus d’énergie alternative compensant à peine l’augmentation de la consommation électrique en France...
      C’est donc de sobriété, d’économie énergétique, de recherche de matériel de moindre consommation, qu’il s’agit. Et la fin de l’ hyper-consumérisme... C’est de politique qu’il s’agit.
      Merci pour ces commentaires intéressants.

  • Je ne peux dans ce cadre que vous renvoyer au scénario dit "Negawatt" qui évalue les besoins en énergie, tout en réduisant la consommation de moitié d’ici 2050, en supprimant le nucléaire, avec très peu de thermique, et le reste en renouvelable (biommasse solide, éolien, biogaz, photovoltaïque ... dans l’ordre décroissant). Résoudre la question du nucléaire par la réduction de la consommation est trop court dans un pays qui tire 75% de son électricité du nucléaire.
    Avez-vous une autre évaluation des besoins à cet horizon ?

  • J’ai agréablement constaté que le CEA a évolué en rejetant à l’unanimité le projet de Camarades (J’ai regardé 2 fois qui était présent !!!!).
    " Projet jugé inutile et anti écologique" chapeau !
    La deuxième étape sera de comprendre qu’entre le mont CABANERES (point haut culminant du piémont Ouest à 753m) et le mont PASTOURET- projet Malléon- (vrai sommet culminant du piémont Est à 728m) il y a beaucoup de similitudes (dont le paysage, ZNIEFF1, vent d’ouest dominant mais faible et irrégulier).
    Deux choses les séparent :
    L’’impact sur la population, plus forte à l’Est, et le PNR à l’Ouest (mais à beaucoup d’endroits les PNR sont des vecteurs pour le développement de l’éolien industriel, Haut Languedoc, Ardèche...)
    voir l’excellent article REPORTERRE : les éoliennes signent la mort de la campagne
    Mon enthousiasme suite à la lecture du compte-rendu retombe un peu après consultation du site du CEA. Les limites ne sont pas comprises.
    Une éolienne industrielle citoyenne n’est pas plus vertueuse que celle de RIVERSTONE.
    Plutôt que de parler de facteur de charge, fréquence, nécessité de raccorder en haute tension, inadaptation au fonctionnement actuel en réseau (3 pays sont près de l’impasse : D,DK,Esp), juste une anecdote.
    Il y a 2 ans, j’ai visité le sympathique moulin d’Alphonse Daudet qui s’est arrêté vers 1920 en parfait état de marche dans une zone "ventée".
    A mon interrogation, l’hôtesse m’a répondu :
    Les gens voulaient moudre tous les jours...
    Voulez-vous changer les gens ? Il y a du boulot !
    A méditer

    • Merci Didier pour ce commentaire avisé et documenté. Ça fait plaisir !
      Je n’ai pas très bien compris, par contre, la morale de l’histoire du moulin...et j’ose demander ici des explications au risque de passer pour un peu bêta ; mais disons que ça pourra servir à d’autres...

      Pour les éoliennes, quels débats ! Au CEA, on n’a rien tranché parce que nos avis sont quand même assez partagés. Que faire devant la monstruosité nucléaire ? A part des économies d’énergie avec d’autres modèles sociaux, je ne vois d’autre que les énergies renouvelables et la recherche sérieuse dans des sources d’énergie encore inexplorées ou à peine entrevues (comme l’énergie du vide qui serait surnuméraire mais qui ne reste à ce jour que formules mathématiques quantiques et expériences hasardeuses).

      Personnellement, sans rentrer dans les détails techniques que je ne maîtrise pas (d’autres au CA pourront le faire...) je suis intuitivement contre ces géantes ailées qu’on nous impose dans les endroits les plus invraisemblables juste pour un investissement dont les ressorts ne sont pas, loin de là, clairs et explicites. Et les cas Ariégeois sont carrément dans ce créneau.
      Alors que je les accepte comme une évidence dans les lieux perpétuellement ventés et aux paysages ingrats (c’est évidemment subjectif) auxquels elles ajoutent selon mon appréciation, une présence tranquille et qui va de soi (je pense à l’Espagne surtout).
      Ma réponse ne te satisfera pas certainement mais prends-la dans le sens général et non technique. Car techniquement, on devrait trouver des modes de réalisation éoliens plus légers, plus efficaces et plus démocratiquement acceptés. Il n’y a pas tellement de sources d’énergie gratuites et renouvelables qu’on puisse se passer du vent dans l’avenir.
      A moins que...

  • Bonjour à tous,

    j’ai toujours dit et le maintiens encore que je ne comprenais pas que l’on puisse être anti-éolien si l’on est anti-nucléaire...

    Ce sont peut-être des prises de positions similaires au sein du CA du CEA qui ont fait qu’un certain Didier a quitté celui-ci il y a quelques années...

    Je ne trouve pas les éoliennes inesthétiques. Je ne pense pas que la vallée de l’Aude et le littoral méditerranéen soient devenus des déserts touristiques. Je ne pense pas que la vingtaine d’éoliennes du site, isolé de tout, de Limoux—Rennes les Bains, gênent qui que ce soit, même pas les oiseaux en qui je fais confiance en leur instinct pour ne pas aller " s’empaler ".
    Enfin je signale une piste inépuisable et sans guère d’inconvénients que sont les éoliennes marémotrices , donc immergées, incompréhensiblement inexploitées malgré l’exemple du barrage de la Rance.
    Malgré cette prise de position j’ai voté le « non » aux éoliennes de Camarade , vu le contexte et pour me rallier démocratiquement à la majorité « pour ».

    Bon vent aux éoliennes, Didier.

    André Pagès

  • Pour m’infiltrer dans le débat, mais sans rechercher la polémique, je dirais qu’il faut nécessairement exploiter les ressources naturelles sans pour autant tomber dans les excès de la production industrielle symbole de la croissance économique capitaliste.
    Et comme je l’ai écrit dans mon texte sur la transition énergétique, c’est en amont de la mise en œuvre des procédures technologiques qu’il faudrait appréhender les besoins mais aussi la capacité des consommateurs/utilisateurs à maitriser l’utilisation de ces technologies.
    Chacun d’entre nous peut faire une petite expérience de sa dépendance à la consommation d’énergie et notamment du nucléaire qui représente 70 à 80 % de notre consommation électrique : faîtes l’inventaire de tout ce qui consomme de l’électricité dans votre maison et déterminez la puissance consommée (kwh) sur 24h, retirez 80% de ce résultat et voyez ce qui vous reste pour assurer votre quotidien. A ce stade, vous pourrez constater l’écart entre l’utilisation rationnelle et le surplus engendré par des automatismes qui s’acquiert pernicieusement. A chacun d’établir ce qui lui semble utile pour assurer son confort mais si nous acceptons d’être moins énergivore et beaucoup plus sobre tout en exploitant à bon escient les technologies vertes, nous n’aurons pas nécessairement besoin de beaucoup d’éolien et ce qui sera mis en place pourra l’être dans les meilleures conditions possibles.
    Donc en conclusion, oui à l’éolien, mais pas dans un contexte de surconsommation énergétique.

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