Comité Ecologique Ariégeois

Association départementale agréée de protection de l'environnement en Ariège

"C’est la beauté de la nature, de la vie, et de l’œuvre de l’Homme dans sa dimension créatrice, qui devra nous inspirer tout au long des voies nouvelles que nous emprunterons." Pierre Rabhi (agriculteur-écrivain-humaniste français)

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lundi 18 mars 2013

Plutôt contre !

De l’Eolien, ici ou ailleurs.

Comme presque toutes les énergies renouvelables, l’éolien a un coût environnemental plus ou moins élevé en fonction de la « qualité » biologique et paysagère du lieu d’implantation.

La seule énergie qui n’a pas d’impact est celle qui n’est ni produite, ni consommée.

Croire que sans maîtrise et réduction de notre consommation d’énergie (électrique dans le cas des éoliennes) nous pourrions nous en sortir avec plus d’énergies renouvelables n’est qu’une illusion.
Le « plus » en puissance installée d’énergies renouvelables prévues par le Grenelle II a déjà été absorbé par moins d’une année d’augmentation de notre consommation.

L’éolien a certes sa place dans un « mix » énergétique futur. Mais il nécessite une production électrique suppléant à son caractère très capricieux, aujourd’hui assuré essentiellement par des générateurs fonctionnant au gaz ou au fuel à très mauvais rendement énergétique. Le rééquilibrage entre les zones différemment ventées au même moment se heurte aux pertes en ligne importantes sur de grandes distances ( entre le sud et le nord de l’Europe par exemple).

Il me semble que le choix du type de production d’énergie renouvelable devrait surtout être lié à la quantité et la qualité de la ressource disponible localement ainsi qu’à la proximité du lieu de consommation. Pour l’éolien, à même potentiel de vent, des zones déjà impactées par des infrastructures devraient être préférées au zones restées « naturelles ». Ce choix ne devrait pas découler d’intérêts privés comme c’est presque toujours le cas.

Revenons à la ZDE de Malleon, Gudas et à l’Ariège, territoire de compétence de CEA.

L’Ariège produit déjà cinq fois plus d’énergie électrique renouvelable que ce qu’elle consomme avec ses centrales hydroélectriques et ceci au détriment de ses cours d’eau fortement impactés.
La ZDE se situe à l’extrême limite basse de la ressource en vent avec une moyenne calculée de 5-6 m/s à 80 m au dessus du haut des collines avec une incertitude + ou – 1 m/s. En Allemagne aucune ZDE se fait avec des moyennes en dessous de 6,5 m/s. Le profil des pale est calculé pour une vitesse de vent de 12 m/s. En dessous le rendement diminue à la 3ième puissance. (à 6 m/s il reste 1/8 de la puissance nominale). Il est difficile de faire confiance aux promoteurs. L’investissement dans la production éolienne leur permet d’obtenir des certificats « verts » qui permettent de transformer de l’électricité produite avec de l’énergie fossile en énergie renouvelable. Il semble selon certains sites internet (par exemple dans le Jura Suisse) que ceci donne lieu à de vaste trafics de certificats douteux.
Une visite du site d’EON, grosse multinationale du nucléaire et des centrales au charbon (qui a d’ailleurs revendu à une autre entreprise le projet d’éoliennes de la ZDE) m’a donné l’impression qu’ils avaient surtout besoin de quelques belles images d’éoliennes sur fond de Pyrénées plantées dans un magnifique paysage pour « verdir » leur image.

Venons-en au paysage. Même la représentante de la DREAL, pourtant pas téméraire, a voté contre, à la CDNPS. In extrémis elle a transformé la ZNIEFF 2 en ZNIEFF 1. Un signal ? Une réalité aussi : si 24 espèces de chauve-souris sur les 27 que compte l’Ariège fréquentent ces collines, c’est bien la preuve que le milieu est très riche et en plus les chauve-souris sont fortement menacés par les pales des éoliennes.

Faut aller y voir dans ces vallons et collines si belles et un peu oubliés de tout pour mesurer l’impact négatif qu’auraient ces énormes éoliennes sur le paysage.

Malléon-Gudas

Nous sommes d’abord une association de défense de l’environnement et nous avons très souvent dans le passé et encore actuellement lutté main dans la main avec des associations créées spontanément autour de problèmes locaux. Je ne vois pas pourquoi nous ne serions pas aux côtés de ceux de « Vent contre Nature » au nom d’un « volontarisme sacrificiel » certes respectable.

Au « si on est contre le nucléaire il faut accepter l’éolien » j’opposerais volontiers (avec d’autres) « l’éolien oui, mais pas n’importe où et pas n’importe comment ».
Le jour où les centrales nucléaires seront en voie d’être fermés et où on réservera l’électricité pour les usages pour lesquels elle est indispensable, où on sera passé à une sobriété énergétique, là on pourra rediscuter de tout ça.

Camon-Léran

Au fond du débat se pose aussi la question des grandes agglomération urbaines qui se comportent de plus en plus en « colonisateurs » des zones périphériques pour satisfaire leurs besoins en alimentation, en énergie, en matériaux de construction, en paysages naturels pour la récréation après avoir aspiré une grande partie de la population en concentrant presque toute l’activité chez elles.

Daniel

Messages

  • L’éolien a sa place dans un mix : d’accord. Ce mix c’est à nous de le définir, ce n’est pas obligatoirement à base d’énergies fossiles.
    Il n’y a plus de certificats verts.
    Attendre la fermeture des centrales nucléaires pour développer des alernatives renouvelables est un non-sens : il faudra une transition progressive. Donc commencer tout de suite pour créer les conditions de ces fermetures.

    • Nous sommes tous d’accord sur ce principe, Bergamacci. Un mix est obligatoire. Cependant il faut l’envisager pour des zones socio-géographiques très larges. Chaque région devrait produire son énergie électrique à l’aune de ses potentialités. Entre l’Aude et l’Ariège par exemple, qui sont des départements voisins, il est clair que le 1er aura des difficultés de produire de l’énergie hydro-électrique alors qu’il sera bien pourvu en éolien. C’est exactement l’inverse pour l’Ariège.
      Alors faut-il un grand plan national ou européen pour tracer ces grandes lignes ?

  • Il y a déjà un large réseau en France et en Europe, toutes les zones sont interconnectées et l’électricité d’origine éolienne n’a pas besoin de lignes THT. Le problème est différent pour l’éolien en mer. c’est cher à produire et il faut créer des liaisons importantes. Je ne sais pas ce qu’il faut en penser.

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