Comité Ecologique Ariégeois

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mardi 10 mars 2020

L’ex-projet de Refuge-Chalet à Soulcem pour comprendre le rôle du CEA en Ariège

Une vieille histoire, close depuis depuis un bon moment. Un incident technique nous oblige de ré-écrire cet article. Nous en profitons pour éclairer son rôle symptomatique de trop nombreux projets d’aménagements en milieu naturel, souvent vierge.

Un lien dans l’article qui menait vers le site d’AriègeNews, malheureusement fermé depuis, a été piraté. Ceci nous a amené à ré-écrire cet article.

Vous allez penser : presque huit années plus tard, à quoi bon ?
Justement, parce que ce projet a été symptomatique des trop nombreux projets mal réfléchis, mal ficelés, financés avec de l’argent public, et qui ont finalement étés abandonnés suite aux actions du CEA, aidé parfois par d’autres associations amies.

Bien souvent ce sont les juges des tribunaux administratifs qui nous ont donné raison.

Nous n’avons jamais fait le bilan des économies pour les finances publiques qui ont étés réalisées grâce à nos actions. Un calcul rapide, un peu à la louche nous fait évaluer cette somme à pas loin de 20 million d’euros en trente ans.

Ci-dessous, la copie de l’article d’AriègeNews :
Construction d’un « refuge-chalet » à Soulcem : où en est le projet ?
14/08/2012


Le site du Carla, près de l’étang du Soulcem, est un endroit splendide à 1570 mètres d’altitude connu pour ses orris (abris de bergers) très bien conservés, et ses paysages à couper le souffle.

C’est là que devrait voir le jour un projet de construction d’un « refuge-chalet » de 50 places (ouvert de mai à octobre). Et ce dans le cadre d’un projet européen transfrontalier d’envergure qui implique la France, l’Espagne et l’Andorre.

Mais depuis 2011, l’arrêté préfectoral autorisant la création d’une « Unité Touristique » à cet endroit a été attaqué par le « Comité écologique ariégeois » (CEA).
Et tandis que le tribunal administratif n’a toujours pas rendu sa décision, le projet suit son cours prudemment, avec tout l’appui des élus de la vallée.

Hier, le maire d’Auzat et conseiller général Bernard Piquemal a une fois de plus fustigé l’attitude d’« une minorité d’extrémistes bloquant des projets structurant pour le territoire »

« Beaucoup de temps perdu », c’est le bilan que fait aussi de son côté Alain Leplus (directeur de l’Office de Tourisme d’Auzat et de Tarascon), qui défend quand même ce projet avec toujours autant d’enthousiasme, « on est prêt à se battre. Le permis de construire est en cours d’instruction. Les financements sont acquis »

La construction du refuge est en effet un des maillons d’un projet interfrontalier autour du Tourisme, qui pèse au total 2,5 millions d’euros en mobilisant des fonds européens.

Il contient aussi un volet formation (avec la création d’un Master sur les « Sports de pleine nature en milieu montagnard interfrontalier »).

Alain Leplus explique le fond de la réflexion engagée, « comment faire vivre ensemble une zone frontalière au niveau touristique, et arrêter ainsi de faire les choses chacun dans son coin ?
L’idée est d’arriver à créer une économie touristique qui dépasse les frontières »

Le refuge (830m², qui comprend un restaurant, 50 lits et une salle d’éducation au tourisme montagnard) fait partie de cette dynamique.

L’idée est aussi « d’y rendre la montagne plus accessible à tous », précise Alain Leplus, « notamment aux personnes en situation de handicap »

C’est justement là que le bât blesse pour Thierry Denoblens, membre du CEA, qui juge tout simplement le projet « scandaleux »

Son principal argument concerne la sécurité, « c’est une vallée extrêmement dangereuse, truffée de couloirs d’avalanche et de pierriers instables. Et on va attirer là des personnes handicapées, des familles, des scolaires »

Et il ne mâche pas ses mots, parlant volontiers d’une « attitude criminelle », « des rochers de 80 ou 150 tonnes ont déjà été retrouvés sur la route. Un automobiliste a eu sa voiture écrasée. C’est grave.

Si un jour un bus scolaire est aplati, on fera une chapelle ardente où les élus viendront se recueillir. Mais tous les risques sont déjà connus » Ci-dessus une photo d’un gros rocher éclaté par la chute d’un autre rocher à quelques mètres de la route.

Il ajoute : « il ne s’agit pas d’un refuge, mais d’un restaurant d’altitude qui ramènera 80% des revenus de la structure »

Devant le gouffre qui sépare les points de vue, le bras de fer semble donc loin d’être terminé. »

Tandis que les porteurs du projet espèrent un début de construction en 2013, le Comité écologique ariégeois affirme aujourd’hui sa volonté d’attaquer le permis de construire dès sa parution. Photo de la route qui mène du barrage vers le site du Chalet-Refuge surplombée par 1000m de pentes très raides truffées de rochers instables.

Le permis de construire, accordé par le préfet, a été porté devant le juge administratif. Celui-ci a jugé le 19 novembre 2014 que d’une part le projet se situait à moins de 300m du rivage du lac où les constructions sont interdites et d’autre part que ce "chalet-refuge" ne correspondait en rien à un refuge, mais que "...., dans ces conditions, la construction litigieuse ne présente pas les caractéristiques d’un refuge et constitue, en réalité et à titre principal, un hôtel-restaurant d’altitude visant à attirer la clientèle la plus large dans des conditions identiques à celles de l’hôtellerie traditionnelle,..."

Mais bien avant, sentant le vent tourner, la mairie d’Auzat a rapatrié le projet et les subvention à proximité de la plaine des sports à proximité du village. Le maire exprime même sa "reconnaissance" pour l’action du CEA.

Extrait du magazine de l’Ariégeois de juillet-août 2013.

Il y a eu aussi d’autre projets du même genre qui ont été abandonnés comme la piste du Fouillet à Guzet, le refuge gardé à Aula sous le Valier, un refuge-hotel sur le plateau de Beille, la retenue d’eau à Gérac sur Guzet, un monstrueux bâtiment d’accueil sous le château de Montségur sur "lou camp dels Cremats" (l’endroit où les cathares du château ont été brûlés par les inquisiteurs).
Un adhérent du CEA nous écrit pour qu’on ajoute " Le refuge hôtel de la Hilette" (Ustou) ; grâce à l’opiniâtreté de Pierre et d’autres, ce projet a été enrayé.

Ci-dessous, 3 aspects de la fameuse route d’accès au Carla de Soulcem au printemps 2017 (avril). Cliquer pour agrandir.

La route d’accès au printemps
La route d’accès au printemps
La route d’accès au printemps

Messages

  • Voilà c’est ça le coeur des missions du CEA, freiner le grignotage des milieux naturels.
    Dans les autres projets cités, un oublié : Le refuge hôtel de la Hilette (Ustou).
    Grâce à l’opiniâtreté de Pierre et d’autres, ce projet a été enrayé.
    Aujourd’hui il serait peut-être plus dur à combattre et ce n’est pas sûr qu’il y ait une majorité pour le faire, certains pouvant être séduits par une construction qui serait "écologique", labellisée parc naturel, à « énergie positive », facilitant l’accès et la sécurité de la montagne pour tous, avec vue sur les bouquetins...

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