Association départementale agréée de protection de l'environnement en Ariège

"C’est la beauté de la nature, de la vie, et de l’œuvre de l’Homme dans sa dimension créatrice, qui devra nous inspirer tout au long des voies nouvelles que nous emprunterons." Pierre Rabhi (agriculteur-écrivain-humaniste français)

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vendredi 23 décembre 2016

Réponse à deux questions d’adhérents

Ecobuage - une pratique ancestrale dévoyée - questions/réponses et témoignages

Où s’arrête le nettoyage d’une parcelle en jachère et où commencent les rivalités et les gestes maniaques ?

La question des écobuages se renouvelant chaque année, nous ferons de cet article un blog qui s’actualisera par le haut.

Edit 12 mars 2017
LDDM Écobuage : 50 hectares partent en fumée
Hier, les flammes ont ravagé une cinquantaine d’hectares sur les hauteurs d’Axiat, près de Luzenac. L’incendie a nécessité l’intervention de deux groupes d’intervention feux de forêts (GIFF) pour venir à bout d’un front de feu de plus de 200 mètres de large.
Par ailleurs, une dizaine de départs de feu ont été signalés en haute Ariège hier.

Edit 01 mars 2017
Depuis plusieurs jours la montagne brûle à Auzat  : l’Etat et le SDIS [1] décident enfin d’agir. La préfète de l’Ariège Marie Lajus et Alain Naudy, le président du SDIS de l’Ariège , viennent d’annoncer leur dépôt de plainte pour incendie volontaire et mise en danger de la vie d’autrui auprès du parquet de Foix suite à l’incendie qui brûle depuis dimanche sur les hauteurs de Marc, un hameau d’Auzat dans la vallée du Vicdessos en Ariège.

Edit 25 janvier 2017
LDDM du 25/01/2017
Les pompiers ariégeois ont été également souvent mis à contribution, au cours de l’année passée, pour maîtriser d’importants feux de végétation, pour certains provoqués par des écobuages mal maîtrisés. "Je me satisfais de la qualité des interventions qui ont été menées. Mais je ne peux pas me satisfaire du manque de maîtrise de ces pratiques. J’en appelle à plus de responsabilité dans ce domaine", souligne le chef de corps départemental.

Edit 9 Janvier 2017 - bis
Lu dans LDDM pour les incendies de Suc et Sentenac :
"À l’arrivée, plusieurs centaines d’hectares ont été la proie des flammes. Ce qui provoque « tristesse et colère » de la part d’Aline Romeu, maire de la commune. « Il est désolant de voir ce gâchis », soupire-t-elle, précisant « se réserver la possibilité de déposer plainte contre X ». Si jamais ce feu s’avérait provenir d’un écobuage sauvage, c’est scandaleux. Il faut que l’omerta cesse. Sur ma commune, deux éleveurs et un agent communal ont été formés pour le pratiquer dans les règles, il faut arrêter de faire n’importe quoi »."
Au CEA nous sommes d’accord pour que l’omerta cesse et nous appuierons Mme le maire de Suc et Sentenac si elle porte plainte devant la justice car ces pratiques ne doivent plus avoir lieu et nous invitons Mme la Préfète à le dire haut-et-fort !


Edit Janvier 2017 :
Un adhérent nous écrit :
Bonjour
qu’est ce que l’on peut faire face à l’énorme pollution générée par les écobuages qui ont lieu depuis 15 jours sur les différents massifs alentours
J’ai téléphoné à la DDT mais tout le monde s’en fout.
ceci dit : bonne année et bon combat !

Réponse ADMIN :
Le CEA est particulièrement sensible à ce phénomène qui apparaît comme normal pour les éleveurs qui ont toujours procédé à l’écobuage ; mais les temps ont changé et l’urgence climatique devrait pousser l’administration à modifier cette pratique.
Dans notre article sur le sujet (Ecobuage - une pratique ancestrale dévoyée - questions/réponses et témoignages) nous mentionnons les nouveaux outils de débroussaillage qui évitent le brûlage en montagne.
A votre question "Que faire", nous invitons les lecteurs et les adhérents du CEA à faire ce que vous avez fait : téléphoner à la préfecture, à la DDT, à la DREAL, à l’ARS, tous les services qui peuvent s’emparer du problème et leur suggérer d’indiquer aux éleveurs la pratique du débroussaillage mécanique. Les subventions de la PAC sont assez conséquentes pour que les agriculteurs puissent investir dans ces machines performantes. A la place d’un 3ème tracteur inutile ?


Brûlage dirigé - témoignage vécu

Edit Décembre 2016 : nous recevons ce témoignage (PDF) mitigé d’une adhérente.

A la suite de ce témoignage (brûlage dirigé), D.... nous envoie sa réflexion :
Oui l’idée est bonne. Ce serait encore mieux de montrer aussi "l’alternative" L... D....... avec son engin de débroussaillage téléguidé qui a l’immense avantage de restituer les déchets de broussaille au sol.

Voir la vidéo ci-dessous :


Débroussaillage télécommandé : un jeu d'enfant ! par La_Volonte_Paysanne

Il faudrait aussi ajouter le fait que du brûlage en dehors des périodes de nidification des oiseaux (mi-mars à mi-juillet) et en dehors de la période d’hivernages des petits mammifères, reptiles et amphibiens (mi-octobre à mars) est impératif, surtout pour des grandes surfaces de plus d’un hectare.

Toutes ces données sont un peu au pif, faudrait les vérifier.

Soulignons aussi qu’après avoir brulé il faut pouvoir y mettre suffisamment de bêtes pour éviter que les repousses de ligneux se transforment en nouveaux buissons et ronciers pour y remettre le feu quelques années plus tard !

Si c’est juste pour pouvoir encaisser des primes de la PAC, ce n’est écologiquement pas vraiment justifié.


[ Edit 27 janvier 2016 : le Conseil d’Administration du CEA vote cette résolution : "FNE Midi Pyrénées a porté plainte contre X pour les importants incendies récents sur le département pour destruction de biotope.
Délibération pour se joindre à la plainte de FNE est soumise au vote : voté à l’unanimité."
]


Article initial (12 janvier 2016)

Bonjour.

Quelle est la position du CEA sur les écobuages ? A l’heure de la COP21, du changement climatique, des pollutions aux particules fines...est-ce une pratique écologiquement défendable ? Quand on voit les analyses des feux de déchets verts reprises par l’ADEME qui ont conduit à leur interdiction, ne doit-on pas faire de même avec les écobuages en cessant de les considérer comme "une valorisation par le feu" mais comme une pollution ?

Réponse de D... à l’interrogation sur les écobuages (en-tête de l’article) :
Bonjour J.........,

à vrai dire, même si ces brûlages sauvages nous énervent, nous n’avons encore jamais pris de position collective.
Ceci dit, je peux vous donner ma propre position.

L’écobuage, c’est-à-dire une destruction des parties aériennes des plantes ligneuses par un feu dirigé, surveillé de près par une personne qui reste sur place, tenant compte de la météo (pas de vent, pluie annoncée dans les heures qui suivent etc) peut être tout à fait acceptable pour récupérer des surfaces de pacage inaccessibles par des moyens mécanisés.

C’est le cas des Bruyères et des Rhododendrons en estives de haute montagne, des pâturages pentus envahis de ronces, de prunellier et éventuellement de Genêts dans les coteaux.
Ce sont les apiculteurs qui n’apprécient pas trop. Mais la floraison est souvent bien plus fournie sur les jeunes pousses qui ne tardent pas à revenir au bout de quelques années.
Contre les fougères c’est parfaitement contre-productif. Celles-ci craignent l’azote (fourni par les genêts entre autres). Par contre elles sont friandes de potasse dont les cendres sont riches.
Débarrassées de la concurrence, elles profiteront bien mieux les années après et prolifèreront d’autant plus.

Ce qu’on voit tous les hivers chez nous en montagne, quand le vent du sud a bien tout desséché, n’a rien à voir avec de l’écobuage, mais c’est de la pyromanie maladive, de la folie du briquet qui s’empare de certains cinglés de la montagne, c’est une fièvre contagieuse qui se déclare chez eux à la vue de la moindre fumerolle à l’horizon.

C’est une maladie mortelle pour plein d’animaux qui se réfugient pour l’hiver dans des tas de branches, des ronciers et des amoncellements de feuilles mortes. (Petits mammifères, reptiles et amphibiens, insectes….)

Du côté des naturalistes on nous explique parfois que certaines espèces dépendent pour leur survie de ces zones de brûlis. Je suis d’accord, mais de là à cramer toute la montagne ariégeoise, il y a un pas franchi qui est indéfendable.

En plus, de nombreuses granges y ont laissé leur peau ; il n’en reste plus beaucoup dans ces zones, mais elles y passeront aussi.

Plus insidieux, ce sont les forêts de montagne qui sont détruites petit à petit. Dans une pente un peu raide des branches et des brindilles, des feuilles mortes s’accumulent en amont des troncs.
Là où un simple feu de feuilles passe assez vite et ne fait souvent pas de dégâts à l’écorce des arbres, l’accumulation de matières combustibles maintient le feu pendant une durée assez longue. Suffisamment pour détruire l’écorce en profondeur. Dans les années qui suivent le feu, l’écorce morte se détache et l’arbre pourrit du pied.
Une bonne neige, un coup de vent et des hectares de belle forêt se couchent et pourriront sur place. Là aussi la repousse se fera. Mais il faut plusieurs siècles pour reformer une vieille forêt de montagne avec toute sa biodiversité.

La rumeur (bien renseignée) nous dit que se sont souvent les chasseurs qui mettent le feu dans l’ACCA voisine pour pousser les gibiers des autres vers leur commune et pouvoir les flinguer chez eux. Et les autres, pas con, font pareil.
J’en connaissais un aussi du côté de Seix, paix à son âme, qui mettait le feu tous les ans au printemps pour mieux voir les morilles.
Quand il est mort et qu’il n’y a plus eu le feu l’année suivante, on a su que c’était lui. Trop tard pour porter plainte.

Le problème est là. Tant qu’on n’attrape pas ces couillons sur le fait, on a beau savoir avec une quasi-certitude, qui c’est, la plainte contre X, elle, fait pschitt !

Donc s’il y en a qui veulent s’occuper de ce dossier, ce serait bien. Je ne peux pas m’engager pour le conseil d’administration, mais je pense que, s’il y a un jour le moyen de porter plainte contre un pyromane pris sur les faits, le CEA sera d’accord pour le faire.

En ce qui concerne les particules fines et la COP21 je crains que nous nous fassions un peu "enfumer", si tu me permets cette formule.

Quand j’étais jeune, disons il y a cinquante ans environ, les camions, les tracteurs, les engins de chantier, sans parler du chauffage au charbon, tout ça dégageait de nuages noirs, épais, irrespirables qui se retrouvaient dans l’air.
Et pourtant quand ma mère est tombée malade d’un cancer du sein, ça passait presque pour une maladie honteuse, tellement c’était encore rare.

Je vais faire un petit détour écologique :
Les masques à gaz et autres COV (composés organiques volatiles) contiennent dans leur filtre du charbon actif. Or, les particules atmosphériques, dont on nous rabat les oreilles, sont en bonne partie composées de carbone, de suie. Ces particules de carbone offrent une très grande surface et sont capables d’adsorber une très grande variété de substances chimiques (comme par exemple le tétrachloréthylène de la source de l’Ayroule à Foix).
Faut aussi savoir que la moitié à deux tiers des substances actives pulvérisées par nos agriculteurs à la « pointe du progrès » se retrouvent dans l’air après l’évaporation des gouttelettes de l’aérosol qui les transportait. (étude de l’INRA)

Et là, honnêtement, j’extrapole un peu : pourquoi ces particules de carbone, flottant dans l’air n’adsorberaient-elles pas ces molécules des divers pesticides qui passeraient à proximité comme elles le font dans les masque à gaz et autre filtres à charbon ?
Ensuite « il nous suffit » de les respirer bien profondément pour faire les dégâts bien connus dans le corps.
Alors, cette polémique autour des particules ne cacherait-elle pas une énième manœuvre de l’industrie des pesticides, pour faire diversion, afin qu’on ne se rende pas trop compte de leur énorme responsabilité dans l’explosion de cancers à laquelle nous assistons actuellement ?
Et le flingage actuel des voitures diesel n’est-il pas un peu justifié par le fait que la recharge des voitures électriques se fera la nuit, précisément quand nos centrales nucléaires produisent beaucoup plus de courant que ce que nous consommons, et qu’EDF ne sait plus quoi en faire ?
Ce sera un bon argument culpabilisant les acheteurs de voiture diesel et bon pour vendre des voitures tournant au nucléaire.
Mais, bon, ce sont les deux versants d’un même méfait et nous devons remédier aux uns comme aux autres.

Le mieux, c’est encore le vélo. Il dégage des particules de sueur ; mais à ma connaissance, ça n’a encore rendu personne malade.
Ma mère est morte à 57 ans le 27 juin 1975. Elle tenait beaucoup à son gazon impeccable, avec l’aide de plein de produits chimiques.
Pour un Noël elle m’avait offert le livre de Rachel Carson : « Le printemps silencieux ». Elle s’appelait Lucie.
L’écobuage : juste une allumette et un peu d’herbe sèche mais pour les conséquences, ça peut mener loin.

Le débat est ouvert




[1Service départemental d’incendie et de secours de l’Ariège

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