Association départementale agréée de protection de l'environnement en Ariège

"C’est la beauté de la nature, de la vie, et de l’œuvre de l’Homme dans sa dimension créatrice, qui devra nous inspirer tout au long des voies nouvelles que nous emprunterons." Pierre Rabhi (agriculteur-écrivain-humaniste français)

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jeudi 3 avril 2014

LE SILENCE DES SAULES

OÙ SONT PASSÉS LES POLLINISATEURS ?

Depuis la mi-mars de cette année 2014 il suffit de se placer devant un saule ou des pissenlits pour constater l’absence quasi totale d’insectes sur les fleurs.
Sauf une abeille par ci par là. Celles des deux ruches encore vivantes sur les trente bien présentes à l’automne.
En tout cas chez moi à Sentenac d’Oust.
Et ailleurs ?
Et si la disparition des insectes pollinisateurs et celle des abeilles avait la même cause ?
Il est important que toutes vos observations sur des disparitions ou fortes raréfactions d’insectes habituellement présents nous soient signalées !


Fleur de saule Marsaut
Vers mi-décembre des apiculteurs de Midi-Pyrénées et de Languedoc-Roussillon (et probablement d’ailleurs) ont constaté des mortalités massives de ruches ( de l’ordre de 75 à 90%) et de très forts affaiblissements des ruches restantes .
Ces mortalités se sont poursuivies pendant tout l’hiver et ce début de printemps
Une étude au cas par cas des itinéraires des ruches durant l’année 2013 montre un lien évident avec la présence des ruches atteintes sur des zones d’élevage et d’estive de grand bétail (équin, ovin, bovin) avec une période clé de fin août à mi septembre.
Tout lien avec des techniques apicoles ou des parasitoses (Varroa) et maladies des abeilles peut être écarté ou réduit à un effet marginal. (Constat effectué par des vétérinaires conseils en apiculture)
Le ministère de l’agriculture à travers son responsable du plan apicole, M. Gerster, semble vouloir se bouger.
Dans quel sens ? La question est posée.
Tous les indices pointent clairement vers des traitements antiparasitaires (Ivermectine ?) ou de désinsectisation (Cyromazine ou autre ?) Mais rien aujourd’hui ne permet une certitude sur l’identité du ou des produits responsables. Des analyses sont en cours mais les limites d’analyse ne permettent pas de déceler des taux déjà "efficaces" sur les abeilles, sans parler des synergies possibles entre plusieurs produits.

Abeille sur une fleur de pommier. Regardez-la bien. C'est peut-être la dernière !
Lors d’une réunion technique à Toulouse le 27 mars avec beaucoup de beau monde la proposition a été faite de se rapprocher du ministère de l’environnement vu l’impact certain des causes de ces mortalités d’abeilles sur l’entomofaune en général.
Le refus fut net et total.

Pourtant depuis quelques semaines je constate localement une absence quasi totale d’insectes butineurs sur les saules, pissenlits, véroniques, etc. hormis les quelques abeilles des deux dernières ruches restantes autour de la maison.
Nous habitons pourtant dans une zone à très grand potentiel de biodiversité (pas de grandes cultures, mais des prairies fauchées et/ou pacagées, des forêts établies(hêtres, chênes), et des forêts plus jeunes ( frênes, noisetiers, tilleuls, merisiers, acacias, etc) sur les surfaces abandonnées. (Sentenac d’Oust, 700m d’altitude, Ariège)
Il est frappant d’apercevoir des oiseaux migrateurs insectivores (fauvettes, pouillots, rouge-queue, etc.) mais sans entendre de chant qui marquerait une "prise de territoire" normale à cette saison. Il semble que l’absence d’insectes les pousse à aller voir ailleurs.

Sur les fleurs d'Aubriétias le Grand Bombile dont les larves vivent dans le sol, a disparu.
Des études montrent déjà de fortes diminutions des insectes colonisant les déjections animales ce qui en retarde la transformation en humus. Les surfaces recouvertes par les bouses de vaches augmentent considérablement et cela diminue d’autant celles de l’herbe disponible pour les animaux.
Énormément de larves de diptères, de vers et nématodes transforment dans le sol la matière organique en humus. En les détruisant avec des produits anti-parasitaire et anti-mouches le risque est grand de modifier la texture et surtout la fertilité des sols.

Le sommet est atteint avec la destruction des bousiers due aux produits anti-parasitaires.

Bousier sur une crotte de brebis.
Le Bousier porte sur son ventre de nombreux acariens. Ce ne sont pas des parasites mais ils profitent d’un transport gratuit de bouse en bouse par le bousier.
Mais dans les bouses ces acariens dévorent justement les larves des parasites rejetées par le bétail dans l’environnement.

Acariens fixés sur le ventre d'un bousier
Moralité ; à force de vouloir éliminer tout ses ennemis (supposés), on finit par trucider ses amis.
Au grand profit des marchands de pesticides.


Voyez ce film de 2014 (plus de 6mn) très bien réalisé, aux témoignages explicites et certains poignants, sur la mortalité incompréhensible des abeilles en Roussillon...Les 1ers constats datent de 2009 mais la situation ne s’est pas améliorée ; elle s’est même détériorée dans les autres départements Pyrénéens dont l’Ariège...


Les abeilles meurent dans les Pyrénées... par Antigravit


Description de la situation dans les Pyrénées Orientales début 2014







Ariège : un mal mystérieux....
"Il faut sauver les abeilles"


Voir en ligne : Idem, ailleurs dans le monde...

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