Comité Écologique Ariégeois

Association départementale agréée de protection de l'environnement en Ariège

Il ne faut pas s’accrocher aux alternatives en se disant qu’elles vont changer la société. La société changera quand la morale et l’éthique investiront notre réflexion. Chacun doit travailler en profondeur pour parvenir à un certain niveau de responsabilité et de conscience et surtout à cette dimension sacrée qui nous fait regarder la vie comme un don magnifique à préserver. (Pierre Rabhi 21 avril 2020)

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jeudi 16 septembre 2021

Mas d’Azil : un projet de cheminement aberrant piloté sans consultation

Le CEA a demandé par courrier puis au guichet de la mairie une entrevue avec le maire du Mas d’Azil au sujet de ce projet. AUCUNE RÉPONSE !
Or notre association a des motifs statutaires pour étudier le dossier puisque ce projet mentionne l’abattage des quelques 28 marronniers alignés sur la route et que tout Azilien de souche connaît depuis sa naissance puisque les plantations ont environ 100 ans.
Nous sommes également sensibles à la sécurité des piétons dans cette zone de la grotte, dangereuse pour eux.

Dans le cadre d’une pré-étude réalisée en 2018, le CAUE [1] proposait de tracer cette liaison douce en rive gauche de la voie routière (Sens montant vers la grotte), en procédant au busage du fossé existant.
Après examen des différents scénarios (voir plus loin les alternatives), et considérant les travaux d’effacement du réseau électrique sur pylônes béton, le choix technique s’est porté sur cette dernière option.
Bien que situé en majeure partie hors agglomération, le secteur très fréquenté par les piétons est limité à 50 km/h (sachant qu’on a mesuré une fréquentation moyenne d’un millier de véhicules par jour dont une soixantaine de camions !)

mini carte du document ONF

L’aménagement de ce cheminement doux, permettrait de donner un caractère semi urbain à la voie (trottoir, éclairage sur lampadaires, choix de matériaux faisant la transition avec la chaussée, etc.), garantissant une vigilance accrue des automobilistes et la mise en sécurité des usagers les plus vulnérables.(CAUE)

Le CAUE respectait donc la présence des marronniers dans son étude.
Alors pourquoi le maire du Mas tente par tous les moyens de faire adopter le projet côté droit de la route (en montant du village vers la grotte) en abattant les arbres ?

Or il faut savoir qu’on ne peut toucher impunément aux alignements d’arbres des voies de communication. [2]

Alors pourquoi les abattre ?

constat ONF 2018

Ils seraient en mauvais état paraît-il...sauf qu’une étude de l’ONF en 2018 les déclarait sains pour la grande majorité d’entre eux. Même si des soins s’imposaient et qu’on aurait dû faire depuis longtemps. Ce que la chargée de mission du CCAL - Arize-Lèze dans le cadre des programmes de rénovations territoriales et travaillant pour la commune du Mas - avait traduit par :
" Une étude réalisée par l’ONF en 2018 montre un bilan sanitaire mauvais sur la quasi-totalité des arbres (blessures & affections foliaires), présentant des risques de chutes de branches sur la route - Un alignement horticole (sic ! ) qui a perdu son sens dans le paysage boisé de l’entrée de village (Ah bon ?)
Le projet prévoit la plantation de 14 arbres aux essences locales et adaptées au climat et au paysage.

Donc on coupe des arbres centenaires pour replanter d’autres arbres. Et ceux-là, riquiqui pendant des dizaines d’années, auront du sens peut-être ?

La conclusion de l’étude faite par l’ONF

De plus la proposition de remplacer par 14 arbres est en contradiction avec le PLUI qui pose la règle, à défaut de conserver les arbres existants, le remplacement doit être fait "par des plantations équivalentes sur la base de 1 pour 1 minimum d’essences locales". Pas par la moitié.

Plusieurs habitants de la commune du Mas d’Azil avaient pourtant avancé un projet alternatif pour cette liaison grotte-village.

Il s’agit d’un cheminement piétonnier rive gauche de la rivière Arize, donc un chemin en pleine nature. Les piètons sont en sécurité, cheminant à l’ombre l’été ; on laisse tranquilles nos marronniers centenaires et ça coûte bien moins cher.
Les contraintes envisagées seraient la construction d’une passerelle à la sortie de la grotte et l’expropriation de quelques mètres carrés d’une partie du chemin qui font partie actuellement de propriétés privées. On a vu d’autres contraintes plus lourdes à lever surtout s’il s’agit d’implantation d’usine avec des fonds publics (mais ceci est un autre sujet).

Et figurez-vous que la chargée d’étude y avait pensé aussi puisqu’elle dit :
Réaliser une passerelle sur la rivière pour amener les piétons de la sortie de la Grotte à la Place du Bout de la Ville, non retenu, pourquoi ?
Complexité concernant l’acquisition foncière des parcelles privées de l’autre côté de l’Arize (12 propriétaires).
Un aménagement qui ne répondait pas aux besoins d’accessibilité PMR, donc peu subventionné. Un parcours peu visible qui serait resté confidentiel.

Mais elle ajoute : Néanmoins, réaliser cette passerelle dans un second temps, comme un second cheminement entre la Grotte et le village, plus aventureux, reste totalement probable. Le PLUi, en cours de révision, offre des outils qui peuvent faciliter l’acquisition foncière (grâce aux Emplacements Réservés).
Là on en reste baba ! Alors si c’est faisable, pourquoi abattre 28 marronniers centenaires et entamer des chantiers pharaoniques sur la route (qui devraient coûter des centaines de milliers d’euros [3] aux contribuables (Aziliens, Ariègeois, Occitans et Français), entamant la libre circulation pendant des mois de travaux ?

Comme vous n’avez pas eu le temps de répondre à nos deux précédents courriers, Monsieur le Maire du Mas d’Azil, pour la 3eme fois, nous vous redemandons un entretien pour parler sereinement de ces 3 alternatives et nous dire les raisons objectives de votre choix de l’abattage des marronniers ?

Le Comité Écologique Ariégeois

Zone du Mas dans Geoportail. Vous pouvez agrandir par +


[1Conseil d’architecture, d’urbanisme et de l’environnement

[2Les allées d’arbres et alignements d’arbres qui bordent les voies de communication constituent un patrimoine culturel et une source d’aménités, en plus de leur rôle pour la préservation de la biodiversité et, à ce titre, font l’objet d’une protection spécifique. Ils sont protégés, appelant ainsi une conservation, à savoir leur maintien et leur renouvellement, et une mise en valeur spécifiques.
Le fait d’abattre, de porter atteinte à l’arbre, de compromettre la conservation ou de modifier radicalement l’aspect d’un ou de plusieurs arbres d’une allée ou d’un alignement d’arbres est interdit - article L.350-3 du code de l’environnement (issu de la loi pour la reconquête de la biodiversité)

[3en fait 471 000€ hors taxe !!!

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