Comité Écologique Ariégeois

Association départementale agréée de protection de l'environnement en Ariège

Il ne faut pas s’accrocher aux alternatives en se disant qu’elles vont changer la société. La société changera quand la morale et l’éthique investiront notre réflexion. Chacun doit travailler en profondeur pour parvenir à un certain niveau de responsabilité et de conscience et surtout à cette dimension sacrée qui nous fait regarder la vie comme un don magnifique à préserver. (Pierre Rabhi 21 avril 2020)

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lundi 27 décembre 2021

Qu’en est-il des espèces susceptibles d’occasionner des dégâts (ex "nuisibles") ? 

Détruire les espèces susceptibles d’occasionner des dégâts ? C’est la réponse traditionnelle des organismes liés à la chasse et à la faune sauvage.
Notre opinion n’est pas celle-là et, même minoritaires, nous la défendons dans les instances départementales.

27/12/2021 - Vous pourrez lire ci-dessous (février 2019) ce que le CEA pense et vit en commission de la chasse au sujet des ESOD. Mais en brossant plus large que l’Ariège, le journal Libération fait, ce jour, un point relativement objectif sur la place des APNE [1] (ou ONG au plan national) dans la défense des animaux considérés par commodité par les chasseurs comme "nuisibles". Il faut entendre par là "concurrent".

Extraits de l’article :
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Initialement prévu en 2022, le nouvel inventaire des Esod (espèces susceptibles d’occasionner des dégâts) devrait finalement voir le jour en 2023, pandémie de Covid oblige. Il est établi sur proposition du préfet et après avis d’une formation spécialisée issue de la commission départementale de la chasse et de la faune sauvage (CDCFS). Mais cette dernière pose problème, notamment sur sa représentativité. Sous la houlette des préfets, chacune de ces formations est composée d’une personne représentant différents groupes : les piégeurs, les chasseurs, les intérêts agricoles, les « associations agréées actives dans le domaine de la conservation de la faune et de la protection de la nature » ainsi que deux personnalités qualifiées en matière scientifique et technique dans le domaine de la chasse ou de la faune sauvage.

« On est en minorité », accusent plusieurs délégués LPO et FNE. « Dans ma commission, j’ai un scientifique de la fédération de la pêche, vous vous doutez qu’il ne vote pas comme moi… » embraye Bruno Gaudemer. Parfois, certains arrivent à s’allier le vote du chercheur et plus rarement de l’agriculteur. Pas de quoi peser dans la balance. « Dans les années 80, les commissions étaient uniquement composées de chasseurs », se rappelle Michel Métais de la LPO de Charente-Maritime. « Nous sommes des intrus dans leur commission », glisse Pierre Rigaud de FNE Puy-de-Dôme. Et les chasseurs ne manquent pas de le faire savoir à leurs opposants. « Mais au nom de quoi il y aurait une égalité dans les commissions ? lâche Thierry Coste, conseiller politique de la Fédération nationale des chasseurs (FNC). Les ONG ne sont pas responsables de la faune chassable. »

Dans ce contexte, les associations de protection de l’environnement se disent découragées. « Je continue à venir, pour montrer qu’on est ouverts à la discussion. Mais je le vis mal », glisse un membre de la LPO de l’Aveyron. « Nos documents, notes de synthèses, on ne sait même pas s’ils sont lus… » souligne-t-on dans un autre département. Le directeur général de la FNC, Nicolas Rivet, tempère : « C’est sans doute vrai dans certains endroits, mais ce n’est pas partout. » D’autres associatifs préfèrent carrément boycotter les réunions. « Les ONG sont très nombrilistes ! tance Thierry Coste, le lobbyiste de la chasse. Ça nous arrive aussi de ne pas être écoutés, ni entendus… » Quant aux préfets, garants du bon déroulement de la rencontre, Bruno Gaudemer les soupçonne de craindre la réaction des chasseurs : « L’administration a peur des chasseurs, ils sont capables de venir à 500 et déverser leur fumier devant les préfectures… »

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Le début et la suite dans le PDF ci-dessous :

Voir le Fichier : Liberation_du_27_decembre_2021_-_La_faune_trop__nuisible__pour_les_chasseurs.pdf


6/02/2019 - Une réunion restreinte de la Commission Départementale de la Chasse et de la Faune Sauvage (CDCFS) a eu lieu jeudi 31 janvier. Ce type de réunion se tient tous les 3 ans, l’objectif étant de définir le comportement cynégétique vis-à-vis des animaux sauvages « susceptibles d’occasionner des dégâts » appellation qui remplace avantageusement depuis 3 ans le terme initial « nuisible ».
Le résultat est cependant le même on va tuer des animaux.
Il y avait donc l’ONCFS, les piégeurs, la louveterie, la DDT et nous le CEA.
Au menu les catégories 2 (Pour rappel : catégorie 1 - espèces exogènes ; catégorie 3 - lapin, pigeon et sanglier), comportaient 6 espèces : Renard, Fouine, Martre, Corneille noire, Pie bavarde et Geai des chênes.
On commence par des considérations d’ordre général. Les piégeurs sont appelés lorsqu’il y a dégâts, par exemple une poule embarquée par un renard ou un cerisier piraté par des Corneilles, Pies ou geais. Cela concerne également les constatations de dégâts sur la faune sauvage, exemple la Martre qui serait gourmande des œufs de Grand Tétras (qui niche au sol).
Une fiche pour chacune de ces espèces recense les « captures » (tir ou piégeage, par territoire, ainsi que l’ensemble des plaintes de dégâts enregistrées.
Les renards représentent plus de la moitié des dégâts recensés et en moyenne 1000 renards sont « capturés », en fait détruits soit par tir, piégeage ou déterrage (barbare !).
Nous considérons que ces destructions sont :
 Inutiles, la population s’adaptant avec des portées plus ou moins nombreuses.
 Inefficaces puisque depuis que la louveterie existe (créée par Charlemagne !) les dégâts sont toujours là.
 Barbare car exterminer des individus chaque fois qu’il y a un problème est une vision très réductrice, une vraie caricature de ce qui pourrait être fait.
Nous voulons les remplacer par des mesures d’effarouchement pour la protection efficace des intérêts patrimoniaux en cause, et la recherche de moyens naturels permettant d’éviter les proliférations (prédateurs protégés, artefacts repoussoirs adaptés à chaque animal en cause, présence humaine plus fréquente , etc)
Bref les piégeurs et la louveterie devraient se renouveler, faire preuve d’imagination, et la DDT devrait inciter à cette évolution, mais on n’en est pas là...

Le Geai des chênes est un exemple de l’humour involontaire de ces messieurs : Sur les trois dernières années, une seule plainte a été formulée à son encontre et pour un dégât évalué à 100€ !!! Mais cet oiseau sera quand même pourchassé toute l’année et en 3 ans, 200 geais ont été piégés (tués) par des piégeurs assermentés. Nous avons demandé si c’était une blague, mais non, d’après les piégeurs et l’ONCFS, les gens ne portent pas suffisamment plainte et le geai ferait beaucoup de dégâts comme par exemple des trous dans les bâches agricoles avec leurs becs... Sans rire !
On détruit tout ce qui bouge et on ne se remet surtout pas en question !
A quoi bon assister à ces réunions me direz vous puisqu’on ne peut pas stopper ces mauvaises habitudes ? Oui, c’est vrai, cela peut apparaître comme décourageant, mais on s’exprime librement pendant cette commission et ils sont bien obligés de nous écouter. Même si rien ne transparaît dans leurs attitudes, ils doivent bien reconnaître dans leur for intérieur que certaines de nos remarques ne sont pas dénuées de bon sens et donc faire bouger les lignes petit à petit, c’est notre objectif, c’est ce qu’on espère.
Bertrand et Serge (CEA), représentant les APNE d’Ariège


[1Associations de Protection de la Nature et de l’Environnement

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