Comité Écologique Ariégeois

Association départementale agréée de protection de l'environnement en Ariège

« Je ne vois qu’un moyen de savoir jusqu’où l’on peut aller : c’est de se mettre en route et de marcher » Henri Bergson

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dimanche 12 juin 2022

Les pigeons ramiers (palombes) ne doivent pas être chassés toute l’année !

Réponse du CEA à l’Enquête Publique

Le CEA a tenu à manifester son opposition à cette chasse supplémentaire et à ce classement des palombes comme ESOD (Espèce Susceptible d’Occasionner des Dégâts) dans une réponse à la Préfète que nous publions ci-dessous.

MàJ le 12 juin 2022 - La Préfecture s’apprête à autoriser les tirs à la palombe (pigeons ramiers) pratiquement toute l’année en les affublant du titre ronflant de ESOD [1], ce qui les rend chassables chaque fois qu’un exploitant agricole le demande.
Et de plus, leur chasse officielle par tous serait prolongée d’un mois (mars) si l’arrêté est publié. Vous pouviez donc écrire à la Préfète pour donner votre avis sur ce projet d’arrêté. Enquête publique terminée.

Le CEA a tenu à manifester son opposition à cette chasse supplémentaire et à ce classement de ESOD dans une réponse à la Préfète que nous publions ci-dessous :

Objet : Réponse du Comité Ecologique Ariégeois à la consultation publique sur le Projet d’arrêté préfectoral portant sur le classement du pigeon ramier comme espèce susceptible d’occasionner des dégâts et définissant les périodes et les modalités de destruction pour la période du 1er juillet 2022 au 30 juin 2023

Madame la préfète,
Notre association est défavorable à ce projet d’arrêté, notamment pour les raisons suivantes :
Les communes listées en annexe 1 de cet arrêté ne sont absolument pas toutes concernées par des cultures susceptibles d’être affectées par des dégâts de pigeons ramiers, certaines sont même parfois tout simplement exemptes de surfaces cultivées, le territoire communal étant occupé exclusivement par de la prairie et de la forêt ou autre surface non agricole. Cette liste en annexe est donc bien trop importante.

Les dégâts causés par les palombes doivent être prouvés et documentés pour chaque exploitation concernée, ce qui n’est pas du tout le cas pour l’instant en Ariège, en effet, ils peuvent tout aussi bien être causés par des pigeons féraux (ou férals selon le Larousse). Ce « pigeon biset » des villes est fort répandu dans notre département, notamment dans les agglomérations proches de zones de cultures où il ne dédaigne pas de se nourrir des mêmes plantes, il est donc très facile d’accuser à tort les pigeons ramiers.

Selon l’article 2, la période de destruction est définie sans autorisation du 21 février 2023 au 31 mars 2023. Rien ne permet de justifier que l’on puisse détruire sans autorisation des palombes pendant cette période, d’autant plus que la très grande majorité des cultures protéagineuses sont semées ultérieurement. Rappelons également que les palombes font alors des trajets de printemps pour se reproduire, et qu’il est totalement exclu de détruire des oiseaux dans ces conditions sans motif démontré et sans autorisation (individuelle). Il est clair que cette partie de l’article 2 a été rédigé en fait pour prolonger la période de chasse à la palombe d’un mois entier, ce qui est inadmissible.

Au final, on pourrait ainsi tirer sur le pigeon ramier pratiquement toute l’année, y compris en pleine période de reproduction, soit pour le détruire, soit pour le chasser, c’est sans doute ce que l’on appelle la révolution des consciences face à la fragilité de la biodiversité en général.
Pour toutes ces raisons, non exhaustives, nous ne pouvons approuver en l’état ce projet d’arrêté, notre avis est tout à fait défavorable.

Respectueusement,
Les 3 co-présidents

27/12/2021 -
Détruire les espèces susceptibles d’occasionner des dégâts ? C’est la réponse traditionnelle des organismes liés à la chasse et à la faune sauvage.
Notre opinion n’est pas celle-là et, même minoritaires, nous la défendons dans les instances départementales.
Vous pourrez lire ci-dessous (février 2019) ce que le CEA pense et vit en commission de la chasse au sujet des ESOD. Mais en brossant plus large que l’Ariège, le journal Libération fait, ce jour, un point relativement objectif sur la place des APNE [2] (ou ONG au plan national) dans la défense des animaux considérés par commodité par les chasseurs comme "nuisibles". Il faut entendre par là "concurrent".

Extraits de l’article :
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Initialement prévu en 2022, le nouvel inventaire des Esod (espèces susceptibles d’occasionner des dégâts) devrait finalement voir le jour en 2023, pandémie de Covid oblige. Il est établi sur proposition du préfet et après avis d’une formation spécialisée issue de la commission départementale de la chasse et de la faune sauvage (CDCFS). Mais cette dernière pose problème, notamment sur sa représentativité. Sous la houlette des préfets, chacune de ces formations est composée d’une personne représentant différents groupes : les piégeurs, les chasseurs, les intérêts agricoles, les « associations agréées actives dans le domaine de la conservation de la faune et de la protection de la nature » ainsi que deux personnalités qualifiées en matière scientifique et technique dans le domaine de la chasse ou de la faune sauvage.

« On est en minorité », accusent plusieurs délégués LPO et FNE. « Dans ma commission, j’ai un scientifique de la fédération de la pêche, vous vous doutez qu’il ne vote pas comme moi… » embraye Bruno Gaudemer. Parfois, certains arrivent à s’allier le vote du chercheur et plus rarement de l’agriculteur. Pas de quoi peser dans la balance. « Dans les années 80, les commissions étaient uniquement composées de chasseurs », se rappelle Michel Métais de la LPO de Charente-Maritime. « Nous sommes des intrus dans leur commission », glisse Pierre Rigaud de FNE Puy-de-Dôme. Et les chasseurs ne manquent pas de le faire savoir à leurs opposants. « Mais au nom de quoi il y aurait une égalité dans les commissions ? lâche Thierry Coste, conseiller politique de la Fédération nationale des chasseurs (FNC). Les ONG ne sont pas responsables de la faune chassable. »

Dans ce contexte, les associations de protection de l’environnement se disent découragées. « Je continue à venir, pour montrer qu’on est ouverts à la discussion. Mais je le vis mal », glisse un membre de la LPO de l’Aveyron. « Nos documents, notes de synthèses, on ne sait même pas s’ils sont lus… » souligne-t-on dans un autre département. Le directeur général de la FNC, Nicolas Rivet, tempère : « C’est sans doute vrai dans certains endroits, mais ce n’est pas partout. » D’autres associatifs préfèrent carrément boycotter les réunions. « Les ONG sont très nombrilistes ! tance Thierry Coste, le lobbyiste de la chasse. Ça nous arrive aussi de ne pas être écoutés, ni entendus… » Quant aux préfets, garants du bon déroulement de la rencontre, Bruno Gaudemer les soupçonne de craindre la réaction des chasseurs : « L’administration a peur des chasseurs, ils sont capables de venir à 500 et déverser leur fumier devant les préfectures… »

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Le début et la suite dans le PDF ci-dessous :

Voir le Fichier : Liberation_du_27_decembre_2021_-_La_faune_trop__nuisible__pour_les_chasseurs.pdf


6/02/2019 - Une réunion restreinte de la Commission Départementale de la Chasse et de la Faune Sauvage (CDCFS) a eu lieu jeudi 31 janvier. Ce type de réunion se tient tous les 3 ans, l’objectif étant de définir le comportement cynégétique vis-à-vis des animaux sauvages « susceptibles d’occasionner des dégâts » appellation qui remplace avantageusement depuis 3 ans le terme initial « nuisible ».
Le résultat est cependant le même on va tuer des animaux.
Il y avait donc l’ONCFS, les piégeurs, la louveterie, la DDT et nous le CEA.
Au menu les catégories 2 (Pour rappel : catégorie 1 - espèces exogènes ; catégorie 3 - lapin, pigeon et sanglier), comportaient 6 espèces : Renard, Fouine, Martre, Corneille noire, Pie bavarde et Geai des chênes.
On commence par des considérations d’ordre général. Les piégeurs sont appelés lorsqu’il y a dégâts, par exemple une poule embarquée par un renard ou un cerisier piraté par des Corneilles, Pies ou geais. Cela concerne également les constatations de dégâts sur la faune sauvage, exemple la Martre qui serait gourmande des œufs de Grand Tétras (qui niche au sol).
Une fiche pour chacune de ces espèces recense les « captures » (tir ou piégeage, par territoire, ainsi que l’ensemble des plaintes de dégâts enregistrées.
Les renards représentent plus de la moitié des dégâts recensés et en moyenne 1000 renards sont « capturés », en fait détruits soit par tir, piégeage ou déterrage (barbare !).
Nous considérons que ces destructions sont :
 Inutiles, la population s’adaptant avec des portées plus ou moins nombreuses.
 Inefficaces puisque depuis que la louveterie existe (créée par Charlemagne !) les dégâts sont toujours là.
 Barbare car exterminer des individus chaque fois qu’il y a un problème est une vision très réductrice, une vraie caricature de ce qui pourrait être fait.
Nous voulons les remplacer par des mesures d’effarouchement pour la protection efficace des intérêts patrimoniaux en cause, et la recherche de moyens naturels permettant d’éviter les proliférations (prédateurs protégés, artefacts repoussoirs adaptés à chaque animal en cause, présence humaine plus fréquente , etc)
Bref les piégeurs et la louveterie devraient se renouveler, faire preuve d’imagination, et la DDT devrait inciter à cette évolution, mais on n’en est pas là...

Le Geai des chênes est un exemple de l’humour involontaire de ces messieurs : Sur les trois dernières années, une seule plainte a été formulée à son encontre et pour un dégât évalué à 100€ !!! Mais cet oiseau sera quand même pourchassé toute l’année et en 3 ans, 200 geais ont été piégés (tués) par des piégeurs assermentés. Nous avons demandé si c’était une blague, mais non, d’après les piégeurs et l’ONCFS, les gens ne portent pas suffisamment plainte et le geai ferait beaucoup de dégâts comme par exemple des trous dans les bâches agricoles avec leurs becs... Sans rire !
On détruit tout ce qui bouge et on ne se remet surtout pas en question !
A quoi bon assister à ces réunions me direz vous puisqu’on ne peut pas stopper ces mauvaises habitudes ? Oui, c’est vrai, cela peut apparaître comme décourageant, mais on s’exprime librement pendant cette commission et ils sont bien obligés de nous écouter. Même si rien ne transparaît dans leurs attitudes, ils doivent bien reconnaître dans leur for intérieur que certaines de nos remarques ne sont pas dénuées de bon sens et donc faire bouger les lignes petit à petit, c’est notre objectif, c’est ce qu’on espère.
Bertrand et Serge (CEA), représentant les APNE d’Ariège


[1Espèce Susceptible d’Occasionner des Dégâts

[2Associations de Protection de la Nature et de l’Environnement

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