Comité Ecologique Ariégeois

Association départementale agréée de protection de l'environnement en Ariège

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vendredi 14 février 2020

Le blog de la carrière de St Lary

Après la précédente Enquête Publique (carrière de St Lary-09800) du 16-08 au 23-09-2016 pour l’exploitation d’une carrière de marbre aux lieux-dits "Cabanasse" et "Goulau", l’entreprise PLO a remis le couvert pour une nouvelle réouverture (après un épisode "illégal" d’extraction sans autorisation en 2014 ; pour laquelle elle passe en jugement ce 2 juin 2020 à Castres qui est son adresse domiciliaire).
Le CEA et l’association locale "Protégeons la Haute Bellongue" demandent à leurs adhérents et à tous les citoyen.ne.s sensibles aux pillages et aux perturbations de l’environnement, de participer à cette nouvelle enquête publique du 27 janvier au 26 février 2020 inclus. Nous vous donnons tous les détails ci-dessous.

MàJ 14/02/2020 - Comment participer à l’enquête publique ?

Habitant de la vallée ou non, chacun peut participer :
- en mairie de Saint-Lary, vendredi 21 février 2020 de 9 h 00 à 13 h 00
- par courrier postal (Mr le Commissaire Enquêteur - mairie - 09800 St-Lary)
- ou par internet : pref-utilite-publique@ariege.gouv.fr.

Toutes les précisions concernant l’enquête publique et le dossier de demande d’autorisation sont consultables en mairie de Saint-Lary les lundi et vendredi de 8 h 30 à 11 h 00 ou sur internet : Ici.

M. le Commissaire-enquêteur sera présent à la mairie de Saint-Lary le vendredi 21 février 2020 de 9 h 00 à 13 h 00. Il est possible de participer de façon anonyme en le demandant au Commissaire-enquêteur ; votre avis sera tout autant pris en compte.
Nous ne voulons pas d’illusoires retombées économiques et d’une exploitation aux conséquences majeures (bruits, poussières, insécurité routière, détérioration du milieu naturel). Nous voulons un développement respectueux tant de notre environnement que des habitants et la préservation de notre lieu de vie. Forte de plus d’une centaine d’adhérents, notre association a vu le jour en 2016, suite à un premier projet de carrière par le même industriel, porteur du nouveau projet. Nos premières actions ont contribué au retrait de la première demande d’autorisation d’exploitation (deux actions juridiques sont toujours en cours). Si vous partagez nos convictions, n’hésitez pas à nous rejoindre et à participer à cette Enquête !

Notre analyse (CEA et Protégeons la Haute Bellongue) :

Alors que notre vallée possède une richesse en tant que potentiel touristique, ce projet va rendre bien difficile la crédibilité d’un « village oxygène ». Car même si le nouveau projet s’annonce 50 % moins important, il comporte les mêmes nuisances que le précédent projet (voir nos textes précédents au bas de cet article) sans toutefois apporter plus de richesses à la vallée. De plus, malgré un dossier de présentation très conséquent, des zones d’incompréhension subsistent et des questions importantes restent encore sans réponse.

Exploitation illégale ?

Une industrie qui laisse perplexe
Les exemples ne manquent pas en Ariège pour s’inquiéter d’une telle exploitation sur notre territoire. Rappelons que l’industriel, porteur du projet, est prévenu d’avoir en 2014 commencé d’exploiter la carrière sans autorisation (audience le 2 juin 2020 au tribunal de Castres). Sans compter l’absence totale de précaution avec le rejet des eaux de sciage directement dans le ruisseau en aval. Ailleurs, les pratiques d’autres industriels sur d’autres sites ne peuvent que nous inciter à la méfiance. À Estours (commune de Seix), des camions de 30 tonnes ont emprunté une route limitée à 3,5 tonnes… À Aubert (commune de Moulis), depuis plus de quatre ans, c’est une exploitation sans respect des engagements initiaux (absence de bassin de décantation, passage à gué des engins dans la rivière…) et des coûts d’aménagements importants (rond-point, construction d’un nouveau pont)… à la charge des collectivités. L’industriel nous assure de sa bonne foi et de sévères contrôles par les autorités… Si la DREAL a mis fin à l’exploitation sans autorisation en 2014, pourquoi tant d’irrégularités ailleurs ? Qui contrôle vraiment et qui a réellement les moyens de faire appliquer la réglementation ? Qui contrôle les volumes exploités sinon l’industriel lui-même ?

Quels bénéfices pour la commune et les habitants ?
- Un emploi d’ouvrier polyvalent qui serait recruté « à l’échelle du territoire du Couserans » (les quelques emplois de techniciens spécialisés sont déjà pourvus).
- Quelques aides pour les associations locales. À qui ? Combien ?
- Quelques retombées sur les commerces locaux ?
- « Apporter de la vie dans la commune » ? (Pourtant, à notre connaissance, aucune incidence démographique n’a été observée dans les communes porteuses de tels projets).
- Avoir la fierté collective que « le plus beau des marbres des Pyrénées » soit exploité et envoyé jusqu’en Chine, en Inde et dans les Émirats…

Et quels prix à payer par les habitants pour avoir ces mêmes "bénéfices" ?
Un prix à payer disproportionné mettant à mal l’intérêt général annoncé :
- des nuisances certaines pendant 30 ans (sans compter les risques de pollutions accidentelles)… et des nuisances minimisées, voire occultées.
- Passage de poids-lourds (jusqu’à 32 tonnes) chargés de blocs de marbre sur la route départementale par les hameaux pendant au moins un an (et plus « en cas de force majeure »). Par la suite, sur 18 km de route forestière au cœur de la forêt domaniale pour rejoindre Illartein (alors que, sauf autorisation spéciale, les habitants de la vallée ne sont pas – et ne seraient pas - autorisés à l’emprunter).
- Transport, stockage et concassage des stériles (déchets d’exploitation) en pleine forêt, au Pla de Get. Par exemple : 720 rotations de camions pendant six mois entre la carrière et le Pla de Get, point culminant garantissant la propagation du bruit dans un large secteur.
- Gros chantier d’aménagement de la route forestière (notamment une portion de 2 km actuellement inadaptée). Quels impacts ?
- Monopolisation totale, temporairement, des accès à Rouech et à Autrech par les camions (« positionnement d’une vigie munie d’un talkie-walkie en sortie de bourg qui temporisera le passage de tout véhicule durant la montée / descente du camion, et ce afin d’éviter toute manœuvre de croisement »). Est-ce bien réaliste ? Et est-ce bien respectueux des activités des résidents de la vallée ?
- Fortes nuisances liées à l’approvisionnement électrique que ce soit par un groupe électrogène nécessairement puissant (du lundi au samedi jusqu’à cinq mois par an) ou par l’installation d’une ligne haute tension.
- Risque accidentel de pollution de la source d’eau potable.
- Utilisation « exceptionnelle » d’explosifs. - Perturbation de la faune et de la flore « dans ce riche réservoir de biodiversité » (Desman, Grand Tétras, truite Fario…).
- Insécurité et perturbation des randonneurs empruntant la route forestière et le sentier de découverte d’où un risque de baisse de fréquentation.
- Le risque d’une augmentation de volume exploité sans nouvelle enquête publique est toujours possible. Et quelles garanties en cas de rachat de la société ?

Les blocs s’en vont...où ?

L’avis du CNPN [1] qu’on peut lire dans les documents de la page de la préfecture (voir en tête d’article), dit en préambule :

Ce projet concerne l’exploitation d’une carrière de marbre, pour une surface d’emprise directe de 0.6 ha (surface d’autorisation de 3.4 ha). Malgré l’emprise limitée du projet, la concentration d’enjeux majeurs de biodiversité sur le site ou à proximité immédiate (peuplement de chiroptères, zone de sensibilité de l’Ours brun avec un espace vital d’élevage de jeunes à moins de 600m, Loutre, Desman et Euprocte dans le ruisseau du Ruech…) ce qui en fait un réservoir de biodiversité remarquable, appelle une grande vigilance et des mesures exceptionnelles quant à la bonne réalisation de la démarche ERC.
Les raisons impératives d’intérêt public majeur sont nettement affaiblies par le fait que les produits d’extraction sont destinés à être transformés/valorisés hors du territoire national. Aucune valeur ajoutée ne sera développée sur le territoire local, les emplois générés réduits au strict minimum de l’exploitation de la carrière. La plus-value économique ne bénéficiera donc pas aux intérêts locaux.
Le périmètre d’étude est réduit à sa plus simple expression sans prendre en considération les chemin d’accès de 18 km de piste forestière, la possible construction d’une ligne électrique, la station de stockage. Difficile dans ces conditions d’appréhender la totalité des impacts sur la flore et la faune protégées.

Protégeons la Haute Bellongue-infos

L’accès au site par utilisation de piste forestière plutôt que la route départementale ne fait pas l’objet d’une recherche de solution alternative sérieuse et comparée d’un point de vue écologique, laissant à penser qu’emprunter 18 km de pistes forestières en montagne pourra éviter les nuisances et présenter un meilleur bilan quant à son empreinte sur la flore et la faune protégées.

Faites-vous votre opinion et participez à l’EP avant le 27 février 2020.


Edit 27 mars 2017 :Appel à dons clôturé
Un appel à dons est lancé par l’intermédiaire du CEA qui sécurise l’opération. Les informations liées à cette campagne sont indiquées sur le site d’HelloAsso qui offre sa "mécanique" moyennant un petit pourboire que vous pouvez moduler ou refuser. Tous les dons faits sur cette page seront versés intégralement à l’association "Protégeons la Haute Bellongue". Il suffit de cliquer sur "Faire un don" et vous allez être guidé pour verser votre don par carte bancaire ou e.carte.

Quelques photos de leur site : https://www.protegeons-la-haute-bellongue.fr/actualit%C3%A9s/


Tout d’abord nous disions dans une précédente Brève :

Important :

Le CEA est très réservé pour cette exploitation de carrière.

Argumentaire CEA à l’EP

Et nous avons développé ces réserves dans un document remis au Commissaire enquêteur, document que vous pouvez lire ici

Nous disions aussi : Outre aller sur place et lire les documents administratifs, il est bon de consulter les informations contenues dans ces pages de riverains bien documentés :
http://stopcarrieresaintlary.over-blog.com/
https://www.facebook.com/stop.carriere.saint.lary/?pnref=story

Une pétition, maintenant close, avait été lancée sur Cyberacteurs :
http://www.cyberacteurs.org/cyberactions/stop-carriere-saint-lary-1197.html

Observations d’un riverain à l’EP

Il est intéressant de consulter également cet apport à l’enquête publique d’un riverain qui s’est bien documenté et a fort justement dénoncé plusieurs points cruciaux dans le projet actuel. Voir ci-contre.



La carrière en 2009 : vue avec street view :

Et maintenant (2017 - sans autorisation) :

Les données GPS pour aller sur site sont : 42°53’50.1"N et 0°53’16.9"E ou 42.897248, 0.888038


[1Conseil National de Protection de la Nature

Messages

  • Il y a dans le secteur l’ancienne mine de la Souquette qui enrichit en plomb la vallée.

    Mais les carrières comme celle de Balacet n’ont jamais fait de nuisances toxiques.

    J’ai vu le rapport du "riverains " et le souci des zones humides.
    J’y suis allé randonner récemment. on y patauge joyeusement dans la boue de l’exploitation forestière onf, actuelle.
    je cherche dans le rapport ou il en parle, ainsi que du bruits des moteurs des engins de chantiers et des tronçonneuses.

  • a t’on fait des mesures de bruit, des nuisances des engins de chantiers et des tronçonneuses ?
    en pensant au rapport trés documenté sur les ZNI..., mais non exhaustif, la boue triturée par les même engins de chantiers et très abondante sur la route ne va t’elle pas se déverser dans les ruisseaux et tuer les frayères de la Bellongue.

  • "2 autres espèces (Le Desman des Pyrénées et l’Ours Brun) n’ont pas été
    observés mais leur présence est fortement probable dans l’aire d’étude."

    Force est de constater que cette étude d’incidence n’est pas jointe au dossier et
    que le pétitionnaire ne justifie pas mieux de son choix de s’affranchir de
    cette formalité substantielle.

  • On ne peut plus s’alarmer sur la crise de la biodiversité et continuer à grignoter le peu d’espace que les humains laissent à la faune et à la flore sauvage. Le temps est venu de défendre les autres vivants, qui sont plus importants que quelques profits et quelques décorations de riches résidences ...

  • Mme La Préfète,

    l’augmentation du rejet de GES doit être limité à 7.5% chaque année de 2020 à 2030 pour éviter la catastrophe (chiffres du GIEC). Il faut donc dès maintenant modifier notre économie pour la relocaliser : ce n’est pas le cas pour l’exploitation de la carrière de St-Lary ! Je m’oppose donc à la réouverture de la carrière.

    François Paumier, 14 rue Maurice Ravel 09200 Saint-Girons

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