Comité Ecologique Ariégeois

Association départementale agréée de protection de l'environnement en Ariège

"C’est la beauté de la nature, de la vie, et de l’œuvre de l’Homme dans sa dimension créatrice, qui devra nous inspirer tout au long des voies nouvelles que nous emprunterons." Pierre Rabhi (agriculteur-écrivain-humaniste français)

Accueil > Actions > Eau > Défense des cours d’eau > Les eaux usées... dans le Salat ?

mercredi 13 mars 2013

Les eaux usées... dans le Salat ?

SEIX : Le Salat va partager son lit avec les eaux usées.
BONNE NUIT !

Il y a quelques années les villages de Seix, Oust et Soueix ont construit une station d’épuration équipée avec des filtres plantés. C’est plutôt une bonne chose. Mais elle est éloignée des trois villages. Donc dans les tranchés, les tuyaux posés, tout « ça » s’en va, plus loin. Jusque-là, tout baigne.

Mais à Seix en rive gauche du Salat, juste en aval du confluent avec l’Esbintz dans le quartier qui longe le Salat, « ça » ne coule pas. C’est trop bas.
Il n’y a plus que le lit du Salat qui soit plus bas encore.

Ce n’est pas qu’à Seix les lits soient plus larges qu’ailleurs, mais le SMDEA a choisi d’y glisser en douceur la conduite des eaux usées.

C’est que le lit du Salat ce n’est pas de tout repos. Faut se rappeler la crue de 1983 : la nef de l’église romane de Salau, partie. Le pont de Coume Caude, embarqué. La passerelle de Seix, disparue.

Passerelle de Seix

Donc faut être solide. Du béton, du bon. Un mètre de haut, un mètre de large, au minimum. De quoi même y mettre un sentier pour les piétons, s’est dit la mairie. Quand il y a de la place pour un, il y a de la place pour deux.

Et le Salat, vous alliez le demander, il en dit quoi ?
Lui qui coule des jours tranquilles à rouler ses cailloux et son or depuis les larmes de la princesse espagnole (les neuf fontaines) à Salau jusqu’à Boussens avant de se joindre à la Garonne. Tranquille, pas tant que ça. 27 barrages lui font turbiner ses eaux.
Mais il est fier de faire partie du réseau Natura 2000 dont « l’intégrité » des sites est « normalement » protégée.

La fierté c’est bien beau, mais elle ne protège pas.

Alerté par un habitant de Seix et adhérent, nous attendons l’ouverture de l’enquête publique.

L’impact négatif est surtout visuel. La rive est restée dans un état préservé et « colle » bien avec le reste du village.

Village de Seix, l’église St. Étienne et le Chateau, monuments incrits à la protection du patrimoine

C’est la photo la plus prise du village de Seix. Une bande de béton rectiligne, même camouflé partiellement par des cailloux « casserait » complètement l’impression visuelle.
Le château et l’église St. Étienne ont le statut de monuments historiques inscrits. Ils bénéficient d’un périmètre de protection de 500 m.
Qu’est-ce qu’un périmètre de protection ?
C’est une servitude d’utilité publique qui s’applique autour de chaque édifice inscrit ou classé au titre des monuments historiques : « Lorsqu’un immeuble est situé dans le champ de visibilité d’un édifice classé au titre des monuments historiques ou inscrit, il ne peut faire l’objet, tant de la part des propriétaires privés que des collectivités et établissements publics, d’aucune construction nouvelle, d’aucune démolition, d’aucun déboisement, d’aucune transformation ou modification de nature à en affecter l’aspect, sans une autorisation préalable. » art. L. 621-31 du code de l’Urbanisme.

Mais ce qui nous gène beaucoup c’est qu’une fois de plus un cours d’eau, un site Natura 2000 encore en très bon état soit pris comme « variable d’ajustement » pour un équipement, certes nécessaire, sans qu’une autre solution moins dommageable ne soit proposée par les maîtres d’ouvrage.
Ça va être une fois de plus aux adhérents actifs d’une association de bénévoles de donner de leur temps pour proposer d’autres solutions valables et essayer de les faire adopter. Au vu de la photo aérienne il est clair qu’il y a de la place sur la terre « ferme » pour faire passer la conduite. La solution d’une station de relevage (pompage) même un peu difficilement, semble être possible.

Ce qui est inquiétant c’est la pollution possible du Salat. Dans un premier temps, sauf crue exceptionnelle, elle semble peu probable. Par contre tous les ouvrages construits dans le lit d’un torrent de montagne finissent par être usés et détruits. Ce n’est qu’une histoire de temps. Et après ce temps là, le lit du Salat...

Messages

  • Il n’y a pas que la.
    Il me semble que les villages de montagnes, n’ont pas de stations d’épuration.
    Que dire des fosses septiques restant à construire dans les habitations de montagnes.

    • D’après l’ADEME :

      Les communes doivent mettre en place, au plus tard le 31 décembre 2005, des services chargés de contrôler la réalisation et le bon entretien des systèmes individuels dont les particuliers sont responsables. Elles peuvent proposer un service d’entretien.

      et

      Les propriétaires sont tenus de réaliser et d’entretenir un système d’assainissement non collectif, de payer la redevance qui permet d’en financer le contrôle et éventuellement l’entretien. Le rejet de substances contaminantes peut également gêner le bon fonctionnement de la fosse septique et contaminer les matières de vidange. Ces dernières ne peuvent plus alors être épandues en agriculture.

      Tout épandage sauvage des eaux usées est donc illégal même en haute montagne.

Un message, un commentaire ?

modération a priori

Ce forum est modéré a priori : votre contribution n’apparaîtra qu’après avoir été validée par un administrateur du site.

Qui êtes-vous ?
Votre message

Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

Lien hypertexte

(Si votre message se réfère à un article publié sur le Web, ou à une page fournissant plus d’informations, vous pouvez indiquer ci-après le titre de la page et son adresse.)

Ajouter un document