Comité Ecologique Ariégeois

Association départementale agréée de protection de l'environnement en Ariège

"C’est la beauté de la nature, de la vie, et de l’œuvre de l’Homme dans sa dimension créatrice, qui devra nous inspirer tout au long des voies nouvelles que nous emprunterons." Pierre Rabhi (agriculteur-écrivain-humaniste français)

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mercredi 4 janvier 2017

Comment la source de l’Ayroule a pu être polluée au Tétrachloréthylène ? Vers où mener l’enquête ?

En 2011, la principale source d’alimentation de la ville de Foix (puits de l’Ayroule) a dû être coupée, privant les habitants d’eau potable. En cause, la contamination souterraine des nappes phréatiques au tétrachloréthylène. Son origine reste jusqu’à maintenant inexpliquée…

MàJ du 1er juin 2017 Contrairement à ce qui avait été annoncé par la commission, le rapport prévu pour avril 2017 n’a toujours pas été publié ni le CoPil réuni... Nous relançons la commission pour avoir des infos sur ce retard !

Rappel :

En mai 2011, le service de contrôle des eaux (ARS [1]) s’est rendu compte que le puits de l’Ayroule contenait une dose de tétrachloréthylène [2] vingt fois supérieure à la dose autorisée. Or, le puits de l’Ayroule approvisionne 4/5e de l’alimentation en eau de la ville de Foix. Suite à cela, on a arrêté le captage et on a filtré l’eau à l’aide de charbon actif. Mais c’était beaucoup trop coûteux et peu sûr dans le temps. Chaque remplacement des filtres coûtait 50 000 €, pour un fonctionnement de 6 mois !

L’agence de l’eau, la commune de Foix et la DDT ont fait appel à un bureau d’études, Calligée, et deux groupes de travail ont été créés : l’un pour trouver des solutions alternatives d’approvisionnement et l’autre pour connaître l’origine de la pollution. Cliquer pour agrandir l’image :

Résultat

Enquête : on a établi à l’époque que la pollution venait directement de la rive droite de l’Ariège.

Ayroule par le BRGM

Approvisionnement : la source du Soubidou qui part de la commune de Celles, a été choisie pour alimenter la ville en eau en plus de la source du Prat d’Albis.
On a donc mis en chantier, rapidement, l’adduction d’eau à partir de la source du Soubidou (Un projet à 3 millions d’euros ; 14 km de tuyaux de 225 mm de diamètre). Merci les pollueurs !

Puis plus rien ! Sauf que, en mai 2011, il y avait 200 mg par litre, tandis qu’en décembre 2015, la dose était passée à 500 mg.

Les associations convoquent la presse

En avril 2015, comme les autorités ne semblaient pas vouloir chercher la cause de la pollution, les associations environnementales (FNE, Le Chabot, le CEA) ont porté plainte devant le procureur de la République et c’est la justice qui a ordonné la reprise des investigations. Voir notre article précédent.

Un Comité de Pilotage (CoPil) a été mis sur pied, dirigé par l’Agence de l’eau et la DDT, qui ont repris les études sur la pollution de l’Ayroule et a confié à un nouveau bureau d’études (Burgeap) le soin de déterminer la zone de contamination exacte et d’envisager un plan de gestion par la remise en état du site...

CoPil-Ayroule-2/12/2016

Vous pensez que les associations lanceuses d’alerte, y ont été impliquées ? Eh bien non ! Ce n’est qu’après avoir démontré à la préfète d’alors, Mme Martien, que nous étions sensibilisés au problème (pour l’avoir actualisé par notre action) et étions juridiquement compétents, que nous y avons été alors invités.

Depuis, quelques piézomètres captent l’eau de l’Ariège pour comprendre d’où vient la pollution, comment elle progresse, etc...
De belles cartes ont été réalisées, des visites sont organisées mais des certitudes sur l’origine de l’écoulement, aucune !
Nous vous invitons, si vous avez la passion des enquêtes, de prendre connaissance du dernier dossier reçu pour vous familiariser avec le lieu, les contraintes, les pistes de recherche. C’est ici, c’est illustré et c’est facile à lire !


Et pour naviguer sur la carte (le puits se trouve au nord du stade dans le cercle d’arbres) :


A l’époque, plusieurs médias se sont faits l’écho de cette pollution hors norme. Internet en porte encore les témoignages :
Gaz et huile de schiste France

Le "permis de Foix" qui a été accordé à l’entreprise Encana en 2006 pour explorer le sous-sol avec de la fracturation hydraulique consommatrice de Perchloroéthylène (entre autres) a été envisagé comme source de la pollution. Mais qui a enquêté là-dessus ? Ici et ici

Un autre corps chimique polluant (lié paraît-il aux filtres eux-mêmes !!!) a été ensuite décelé à l’Ayroule : du dichlorométhane. Ce produit est, comme le tétrachloroéthylène, un produit de type "dégraissant-solvant", annonce la préfecture dans la Gazette Ariégeoise.

On apprend aussi par la Gazette que le produit incriminé pourrait être présent depuis un bon moment, puisque le seul point de repère à disposition des autorités est une analyse de l’eau de l’Ayroule, vierge de toute trace de tétrachloroéthylène, ... un an avant.. Ici

Gaz de schiste : Ariège et Haute-Garonne, la fracturation hydraulique a déjà été pratiquée au mépris des populations Ici

Sur ce thème plusieurs articles de LDDM ont informé les Fuxéens. Rétro-chronologie :

16/02/2017
27/12/2015 ;
29/09/2015 ;
16/04/2015 ;
22/06/2013 ;
17/12/2012 ;
31/08/2012 ;
25/08/2012 ;


Voir en ligne : Le Tétrachloréthylène, ou perchloroéthylène, ou tout simplement le perchlo, quésaco ?


Post-Scriptum
Il n’est pas suffisant de chercher à localiser l’emplacement de la nappe de pollution. En parallèle, nous demandons que l’enquête puisse s’orienter non seulement sur les études géographiques et hydrologiques mais aussi vers une enquête administrative sur les grands travaux qui ont été réalisés autour du puits de l’Ayroule : tunnel, voie rapide, ZAC toute proche. En effet il n’est pas anodin, vu la zone impactée par le produit chimique, de penser que beaucoup de terrassements dans le secteur auraient pu servir d’entreposage illicite ou pire d’enfouissement non déclaré de conteneurs de tétrachloréthylène usagé dont la récupération par voie légale coûte assez cher à recycler. Et tout acier se corrodant, le liquide a pu se déverser par ces orifices car le "perchlo" est aussi un corrosif et attaque ainsi les systèmes d’aération, gaines métalliques et autres tuyaux. Cela expliquerait que la quantité décelée dans l’Ariège ait augmenté entre 2011 et 2015.
De nouveaux piézomètres seront installés début 2017


[1Agence Régionale de Santé

[2Aussi appelé Perchloréthylène

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