Association départementale agréée de protection de l'environnement en Ariège

"C’est la beauté de la nature, de la vie, et de l’œuvre de l’Homme dans sa dimension créatrice, qui devra nous inspirer tout au long des voies nouvelles que nous emprunterons." Pierre Rabhi (agriculteur-écrivain-humaniste français)

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lundi 29 septembre 2014

Liste des prétendues attaques de vautours

Depuis quelques années une hystérie hitchcockienne a envahi le monde agricole, les chasseurs et les médias complaisants. Selon eux les vautours sont devenus de dangereux prédateurs.
En analysant les articles de presse et en nous basant sur les constats de l’ONCFS obtenus récemment, nous pouvons affirmer, que dans aucun cas relevé en Ariège, les vautours ont consommé un animal vivant.
Par contre un certain nombre de mensonges de la part des "victimes" ont pu être démontrés.
Et permettez-nous de dévoiler la conclusion de cet article avant que vous l’ayez lu :
AUCUN CONSTAT DE L’ONCFS EN 2013 ET 2014 NE CONCLUT À UNE CONSOMMATION D’ANIMAL VIVANT PAR LES VAUTOURS

Liste des prétendues « attaques » de vautours en Ariège et dans les « environs » et leurs conclusions en 2012, 2013 et 2014.

Au fil des informations récoltées :

Ariègenews édition du 3 mai 2012

http://www.ariegenews.com/ariege/agriculture_environnement/2012/47131/les-vautours-attaquent-de-jeunes-veaux-en-basse-ariege.html

Les vautours attaquent de jeunes veaux en Basse-Ariège

 Mais depuis l’année dernière, le vautour fauve arrive aux portes des villes et n’hésite plus à s’attaquer aux animaux vivants : Agnès Ferrand, éleveuse à Montgaillard, et Colette Roméro à Ventenac en ont été victimes en 2011.
Hier les vautours ont frappé sur le troupeau d’Hervé Ferran, éleveur de Gasconnes sur la commune de Bénagues : « c’est mon voisin qui les a vus faire, explique le jeune agriculteur. Ils sont arrivés vers midi, plus d’une vingtaine et ont attendu le bon moment.
Quand je suis arrivé j’ai trouvé deux veaux morts, l’un était bouclé, il avait trois semaines et l’autre à peine quelques jours… tous les orifices naturels sont dévorés, le ventre ouvert sur dix centimètres […]
Il n’y a rien à manger en montagne, l’hiver à été long, ils arrivent à présent en plaine […] les éleveurs ne sont pas là pour nourrir les vautours, le plus grave c’est que ce sont des animaux protégés et qu’on ne peut pas s’en débarrasser !
 »
Outre la perte sèche occasionnée par cette attaque, Hervé fulmine car il ne peut pas utiliser son fusil sur « ces maudites bêtes »
Selon lui, c’est la preuve d’un « réel déséquilibre entre les prédateurs et la faune domestique doublé d’une lourde injustice face à des réglementations pensées par des technocrates »
Lourds et massifs, ces oiseaux planeurs utilisent les courants ascendants thermiques et peuvent parcourir des centaines de kilomètres à la recherche de nourriture, si bien que les rapaces observés à Bénagues peuvent très aussi bien venir du Couserans que du Béarn.
« Ce matin il y avait encore deux spécimens à proximité du troupeau, poursuit l’éleveur qui dans l’après-midi a reçu les services de l’ONCFS pour faire constater les dégâts.
Ils ont procédé aux autopsies, ont cherché les causes de la mort des bêtes mais ils ne sont pas autorisés à réguler l’espèce comme ils sont autorisés à le faire ici pour les cormorans (quota de prélèvement autorisé et encadré) ou ailleurs pour les grands corbeaux.
Sur le vautour, espèce protégée, ils ne peuvent que recueillir des témoignages et remplir des dossiers techniques pour les faire remonter au ministère qui seul pourrait à terme prendre des décisions.
Contrairement aux dégâts occasionnés par le grand prédateur, ceux des vautours ne sont pas indemnisés.
Cette position aboutit souvent à l’incompréhension du monde agricole et contribue à rendre les rapports difficiles avec les techniciens de l’ONCFS.
« Le premier n’est pas exploitable, le veau est à l’état de charogne, précise Jean-Pierre Mirouze, représentant de l’Aspap dépêché sur place.

Commentaire CEA : (Cela veut dire qu’il était mort largement avant l’arrivée des vautours).Sur le second, les agents ont relevé que les attaques avaient été faites à l’emplacement du cordon, sur la partie tendre, les yeux, l’anus sont dévorés.
Commentaire CEA : Sur la photo on voit bien que le veau est intact, on voit la présence du cordon ombilical. N’ayant pas un bec à bords tranchants, le vautour commence son repas sur un animal mort par les parties les plus tendres. Rien de plus normal ! Le veau était déjà mort quand les vautours ont commencé leur repas.

En s’attaquant sur de jeunes animaux qui dorment c’est beaucoup plus facile, ils donnent des coups de bec, créent des hémorragies, jouent avec leurs poids sur la victime déjà au sol et peuvent commencer leur funeste festin »

Photo de la peau du veau
Commentaire CEA : On y voit aucune trace d’hémorragie. Un animal vivant blessé saigne, une blessure de la peau laisse une trace ; le veau était mort avant l’arrivée des vautours.

Jean-Pierre est éleveur, il a subi plusieurs prédations de l’ours : « on veut que ces attaques soient reconnues et pas seulement comme pour l’ours au bénéfice du doute, car c’est de notre métier dont il est question »
Du côté du syndicalisme agricole, Hervé Péloffi de la FDSEA demande « des moyens pour réguler et non pour éradiquer l’espèce.
Aujourd’hui on n’a même pas prévu d’indemnisations pour les éleveurs, qu’on les autorise au moins à procéder à cette régulation.
L’ONCFS n’a aucun moyen, il faut que le monde agricole se prenne en charge. Aider les chasseurs à mettre en place cette régulation comme ils le font pour d’autres espèces car la pression de la faune sauvage n’est plus supportable pour ceux qui veulent continuer à vivre dans le monde rural.
Est-ce interdit de défendre son travail ? A un moment donné il faut arrêter, c’est de la légitime défense… il est urgent de faire remonter cela au niveau de l’Etat
 »

La Dépêche du Midi, édition Ariège du 4 avril 2014

Conclusion :

Aucune conclusion ne peut être tirée. Les faits remontent à trop longtemps (quinze jours au moins) au vu de la carcasse montrée sur la photo et l’absence de constat par les agents de l’ONCFS.

FR3-Aquitaine, édition du 7 mai 2014

Une vache attaquée par des vautours dans le Béarn

Les vautours sont des charognards. Ils se nourrissent de bêtes mortes, de carcasses trouvées dans la nature. Un éleveur d’Ogeu dans le Béarn a eu la mauvaise surprise de voir l’une de ses vaches qui venait de vêler, attaquée par les rapaces.

La vache de Pierre Labarère avait mis bas un veau mort-né. Le cadavre a tout d’abord attiré les vautours qui très rapidement s’en sont pris à la mère, encore affaiblie après son vêlage mais en bonne forme, d’après son éleveur.

La bête a été assaillie par les rapaces et a agonisé plusieurs heures sous les yeux impuissants de son propriétaire. Il est en effet interdit aux éleveurs d’effectuer des tirs d’effarouchement ou de prélèvements.

Le syndicat des jeunes agriculteurs 64 demande une dérogation.

Conclusion :

Même floue la capture d’écran montre à droite trois ou quatre vautours dont un tend le cou vers une protubérance qui dépasse de l’arrière de la vache : certainement un veau culard mort encore coincé dans la vache. Cas typique de mise-bas très difficile et assez fréquent avec les races à viande (20 à 30 % chez la Blonde d’Aquitaine par exemple).

À gauche un vautour avec une tache claire dans l’herbe devant lui : un autre veau mort-né ?

Commentaire d’un vétérinaire :

« Les éleveurs connaissent parfaitement les risques des veaux culards, cela fait des années qu’ils en produisent : césarienne souvent nécessaire sinon c’est l’embryotomie lorsque le veau ne sort pas, c’est-à-dire qu’on découpe le veau dans la vache... Le risque d’un veau qui bloque est la compression des nerfs pelviens, la vache ne se lève plus , ne sent rien et est condamnée à mort. Les extractions forcées sont aussi à risque avec des bêtes affaiblies et parfois paralysées également. Pour la vascularisation la compression peut être responsable de lésions vasculaires mais l’évolution est plus longue et se traduit par des oedèmes et non la mort de la bête. Les vétos coûtent cher et le "ça passe ou ça casse" est devenu monnaie courante en élevage. Les vautours sont des parfaits bouc-émissaires : si les bêtes sont remboursées ce sera une aubaine pour les éleveurs. Il faut à tout pris éviter d’ouvrir la boîte de Pandore sinon ce sera catastrophique pour les vautours.

Autre problème : l’équarrissage, qui est très cher et pousse les éleveurs à ne pas faire enlever les bêtes. Parfois aussi ils "oublient" de recouvrir les bêtes mortes avant l’arrivée de l’équarrissage (parfois plus d’une semaine). Cela explique le comportement jugé par certains "trop familier" des vautours dans les exploitations où ils savent pouvoir trouver ici un avorton, là un cadavre, là une bête subclacante. Apparemment en Ariège les pseudo-cas se déroulent toujours à la même période : aux vêlages des bêtes à viande c’est-à-dire mai-juin... Si un vautour tapait vraiment sur du veau il s’installerait gentiment sur l’exploitation et n’en bougerait pas ce qui semble-t-il n’est pas le cas... ».

Donc RIEN ne permet d’affirmer que la vache est morte à cause des vautours. Aucune photo ne nous est montrée de l’arrière-train de la vache une fois les vautours partis. À priori aucun constat n’a été effectué par les agents de l’ONCFS.

Dépêche du Midi, édition Ariège du 20 mai 2014 : accusation et conclusion !

Ariègenews, édition du 25 mai 2014

Saint-Girons : un veau aurait été tué par une attaque de vautours

Hier en fin de journée et à nouveau ce matin, le troupeau d’un éleveur de Saint-Girons aurait subi des attaques de vautours. Un veau aurait été tué.

Hier, aux alentours de 20h35, le troupeau de bovins d’un éleveur du Couserans aurait subi une attaque de vautours. Un de ses veaux serait mort suite à la prédation des rapaces. Ce matin, ce même troupeau a été à nouveau attaqué par les vautours.

Conclusion :

Dans le reportage télévisé l’éleveur affirme que la vache était déjà morte quand les vautours sont arrivés. Il prétend que deux veaux ont disparu. Si les vautours les avaient consommé, il resterait au minimum les os et les peaux. Rien n’a été retrouvé.

Il dit aussi que les vautours ont attaqué, « serré » le troupeau contre la lisière du bois en haut de la pâture. Sur la vidéo on voit le troupeau regroupé calmement à l’ombre des arbres en bordure de forêt. Il fait chaud ce jour-là. Probablement les vautours ont essayé, en les impressionnant ailes déployées, de dégager les bêtes du plus haut point de la pâture très peu pentue et encombré d’arbres pour pouvoir prendre leur envol, pas aisé, on le voit sur la vidéo. Ensuite pour gagner un peu de hauteur ils sont passés en « rase-vaches » au-dessus du troupeau, ce qui a pu faire croire à une attaque.

La Dépêche du Midi, édition Aude du 29 mai 2014

Fonters-du-Razès. Les vautours tuent une jument et son poulain en train de naître

« Élie Soula, agriculteur à Fonters-du-Razès, est en colère. Hier, aux environs de midi, les vautours lui ont tué une jument qui poulinait. Quarante, cinquante vautours qui se sont acharnés sur la bête et son poulain jusqu’à les tuer. »

Conclusion :

Démenti de la LPO de l’Aude :

« En effet le 24 mai à 8h33, deux paramotoristes ont survolé la commune de Fonters-du-Razès et ont observé à cette occasion le cadavre d’une jument correspondant à celle de la photo publiée dans La Dépêche et ce à l’exact endroit (point GPS à l’appui) où les faits se seraient déroulés. La mort de la jument en question est donc intervenue au minimum 4 jours avant l’arrivée des vautours. Nous sommes donc très loin d’une « d’une attaque fulgurante de 50 Vautours » comme il est indiqué par La Dépêche dans son édition du 29 mai dernier.

A noter que les deux paramotoristes ont aussi observé à cette occasion le squelette d’un autre équidé dans le même enclos ! »

Mise au point publié par la Dépêche du Midi, édition Aude :

http://www.ladepeche.fr/article/2014/06/13/1899469-lauragais-des-vautours-anges-ou-demons.html

La Dépêche du Midi, édition Tarn du 29 mai 2014

Lacapelle-Ségalar. Un veau dévoré par deux vautours

« Après cette découverte morbide, l’agriculteur a averti la Fédération départementale des chasseurs 81. « Notre technicien cynégétique chargé du suivi sanitaire de la faune sauvage, Cédric Arnal, s’est rendu sur place. Il a fait des photos et des constatations. Ce sont bien des vautours », rapporte David Eymard, le directeur de la Fédération.

À partir de là, deux thèses divergent quelque peu. Le veau était-il vivant ou mort quand les vautours ont commencé à le becqueter ? La réponse évidemment change tout. « Ce qui est sûr, c’est que la veille au soir, le veau était vivant, pas affaibli ni rien. Je pense à une attaque des vautours. C’est ma grande hypothèse, même si je ne peux pas le confirmer. Les vautours l’ont peut-être piqué pour l’affaiblir avant de l’achever. Ce serait quand même bizarre que le veau soit mort et que les vautours soient déjà dessus le lendemain matin ! Les rapaces n’étaient pas là par hasard », suppose Yannick Clouscard, évidemment inquiet à l’idée que ça se reproduise ».

Conclusion : dans la suite de l’article de la Dépêche

« Equarrisseurs naturels »

La question s’était déjà posée en juin 2009 à Lacaune avec une vache. Assiste-t-on comme se le demande aussi un chasseur « à un changement de régime alimentaire des vautours qui s’en prendraient à du bétail vivant ? La réponse de Pascal Pouzenc, chef du service départemental de l’Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS), qui a lui aussi envoyé un agent sur place, est « catégoriquement non. Pour connaître réellement la cause de la mort, il faudrait une autopsie, qui ne se pratique pas dans ce cas. Le veau a aussi pu avoir une crise cardiaque », avance Pascal Pouzenc. Mais en tant que responsable du service de l’État chargé de la police de l’environnement, il aimerait « que les gens s’enlèvent de la tête l’idée que les vautours ont attaqué un animal vivant et en bonne santé. Sur 500 cas étudiés, il n’y en a que 0,3 % où il y a un doute. À Lacapelle-Ségalar, c’est matériellement impossible. Ce veau de mère aubrac et de père bleu blanc belge pour le rendre plus culard pesait 60 kg. C’est matériellement impossible qu’un vautour l’ait tué. La mémoire s’est perdue, car il n’y avait plus de vautours jusqu’à leur réintroduction récente, mais les vautours sont des équarrisseurs naturels, alliés des éleveurs, qu’ils débarrassent gratuitement des charognes. »

La Dépêche du Midi, édition Ariège du 4 juin 2014

Teilhet. Une vache tuée par des vautours ?

Émotion hier à Teilhet où l’on s’interroge autour du cadavre d’une vache. L’animal a été retrouvé mort, couvert de vautours. Ils étaient près de 150 ! On ne sait s’ils sont ou non responsables de son décès.

La bête est bien décédée. Elle n’a pu mettre bas. Les pattes d’un veau dépassent de la carcasse déjà entamée par les charognards. Nuage de mouches. Le corps est déjà en décomposition, à cause de la chaleur.

Conclusion :

En dehors du fait que le journaliste utilise le conditionnel et reste très prudent sur l’état de la vache avant la consommation du cadavre par les vautours nous savons de source sûre que le cadavre ne présentait aucun hématome, ce qui permet d’affirmer que la vache était bien morte avant l’arrivée des vautours.

La Dépêche du Midi, édition Ariège du 5 juin 2014 :

Teilhet. Retour offensif des vautours qui s’en prennent à des veaux

« ...selon le témoignage de Mme Sonac : « Cette fois, ils ont attaqué des veaux vivants qui galopaient dans les champs, les bêtes ont crié, mon fils était près de l’endroit où cela se passait, il a à nouveau mis les vautours en fuite, les vaches étaient complètement affolées, elles se sont éparpillées dans tous les coins ».

Conclusion :

Un passage sur les lieux le 7/8 juin avec une nuit sur place à la belle étoile a permis de constater que les bêtes, dont une vache sur le point de vêler, n’étaient pas rentrées, (contrairement à ce qu’affirme l’éleveur) ce qui en soit ne pose pas de problèmes, la ferme étant située juste en contre-bas à 5-10 minutes à pied, si la surveillance se fait régulièrement.

Par contre la configuration du terrain et les arbres en bordure ne permettaient pas aux vautours, le jabot rempli, de décoller autrement qu’en passant en « rase-mottes » ou « rase-veau » au-dessus du troupeau.

La nouveauté du phénomène a pu induire chez les veaux comme chez le fils de la fermière une réaction de peur compréhensible, mais complètement injustifiée, qui a pu faire croire à une « attaque ».

La présence d’un taureau, très beau mais de race à viande (Blonde d’Aquitaine), fait craindre que ceci induit très souvent des mises-bas très difficiles (20 à 30 %). Une des vaches laitières avec une cicatrice de césarienne en témoigne.

La Dépêche du Midi, édition l’Ariège du 9 juin 2014

http://www.ladepeche.fr/article/2014/06/09/1896661-attaquee-par-des-vautours.html

Saint-Félix-de-Rieutord. Une brebis attaquée par des vautours

Une brebis a été tuée par des vautours, hier, à Saint-Félix-de-Rieutord. L’attaque a été confirmée par l’expertise des services vétérinaires sur un animal qui était en bonne santé. L’éleveur avait subi une première attaque samedi.

L’expertise des services vétérinaires est formelle : une brebis a été attaquée, tuée et dépecée par des vautours, hier, vers midi, dans un élevage de Saint-Félix-de-Rieutord. « Ces vautours ont attaqué une brebis qui était hier en bonne santé, confie Jean-Pierre Alzieu, directeur des services vétérinaires de l’Ariège, au terme de son expertise. La brebis a eu la jugulaire tranchée. Elle a perdu beaucoup de sang. Elle porte des traces de serres sur le dos. Tout s’est passé très vite, mais l’éleveur a pu mettre les vautours en fuite et rendre possible cette expertise. On en avait la suspicion. Aujourd’hui, c’est clair : les vautours ne se contentent plus d’animaux morts ».

Tout commence samedi. Christian Derramond, éleveur, qui a subi de nombreuses pertes depuis l’été dernier, constate le décès de deux brebis. « Attaquées par des vautours », affirme l’éleveur.

Pour sa part, Francis Derramond ne cache pas son ras-le-bol. L’été dernier, il a comptabilisé plusieurs dizaines de victimes dans son troupeau : des agneaux tués, grièvement blessés ou perdus. Depuis quelques semaines, les attaques se sont accentuées, explique-t-il. L’éleveur a reçu hier le soutien de sa fédération. « Nous avons alerté la préfecture, reprend Rémi Toulis, nouveau secrétaire général de la fédération ovine de l’Ariège. Et je suis venu pour soutenir cet éleveur victime de ces attaques répétées. Ces vautours ont changé de comportement. Il faut que soient prises des mesures ». Et Christian Derramond de conclure : « Ces vautours, ce sont des prédateurs, des tueurs. Il faut qu’on fasse en sorte de protéger nos troupeaux ».

Conclusion : Ça se corse !

Le 8 et le 9 juin en tout trois brebis auraient soi-disant été tués par les vautours ; les deux premières le samedi ont été expertisées par des agents de l’ONCFS qui auraient constaté d’énormes hématomes qui ne peuvent pas avoir été causés par des vautours.

La troisième, le dimanche a été expertisé en présence de Mme. le Préfet, par M. Alzieu, directeur du laboratoire départemental d ’analyses vétérinaires dépendant du Conseil Général, mais aussi vétérinaire de la Fédération des Associations de Chasse de l’Ariège, parasitologue réputé.

Sur la photo ci-dessus (capture d’écran agrandie de l’édition en ligne de La Dépêche du Midi) on voit très bien en rouge l’hématome énorme sur la nuque de la brebis (endroit où la peau est particulièrement coriace) et à l’arrière-train en noir les traces de consommation des vautours sur un animal mort depuis un moment (plus de trace de sang). Le manque d’indépendance deM. Alzieu rend son expertise caduque, la photo fait douter de ses conclusions ; mais nous ne sommes pas des experts !

Mais l’avis de M. Fouquet, chef de la mission vautour envoyé par le ministère de l’environnement le jeudi 19 juin 2014 à Foix est clair et lui est vétérinaire :

« Or justement l’examen du cadavre de la brebis, qui avait pu être rapidement soustrait aux vautours, avait conduit le directeur du laboratoire vétérinaire départemental à conclure de façon formelle que la bête était saine et en bonne santé. D’où les interrogations : Les vautours étaient-ils passés d’un comportements de charognard à celui de prédateur ? »

Absolument pas selon le chef de la mission Eric Fouquet pour qui "ce serait bien la première fois qu’on aurait ce type de preuve, il faut qu’il fasse une publication de ce constat et qu’il soit validé, car tout ce qui a été publié jusqu’à présent montre que le vautour fauve est un charognard qui ne s’attaque aux bêtes vivantes que si elles sont en situation de faiblesse, blessées ou lorsqu’elles mettent bas".

D’après les chiffres du rapport Arthur et Zénoni 2010, auquel monsieur Fouquet a participé, ces derniers cas concernent moins d’un demi pour-mille des cas de mortalité de bétail dans les Pyrénées.

Les auteurs admettent dans le rapport qu’ils ont donné le bénéfice du doute à l’éleveur en s’inspirant de la procédure des indemnisations des dégâts d’ours . Ceci peut être admis pour l’ours qui est un prédateur, occasionnel certes, mais pas pour le vautour qui lui est charognard strict.

En tant qu’accusé de « crime de prédateur », le bénéfice du doute devrait profiter au Vautour !

Ariègenews édition du 14 juin 2013

50 agneaux tués lors d’une attaque en règle de rapaces à Saint-Félix de Rieutord

« Je n’avais jamais vu ça. Il y avait au moins une cinquantaine de vautours et tout autant d’aigles. Le ciel en était rempli. On ne voyait plus le ciel. J’ai eu peur. C’était comme dans le film ».

Sauf que là contrairement au long métrage d’Alfred Hitchcock ce sont bien des rapaces qui se sont jetés sur les 1200 brebis mères que contient l’exploitation de près de 200 ha à la sortie de Saint-Félix de Rieutord, aux dires de son propriétaire.

Installé lui-même depuis 1988, « c’est la troisième génération », Christian Derramond reste affirmatif et catégorique. « Je n’avais jamais vu ça, c’est la première fois que ça m’arrive ».

Et l’exploitant de raconter sa version des faits. « Avec ces fortes chaleurs, enfermer les bêtes était impossible. J’ai la chance d’avoir un parc boisé, ombragé avec un point d’eau, alors je les y ai mises.

Ce lundi, j’étais seul sur l’exploitation, je venais de laisser mon fils Michaël, qui est aussi mon associé dans le GAEC Derramond. Lorsque je suis arrivé vers midi, j’ai vu des brebis effarées et ces oiseaux dans le ciel, c’était déjà trop tard. Je n’ai pu que constater les dégâts ».

Des dégâts somme toute importants dès qu’il s’agit de l’exploitation qui fait vivre toute une famille, « j’ai perdu 50 agneaux et une brebis complètement bouffée ».

L’expertise des officiels est en cours.

Pierre Bontour, agent de la DDCSPP suivi de deux agents de l’ONCFS, est venu sur place ce mercredi constater les dégâts.

Gants chirurgicaux, appareils de mesure, les trois agents ont réalisé sur place une première expertise mais n’ont voulu se livrer à aucun commentaire, arguant que les services de la préfecture, seuls habilités, communiqueront en temps utiles et lorsque les résultats de leurs expertises seraient définitifs.

Pour Christian et ses confrères venus le soutenir, il y a en fait peu d’hypothèses possibles. « Après l’ours, c’est au tour des rapaces » entend-on dire dans une ambiance pour le moins électrique.

« C’est peut-être quelqu’un qui les entretient et les maintient sur place et voilà le résultat, relate Christian, parlant des rapaces mais peu convaincu lui-même par cette première explication. Je pense plutôt que les rapaces ont été attirés par les odeurs de placenta et de sang dégagées par la concentration des mises à bas des brebis mères. Puis tous les rapaces ont afflué pour un festin ».

Pour lui cette seconde explication reste la plus crédible car nombre de ses confrères ont connu des situations analogues. Mais cela reste toujours des cas isolés qui ne donnent pas lieu à déclarations et expertises.

Des attaques en règle de la part de vautours et autres rapaces, « plus fréquentes depuis trois semaines » dont la population serait en surnombre et qui sont chassés des zones de montagne par les « conditions climatiques, l’affluence des touristes et viennent manger là où ils trouvent la nourriture ».

Ce qui est sûr pour l’exploitant c’est qu’il risque d’y avoir tout autant de pertes indirectes « de brebis qui ne veulent plus ou ne reconnaissent pas leurs agneaux, alors condamnés à mourir. Ça peut se chiffrer vite et je ne sais pas du tout si je peux prétendre à indemnisation ».

Reste maintenant aux expertises en cours de faire toute la lumière sur un phénomène, qui ne serait pas si exceptionnel que ça en Ariège.

Conclusions :

Dossier complexe et emblématique :

M. Derramont a cru bien faire en tuant un vautour fauve à coup de fusil au mois de mai 2014.

Il admet dans les pièces de l’accusation pour destruction d’espèce protégée avoir été en désaccord avec le constat fait en 2013 par les agents de l’ONCFS qui avaient conclu à une attaque par des chiens !

Les blessures au cou et à la cuisse gauche sont sans équivoque celles infligées par des chiens.

_____________

Tant que les constats effectués par l’ONCFS et les rapport d’expertises complets ne seront pas rendus publics, la vérité peinera à voir le jour !

Les menteurs ont encore de beaux jours devant eux !

Cette liste n’est pas exhaustive et peut comporter des erreurs vu l’absence d’informations fiables en provenance de l’administration.

Du nouveau concernant les constats de l’ONCFS

Après avoir envoyé plusieurs courriers à la préfecture restés sans réponse, nous avons saisi la CADA (commission d"accès au documents administratif).
Dans un avis donné par la CADA sur des cas similaires (constats de l’ONCFS sur des attaques de loup dans le Meuse) ces constats doivent être rendus public.
Fin août la préfecture nous a fait parvenir 3 constat de l’année 2013 et 16 constats pour 2014. Il en manque. Comme par hasard celui de "l’attaque" du 14 juin 2013 à St. Felix de Rieutort et le rapport d’expertise du docteur vétérinaire Alzieu manquent à l’appel.
La préfecture aurait-elle des choses à cacher ?

Ce que nous savons par contre maintenant avec certitude :

AUCUN CONSTAT DE L’ONCFS EN 2013 ET 2014 NE CONCLUT À UNE CONSOMMATION D’ANIMAL VIVANT PAR LES VAUTOURS


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