Comité Ecologique Ariégeois

Association départementale agréée de protection de l'environnement en Ariège

"C’est la beauté de la nature, de la vie, et de l’œuvre de l’Homme dans sa dimension créatrice, qui devra nous inspirer tout au long des voies nouvelles que nous emprunterons." Pierre Rabhi (agriculteur-écrivain-humaniste français)

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mardi 5 novembre 2013

La nappe alluviale de la basse vallée de l’Ariège livrée à la pollution par les gravières avec l’accord de Mme la Préfète, du Président du Conseil Général et du Président de la Chambre de l’Agriculture.

Dans le mépris le plus total de la concertation qui devait prévaloir pour l’élaboration du SDC (Schéma Départemental des Carrières) et dans le dos des associations de protection de l’environnement et de riverains concernés un accord à été négocié pour permettre de continuer le remplissage des gravières avec des déchets dits « inertes ».

Aujourd’hui, après à peine quelques années d’exploitation (sur les 30 autorisées) et concernant de faible surfaces, quelques ha sur les 800 ha prévus, des pollutions graves sont déjà constatées qui déjà rendent l’eau impropre à la consommation humaine. Pourtant dans la plaine de Saverdun nombreux sont les ménages qui dépendent exclusivement des puits dans la nappe pour leur alimentation en eau.

Que deviendront les agriculteurs irrigants qui devront arroser leurs cultures avec de l’eau chargée en produits polluants ?

Que deviendra la vie dans la rivière Ariège qui recevra les écoulements de la nappe pollués par les déchets déversés dans les gravières ?

Le protocole d’accord ne prévoit aucune nouvelle mesure coercitive pouvant limiter les risques de pollutions graves par le déversement de déchets dans la nappe. Quelques substances et éléments chimiques simples nouveaux seront recherchées par des analyses annuelles mais aucune recherche de substances toxiques complexes (p. ex. perturbateurs endocriniens etc) ne sera demandé alors que ces polluants sont fortement présents dans les composants des déchets et qu’ils sont inducteurs de cancers et de maladies métaboliques. .

Ça fait des années que des carriers et un représentant de la DREAL nous garantissent en long et en large la qualité irréprochable des matériaux de remblayage et les multiples contrôles implacables qu’ils effectuent pour en garantir leur parfaite innocuité.
Pouvons nous encore leur faire confiance ? La question reste ouverte.
Toujours est-il qu’aujourd’hui la nappe risque d’être polluée d’une façon grave.

Nous préconisons un moratoire immédiat sur le déversement de déchets quels qu’ils soient dans la nappe et la mise en place d’une étude d’évaluation des risques (ERS) menée conjointement par le BRGM et l’INERIS.

Faire autrement serait de l’ irresponsabilité et ferait peser un risque inadmissible sur la ressource en eau de la basse vallée de l’Ariège.

Extrait du SDC qui sera voté en CDNPS le 25 novembre :

« REAMENAGEMENT AGRICOLE
Les carrières en eau peuvent faire l’objet d’une réhabilitation en terres agricoles, suite à leur remblaiement. Les matériaux de découverte extraits sur le site servent en grande partie à la remise en état des sols et ne permettent de remblayer qu’une petite partie du bassin. Il est recommandé de ne pas immerger la terre végétale mais plutôt de l’utiliser pour la végétalisation des berges et des abords.
Une étude des aptitudes hydrogéologiques des carrières au comblement par déchets inertes montre que le s carrières en eau sont des sites très vulnérables et que l’apport de matériaux inertes n’est pas sans risque, l’innocuité de ces derniers n’étant jamais certaine et difficile à contrôler dans la pratique. Par ailleurs, les matériaux déposés doivent avoir une perméabilité suffisante pour ne pas perturber l’écoulement de la nappe.
Dans ces conditions, compte tenu des risques de pollution des eaux souterraines, l’apport de matériaux de remblaiement extérieurs au site, qui seront obligatoirement des matériaux inertes non recyclables, doit être strictement encadré par l’arrêté préfectoral réglementant le site. L’arrêté d’autorisation fixe la nature, les modalités de tri et les conditions d’utilisation des matériaux extérieurs admis sur le site. Il prévoit, le cas échéant, la mise en place d’un réseau de surveillance de la qualité des eaux souterraines et la fréquence des mesures à réaliser.
Les apports extérieurs sont accompagnés d’un bordereau de suivi qui indique leur provenance, leur destination, leurs quantités, leurs caractéristiques et les moyens de transport utilisés et qui atteste de la conformité des matériaux à leur destination.
L’exploitant tient à jour un registre sur lequel sont répertoriés la provenance, les quantités, les caractéristiques des matériaux et les moyens de transport utilisés ainsi qu’un plan topographique permettant de localiser les zones de remblais correspondant aux données figurant sur le registre. » Ce n’est même pas l’administration qui contrôle, on laisse le soin aux carriers de s’auto-contrôler. C’est beau la confiance !

Rien de bien nouveau dans ce nouveau protocole d’accord sauf que pendant ce temps là, la pollution continue !


D’autres photos et documents dans cet autre article de notre site.


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